Côtes de porcs à la Sartan (poêle) + galéjade

Publié le 25 Mai 2015

Fricot de côtes de porc à la sartan + Le Faucheur sachant faucher

  Pour faire bisquer les cachiniennes et cachiniens
 

Un peu dans le même style que le "fricot de pommes de terre", voici un petit dérivé mais cette fois avec de la viande. Contrairement à ce que vous pouvez penser , cette recette est assez légère
Son atout est de pouvoir se réaliser simplement avec une poêle (sartan en provençal) et de pouvoir passer sur la table sans avoir à rougir de sa présentation qui reste rustique tout de même
Cette technique qui n'est peut être pas une est appelée par moi, technique de l'empilement, ou si préférez les termes géologiques "la stratification verticale gourmande" à ne pas confondre avec "l'empilement lubrique" ça c'est pour ceux qui aiment manger des cailloux, et autres choses.

 
En parlant de "cuisine traditionnelle" j'ai reçu il y quelques temps un commentaire pas très cool et même injurieux dans le genre : avec des pratiques comme les vôtres c'est une régression que vous faites faire à la cuisine en général, la cuisine est faites pour évoluer avec les nouveaux produits et les nouvelles techniques, lutter contre la cuisine dites Nouvelles c'est faire de l'intégrisme, vous êtes un fossile et à la limite un .....
Ce commentaires était posté sur la recette de "l'aïgue boulido", je regrette de l'avoir supprimé car en principe tous les commentaires de mes visiteurs restent.

Trêve de co......... passons à cette minable recette

 

FRICOT DE COTES DE PORC à LA SARTAN

 

Cette recette extra simple peu se faire avec d'autre viande que le porc, agneau et viande blanche , même avec des poissons type maquereaux ou dorades, mais il faudra penser à réduire le temps de cuisson
Comme je vous le dis plus haut les différents ingrédients sont empilés tout simplement
Recommandations : utilisez une mandoline si vous en possédez une.
Pour 2 personnes
- 2 cotes de porc (vous pouvez les dégraisser si vous le souhaitez)
- 1 gros oignons
- 2 gousses d'ail aplaties
- quelques herbes, sel poivre et 1 cas d'huile d'olive, laurier
- quelques grains de poivre noir
- 4 pommes de terre BF 40 ou correspondantes
- 1 boite 1/2 de champignons de Paris ou des frais c'est meilleurs
- quelques olives noires ou vertes
- 1 Cas de coulis de tomate ou non , à votre choix
- du bouillon de poule ou de légume
- un peu de chapelure rousse (la mienne était blonde et cela n'est pas très joli à l'oeil)

Coupez votre oignon finement à la mandoline déposer au fond de votre poêle en les saupoudrant d'un mélange thym/sarriette

Posez vos cotes de porc au centre

disposez les champignons égouttés autour, rajoutez un peu "d'herbes" et les grains de poivre et les gousses d'ail

Coupez finement vos pommes de terre en tranches de 2 mm environ, et salez les pommes de terre

Mouillez avec un mélange de bouillon de poule et de légume  dans lequel vous avez dilué la cuillère de coulis de tomate , mais vous pouvez vous passer de ce coulis
Couvrir afin que les pomme de terre soit légèrement submergées
Mettez sur feu moyen au départ
Puis couvrez
Surveillez, lorsque tout le bouillon c'est évaporé votre plat est prêt, saupoudrez d'un peu de chapelure brune et  il peut passer sur la table sans rougir de sa présentation

Amélioration; ce plat peut se faire au four, vous pouvez parsemer les PdT avec de mélange ail, persil chapelure et faire dorer




Le Faucheur sachant Faucher
 

Cette blague  est racontée en principe dans les bars, même si  elle est connue par coeur par l'auditoire qui en rajoute chaque fois un peu plus , mais "racontée" en provençal,  là , c'est tout un poème.

