La saga des tourtons vu par tourtonnette

Publié le 24 Mars 2016

Les tourtons du Champsaur (ou la Fée Tourtonnette)

Publié le 4 Décembre 2010

Non mais ! Franchement vous alliez croire que j'allais mettre cette recette secrète non !

 

 

Cette nouvelle rafraîchissante n'a pas été écrite par himself évidemment, mais pour moi, na rien que pour moi, par Tantine. Donc certains paragraphes seront "zappés" C'est une fidèle amie du champsaur, heu la même qui se perd en cherchant des sanguins qui m'a écrit cela et bien d'autre petits morceaux de ma  vie d'avant

 

Elle ne va sans doute pas apprécier que je publie cela mais c'est si gentillet , tout droit sorti des archives de la Stasi tropézienne

 

Voila vous savez presque tout, le reste il faudra que vous le deviniez

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  LA FEE TOURTONNETTE

 

4h30

 

Patrick comprit que cette nuit encore il ne dormirait pas.

 Pas plus que les nuits précédentes.

Telle une toupie, il tournait et se retournait dans son lit.

Sa vie défilait en une suite de souvenirs confus qu'il ne pouvait contrôler.

Et ce satané vieux réveil qui faisait un tic-tac d'enfer, l'horripilait. Il devait s'en débarrasser depuis longtemps, mais n'arrivait jamais à s'y résoudre, tant il détestait jeter les choses qui pouvaient encore bien servir.

Des réflexes et des comportements des années 70, où les maîtres mots étaient, décroissance, peace and love, libertad. Ces belles années de joie où il circulait dans sa vieille 2CV décapotée, ses longs cheveux flottant au vent, ses chemises à fleurs et ses pantalons pattes d'éph' qui séduisaient toutes les jolies auto-stoppeuses rencontrées sur sa route.

 

Elles devenaient toutes émoustillées, quand Patrick leur répondait: yes I 'm going to Saint-tropez !

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Elles étaient si belles, si douces et si consentantes, et ne demandaient qu'à faire lui donner du plaisir. (je relis en même temps, raaa elle y va fort, je vais finir gigolo)

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5h00 

Trop de pensées se bousculaient maintenant dans sa tête, des amis trop tôt diparus, un mal être permanent, des tourments, des fièvres, de mauvaises analyses sanguines. 

Il réalisait au cours de ses nuits sans sommeil, des recettes qu'il avait tant de plaisir à transmettre à son entourage. Des pâtés, des saucisses, des confiseries, des conserves, le tout provenant exclusivement de son terroir.

 

Son épouse se désolait de tout ce gras, ces éclaboussures sur les murs, toutes ces miettes, ces casseroles et plats noircis, et n'avait de cesse que tout ne redevienne rutilant, bien astiqué et bien briqué.

Patrick n'en avait cure et continuait inlassablement de frire, cuire, ébouillanter, brider, et rissoler.

Le réveil indiquait 5h20.

Un pâle rayon de lumière commençait à s'accrocher aux voilages.

Il tentait de suivre les conseils d'une amie sophrologue: respire profondément et lentement, chasse les mauvaises pensées, visualise des champs de fleurs dans lesquels s'ébattraient de jolies jeunes filles, semblables à celles qui ont fait la gloire de David Hamilton.

Mais rien de tout cela ne favorisait l'endormissement, rien.

Il aurait pourtant été facile d'envoyer la main vers la boîte de Lexomil, mais Patrick avait lu les effets indésirables et cela l'inquiétait.

Un timide rayon de clarté transperçait maintenant la douce pénombre.

 

5h30.

 

Pendant que Patrick s'enfonçait dans une douce torpeur, des souvenirs plus lointains encore le plongèrent dans un nuage de coton blanc, blanc comme la neige, de gros flocons si gros, si doux, les flocons de sa belle enfance à la montagne .

Oh ! La délicieuse odeur qui parvient maintenant à ses narines.

Le voilà redevenu ce petit garçon qui doit braver l'intempérie pour se rendre à son école, il a si froid aux cuisses dans son petit pantalon trop léger, ses chaussures de cuir prennent l'eau, il tape l'un contre l'autre ses petits pieds gelés.

Il revoit bien cette rue de G... cet atelier de cuisine où il s'arrêtait tous les matins, qui sentait si bon et où il pouvait réchauffer ses mains glacées.

La patronne lui disait souvent: "Tu en veux un, de tourton, mon petit Patrick ?

- Oh oui ! Madame ! répondait-il avec bonheur, je le garderai jusqu'à la récréation de 10 heures.

