Les pois chiches (galéjade)

Publié le 6 Octobre 2015

 Petite rediffusion, car votre serviteur par en Biberine*

Je vous l'ai dit, on m'habillait comme une fille

Mon papa c'est celui qui a la cigarette

 

 

 

L'histoire que je vais vous conter est assez répandue en Provence.

Les chasseurs de l'époque, chassaient vraiment, c'était une source de protéines animales non négligeable, surtout pour ceux qui n'étaient pas agriculteurs et qui n'avaient pas d'animaux de basse cour.
Bref, le gibier était abondant mais les fusils pas très performants, c'étaient encore des fusils à chiens qui se rechargeaient par la bouche avec poudre, grenaille et bourre.
Tous ces éléments étaient introduit au fur et à mesure des coups de feu.

 

Aujourd'hui pour  Guiseppe la chasse était très bonne, des grives par dizaines passaient au dessus de sa tête. Bien que piètre tireur sa gibecière  était presque  pleine, mais les munitions commençaient à baisser, surtout les plombs, mais Guiseppe pensait aux nombreux pâtés que Joséphine sa femme allait pouvoir réaliser.(ben oui, niet congélo)

Tout d'un coup la grenaille de plomb vint à manquer, zut et re zut, je ne peux pas vous transcrire les injures en italien qui suivirent.
Mais Guiseppe n'était pas à court d'idées, avec son gros couteau il arriva à arracher les clous de ses semelles, les souliers étaient tous cloutés à l'époque, c'est vrai le projectile était assez  peu adapté, mais cela fonctionnait un peu et quelques autres grives vinrent s'ajouter
Giuseppe en serait quitte pour rentrer pieds nus car il ne fallait pas abîmer les chaussettes et il serait quitte pour faire ressemeller ses chaussures.
Puis les clous vinrent aussi à manquer. Il farfouilla dans ses poches, puis dans son carnier à la recherche de quelques plombs égarés dans une doublure ou un trou. Il tomba sur quatre pois chiches dure comme des pierres, aufait que faisait ces pois chiches à cet endroit. Il faudrait qu'il demande à sa femme. Comme vous le savez les hommes "cherchent" toujours une explication à un mystère banal en questionnant leur épouse. "Mon Lapin " où est donc encore cette télécommande pour faire démarrer l'âne ? Bon , terminons cette appartée et retournons dans la colline.


Il venait juste de recharger avec ces  pois chiches  mystérieuses lorsque un chevreuil passa à portée de tir.
L'occasion était trop belle, mais extraire les pois chiches d'un fusil à bourrer était impossible, il aurait pu mettre les boutons en fer de sa vareuse, mais trop tard.
Il épaula, ajusta et tira en visant soigneusement la tête. L'animal  partit à toute allure.
Giuseppe désolé d'avoir râté ce gibier de choix,  quitta son poste penaud et rentra avec sa "cargaison de grives" pieds nus à la maison, ses souliers autour du coup.
Le lendemain matin au café il raconta sa mésaventure en provençal mélangé  d'italien.
Ce fut une franche rigolade pendant de longues minutes, personne croyait Giuseppe, le "chasseur aux pois chiches". Chacun y allait de la sienne : - t'avais qu'a t'arracher les quatre dents qui te restent - oh , guiseppe t'es riche ? parce que planter des pois chiches avec un fusil ça revient cher - t'aurais du baisser tes brailles, té vé, le chevreuil il serait mort de peur.


Et cela dura, dura.....

Chaque fois qu'il venait boire son café il y avait droit : "oh tu gardes toujours des pois chiches dans les poches on sait jamais".

Bref il supporta cela toute une année au moins.
Cet automne là il jouait aux cartes le dimanche se faisant chambrer comme d'habitude. Tout d'un coup un chasseur entra et s'écria "je viens de voir le chevreuil de Giuseppe"
- et alors ?
- Bé il y avait deux plantes de pois chiches à la place des bois sur la tête.

 

Certains rient encore d'autres sont "morts" de rire ce jour là à force de s'estrasser*  Giuseppe qui croyait sa délivrance arrivée par cette nouvelle, en reprit une "couche" ce jour là. Depuis cette blaque fait le tour du Var.

 


 

* biberine : La Biberine était autrefois le nom commercial d'une confiserie locale constituée par une poudre de sucre aromatisée à la menthe, orange ou citron. Elle était conditionnée dans un sachet de quelques grammes et vendue avec un chalumeau en réglisse à travers lequel on aspirait la poudre. L'expression " tomber " ou " partir en biberine " signifie " réduit en poudre " et par extension " tomber en déconfiture ", on peut le voir comme l'équivalent marseillais de " partir en sucette " dans d'autres régions.

*S'estrasser : se tenir les côtes de rire

 

Rédigé par La Cachina

Publié dans #Galèjades

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Liliane 06/10/2015 22:28

J'aime beaucoup cette histoire ! Le chevreuil avec des arbres sur la tête, hihi !!! Merci.
Tu es une jolie petite fille !!!
Belle soirée au Sud. RÔOOoooo bisousssSSSS Jupinou.

jupi 07/10/2015 08:19

tu te rends compte, je pouvais porter plainte , hihihi
un pauvre petit enfant martyrisé

rooooo bisous
orage nocturne et mistral soleil ce matin

lizagrèce 06/10/2015 14:41

Ah ! le bon temps où les cuisiniers avaient le droit de fumer !

jupi 06/10/2015 16:28

C'est vrai, maintenant ça choquerait

Annie 06/10/2015 10:00

Belle histoire de chasseur qui a bonne "imagination". Bonne journée Patrick, du repos, un peu de régime aussi... plus de plat sucré... et beaucoup de rigolades cela soignent aussi.

jupi 06/10/2015 10:41

en tant qu'ancien pompier volontaire on ne controlera jamais la nature, un des colonel disait : le feu est un élément naturel, qui s'arrête dans ses limites naturelles;
c'était pendant l'emmence feu de ramatuelle pampelonne, les limites naturelles étaient la mer et la mer

je suis allé en renfort sur les inondations de vaison la romaine (bédarrides plus précisément) si les APN avaient été courant je vous aurais montré les vraie images d'un inondation, celle que les tv ne montrent pas

les vieux connaissaient les zones inondables et n'y construisaient rien.
la zone ravagé des inondations de draguignan sont entièrement recontruites sur le même lieu

sauf la prison, qui est en contruction sur une colline, il y a une omerta sur les morts de la prison de draguignan, et sur les morts tout cours

j'aurais beaucoup de choses à dire

Annie 06/10/2015 10:22

Oui vous avez raison la télé nous rend dépressif... car rarement des programmes gais et en ce moment notre région si belle est bien triste et malmenée.. Mais la nature aura toujours raison sur l'homme et cela nous l'avons malheureusement oublié.

jupi 06/10/2015 10:03

Annie je ne suis pas chasseur, cette histoire et très vieille, mais plus personne ne la raconte, tout se perd, je suis désolé
pour le rire c'est plus dur, regarde la tv et tu es sure d'avoir une dépression
pour les plats sucrés, gnigni, je peux pas j"ai du diabète ++