 

C'était il y a peu de temps encore, les cantonniers entretenaient le bords des routes départementales à la main , tchilin tchilin (doucement, tranquillement).

 

Il faut reconnaître que c'était bien fait, je me demande pourquoi maintenant avec toute l'armada mécanisée que la DDE possède, le bord des routes est moins net ?
D'accord on roule sur le goudron, même les monstrueux 4x4 restent sur le bitume et ont peur des bas cotés.

 

 

Revenons-en à Louis notre bon cantonnier des années 50 qui lentement mais sûrement nettoyait lei cantouns (les bords) avec sa trinque (sorte de houe à lame courbe) et soun daï (faux à main)
Le printemps était la pleine saison, la nature se refaisait une beauté et donnait du fil à retordre à Louis , comme aux autres cantonniers d'ailleurs.
En ce jour de mai il fauchait un gros vala (fossé) avec son daï bien affûté, à cette époque point de vrombissement de débroussailleuses, ni d'épareuses, seuls les oiseaux et les rares voitures venaient rompre le chuintement de la faux sur l'herbe tendre, il était tranquille comme on dit. Sa bête noire était moussu l'ingenior (monsieur l'ingénieur) qui passait de temps en temps au volant de sa juvaquatre Renault. Ce couillon parachuté de Paris avait toujours de bonnes idées.
-  bonjour Monsieur Louis, vous avez une faux bien aiguisée il me semble

- bé voui, comme ça je force moins

- mais je vois que cette faux ne coupe que d'un côté, le retour de la lame est improductif, j'ai vu dernièrement sur un livre qu'il existait des faux à deux lames (con, ne riez pas , ce n'est pas le coup du poil de Gilette) , avec un outil pareil vous feriez deux fois plus de travail. Tenez, je vous délivre un bon et faites faire la modification au forgeron de votre village. Signalez-le moi lorsque la modification sera effective.

Louis avait l'habitude des conneries que débitait l'ingénieur, mais celle-ci était copieuse, tchancrassin (bordel de merde), et puis il pouvait pas pas parler comme tout le monde , effective , je te jure !

Putain il va falloir que je me pointe chez le forgeron et lui demander cette horreur , bon Dieu la honte.

Mais la hiérarchie était la hiérarchie à l'époque.

Et voici mon Louis qui se pointe une semaine après (oh ! il faut le temps dans le midi) au lever du jour avec sa nouvelle faux , dans un autre vala, car il ne voulait pas qu'on le voit trop.

 

Et allez un coup à gauche et un coup à droite, putain ça faisait forcer. Sur cet entrefait passe un brave paysan, Baptiste.

- oh Louis t'as un daï bizarre , c'est ton ingenior qui ... ? bè oui tout se sait vite dans un village.

- putain ne m'en parle pas , je m'escagasse ( fatigue) les bras.

- en effet faut être un peu frappé pour faire un truc pareil, et dire que ça fait des études ces couillons.

Onze heures sonnaient , lorque passa l'ingénieur.

- je vois monsieur Louis que cet outil fonctionne à merveille, j'ai pensé que si les racines étaient arrachées derrière vous , l'année d'après l'herbe repousserait moins drue . Je pense que si vous aviez un petit harnais avec une petite griffe que vous tireriez chaque fois que vous faites un pas cela ferait un bon travail; Passez chez le bourrelier et le forgeron qui vous fabriqueront ce petit harnais et la petite houe selon le plan que j'ai dessiné cette nuit.

.....Pas con, non, en plus il dessine la nuit, un de ces jours je lui file un coup de testu (marteau assez lourd qui un coté pointu et un autre carré qui sert à la taille des pierres) sur le pied, sans faire essprè (exprès). comme ça il pensera à autre choses la nuit.

Et voici mon Louis harnaché comme un petit aï (âne) fauchant et donnant un coup de rein à chaque pas.

- et bé mon pauvre Louis, il t'a arrangé cette fois l'ingénieur, c'est fatiguant ? demanda Baptiste

- casses-toi counas, tu vois bien que j'escoulante (je transpire à couler l'eau)

- je rigolais , c'était juste pour savoir.

Le pauvre Louis rentrait le soir complètement rincé, heureusement qu'il ne buvait que de l'eau.

Pendant une semaine il tirassa ce putain d'outil en maudissant l'ingénieur.

Et bien sûr quand on parle du "Loup", il passa de nouveau.

- Je vois que vous travaillez bien, cela doit être un peu plus dur , mais l'année prochaine vous forcerez beaucoup moins.

- ah vouais , et pourquoi ?

 

- et bien tout d'abord il y aura moins d'herbe grâce au griffage de la houe , mais en plus je viens de découvrir une herbacée vivace qui pousse très ras, cela s'appelle le chiendent.

- ah, lou gramé (chiendent)

- oui , c'est sans doute cela, donc si en même temps que vous passez la houe vous semiez du chiendent derrière vous, l'année d'après vous n'auriez quasiment plus besoin de faucher, faites-vous faire une petite sacoche en cuir sur le devant du harnais , je vous porterai les graines qui viennent directementde Paris.

 

Vous pouvez imaginez toutes les injures provençales que le Louis grommelait. Du gramé de Paris !!! putain il y en vait partout ici qui envahissait les vignes et champs , une vrai plaie, avec ses longues racines traçantes

- pas con le mec, semer du gramé, il est fada, je vais passer pour quoi moi?

En effet les langues allaient bon train dans le village, les enfants allaient en cachette les jours de vacances , voir le Louis faucher, faire un pas avec un gros Han d'effort et jeter une poignée de ce foutu chiendent derrière lui.

Pas assez d'essuyer les risées de tout le monde , il rentrait complètement vidé et restait escafagné (avachi) sur la chaise. Même pas il allait au bistrot faire une partie de cartes, il redoutait les railleries en tout genre .

Il tombait de sommeil tous les soirs, même le dimanche il n'arrivait pas à récupérer. En cachette il était allé voir la Vieille du Bessillon  pour qu'elle jette un sort à l'ingénieur, juste les deux jambes cassées , pas plus. On n'est pas méchant dans le midi.

Ce qui devait arriver arriva , le Louis "négligea" sa Maryse à cause de sa fatigue persistante , et il se retrouva cocu  ( on dit bana en provençal)

Un matin qu'il était appuyé sur son instrument de torture pour souffler un peu, Baptiste passa.

- mon pôvre , je te plains, en plus tu es cocu..il paraît ?

- fermes-la, pauvre con, si l'ingénieur t'entend il est capable de me faire ramasser l'herbe avec les banes *(cornes)  que je porte maintenant.

Des cocus il y en a toujours , et des ingénieurs aussi, mais le monde a bien changé. Il ne nous fallait pas grand chose pour nous distraire, cette galéjade comme tant d'autres disparaitront  bientôt de la mémoire du village, voilà !
C'est tout !

Mais on se régale de se la raconter de temps en temps.
 

Rédigé par La Cachina

Publié dans #Plat principal

Commenter cet article

sergio 26/05/2015 09:08

Les dalhaires,en Cévenol, étaient les faucheurs;les vrais ceux qui louaient leur force de travail sur les pentes du mt lozere.Mon grand père était un de ces virtuoses de la coupe rase,et dans tous les sens du terme.
Merci ,bonne journée

biche 26/05/2015 09:14

en provençal on appelle la faux le "daï"
tout un art pour battre et aiguiser, ensuite j'ai jamais su faucher, poser le talon et ne pas planter la pointe
c'étaient des sacré bonhommes, on aurait dit que l'herbe tombait comme coupée au laser , sans effort

Claire 25/05/2015 18:43

Recette magnifique, histoire magnifique : merci de tout cœur ! Quant aux imbéciles sévissant sur la toile et ailleurs, je vous passe un dicton de chez moi : la mère des c* est toujours enceinte. Voilà. Bonne soirée.

biche 26/05/2015 08:09

merci claire
c'est évidents le nombre de c... ne diminue pas il augmente

sergio 25/05/2015 17:36

je suis entrain justement de faire un petit sujet sur les dalhaires,puis je te piquer ta galejade?

biche 26/05/2015 08:11

je ne sais que ce c'est que les dalhaires
bien sur que tu peux piquer ma galéjade, le monde devient triste et les histoires des villages disparaissent par ici

Liliane 25/05/2015 17:13

Pauvre Louis !!! Hi, hi !
Pour les cons, se taire et laisser braire !
Ton fricot sent drôlement bon ! Sûrement excellent...
Belle soirée au Sud. RÔOOoooo bisousssSSSS mon Jupinou.

biche 26/05/2015 08:12

c'est du fricots facile qui convient à peu près à mon diabète
ba les c...... le resteront, cela ne se soigne pas

roooo bisous

Marie-France 25/05/2015 13:58

Les ordres iniques il y en a toujours hélas. Etre chef ne donne pas l'intelligence à celui qui ne l'a pas. Comme pour les commentaires aigris. Surtout, surtout, ne te laisse pas atteindre et continue à nous régaler. Bonne journée, bises

biche 26/05/2015 08:13

merci marie france, ces commentaires ne me dérangent pas trop, et il y en a peu de ce genre
bises

René 25/05/2015 10:40

Bonjour Jupi....
Un miam comme je les aime. Hier nous avons goûté les premières pdt nouvelles. Un régal.
Pour les critiques, fais bien et laisse dire ....
Pauvre Louis, pauvre misère et mort aux cons qui commandent sans jamais être sur le terrain et nous en avons tous connus!!!!
Bonne journée à tous.

biche 25/05/2015 11:51

ici il ne pleut pas , rien de rien, j'ai du arroser l'ail, les fèves sont pénèques
il n'a pas plu sur le festival de cannes , chose très rare

josiane 25/05/2015 10:18

recette sympa et surement très goûteuse, merci
Les commentaires désobligeants, vous avez raison de les effacer, cela ne vaut pas la peine de s'y attarder.
Quant à la blague, comme d'habitude très drôle et on s'imagine bien un siècle en arrière au café du coin
bonne journée, le soleil est bien là à Roquebrune ce matin

biche 25/05/2015 11:53

il y a plus de blaques maintenant josiane, c'est morose même dans nos villages, les gens on bien changé
le soleil est là aussi

et pas de pluie, niet, rien

Le vieux scaf 25/05/2015 08:00

Excellente galéjade, mais je ne suis pas surpris pour en avoir connu de ce type d'ingénieur couillon sur mes chantiers

biche 25/05/2015 11:54

en principe les ingénieurs commencent à comprendre les choses de la nature quand ils partent à la retraite

Salomé 25/05/2015 06:51

Tres belle recette ! Merci
Quant au commentaire, nul, meme les plus grands cuisiniers cuitinent les recettes de leur maman, et les remettent sur la carte ! Il n'y a pas que la nouvelle cuisine ! Un peu de tolérance !

biche 25/05/2015 11:55

certains même en font une spécialité, comme quoi je ne suis pas si intégriste
ce qui est bon est bon, c'est tout
merci salomé

dom 25/05/2015 05:35

Pauvre cantonnier, rattrappé par le progrès ! Lolll
Je note ta recette qui me plait bien.
Merci.
Bon début de semaine.
Bisoux, Jupinoux

Ƹ̵̡Ӝ̵̨̄Ʒ dom Ƹ̵̡Ӝ̵̨̄Ʒ

biche 25/05/2015 11:56

on ne vois même plus les cantonniers, les bords de routes, ici, sont dans un état lamentable
ça plait aux touristes peut être

gros bisoux