Et il se régalait d'avance, se voyait déjà croquer le chausson tiède et doré, que les bons chrétiens appellent aussi le "coussin de Jésus"

Patrick dormait maintenant et rêvait. Il revoyait les grandes friteuses ou bouillonnaient les carrés de pâte farcis à la purée, au fromage, aux pommes en dégageant des vapeurs et des brumes si odorantes.

Il aurait aimé rester là tout le jour, dans cette moiteur, à regarder la jolie dame toujours souriante qui agitait ses mains et son corps comme si elle exécutait une danse, un ballet. Elle égouttait les tourtons avec son écumoire, puis les posait sur un papier sulfurisé et puis vite en replongeait d'autres dans la friture bouillonnante.

Elle était jolie la dame des tourtons, avec son tablier en broderie anglaise blanche et ses bras roses qui s'agitaient, qui s'agitaient.....

Le sommeil de Patrick devenait de plus en plus profond.

Il rêvait.

 La belle dame des tourtons était maintenant tout près et penchait sa tête vers lui.

Il ne la reconnut pas tout de suite. Elle était toute nimbée de lumière et portait un chapeau pointu d'où s'échappaient des fils d'or. Une fée peut-être ? La fée des tourtons ? Elle se mit à parler:

 

- Patrick, mon enfant, m'entends-tu ?

 

- Oui, Madame.

 

- La veux-tu la recette des tourtons ?

 

- Oh oui Madame, j'attends depuis si longtemps.

 

- Alors je vais te la donner, écoute bien, c'est la vraie, l'authentique, tu pourras la transmettre à ta descendance. Mais il te faudra acquérir un bon savoir-faire. Cette recette que tu as tant attendue, me vient de ma mère qui l'avait eu de sa mère à elle.

 

- Et vous madame, vous n'avez jamais eu d'enfant ?

 

- Non, mon petit Patrick, c'est un peu toi mon enfant

 

- Maintenant écoute moi bien:

 

Pour en faire 80 ou 100, il te faudra aller voir le meunier et lui demander

 

1kg de farine

 

Puis tu iras à la ferme et tu demanderas 200 gr de beurre un peu d'Astra tiède (!) et 2 oeufs.

 

Tu mettras du sel, de l'eau tiède et tu pétriras le tout.

 

La pâte devra être souple, et s'il le faut tu rajouteras de l'eau tiède

 

Tu laisseras reposer au moins 2 heures.

 

Tu étendras finement en grands carrés ou rectangles, en veillant à ce que la pâte ne colle pas.

 

Pendant le repos de la pâte, tu auras fait frire dans l'huile, des poireaux émincés vert ou blanc peu importe.

 

Tu auras fait cuire des pommes de terre, puis les auras écrasées, puis mélangées avec les poireaux et l'huile qui en aura pris le parfum.

 

Il te suffira de poser des petits tas de cette pâte en rangées régulières sur la feuille de pâte, puis de recouvrir avec une autre feuille.

 

Tu appuieras fermement du tranchant de la main pour faire tes rangées, puis tu pourras utiliser la roulette pour découper en jolis carrés.

 

C'est le principe des raviolis que l'on fabrique dans les pays chauds, mais tu les connaîtras un jour, toi aussi.

Tu plongeras tes petits coussins dans une belle friture, et tu veilleras à ce qu'ils soient à peine dorés.

 

Rappelle toi, mon enfant, que j'en faisais aussi aux épinards, au fromage, aux pruneaux, à la confiture.

Lorsque Patrick se réveilla 10 heures et quelques plus tard, il sut seulement qu'il avait très bien dormi et qu'il se sentait enfin heureux.

 

Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existées ne serait que pure coïncidence.

 

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tourtons tourtons tourtons

Rédigé par La Cachina

Commenter cet article

Cé Victorine 27/03/2016 13:47

Si si. Le mot épouse, rayé, mais ça doit être une erreur ! Lol et mdr.

Cé Victorine 26/03/2016 17:07

J'ai vu le mot rayé nul. Alors ça ne s'arrange pas. Je suis toujours entre montagne et mer et te suis toujours. Je sais que notre mémé est toujours fidèle à son blog, je l'embrasse aussi.

jupi 27/03/2016 10:12

je ne te suis pas, où il y a t'il un mot rayé nul ?
Si c'est pour moi , oui ça ne s'arrange pas, je ne voyais pas ma vieillesse si mal.
Mémé à ses maux aussi.
Tu fais toujours des voyages ?
gros Bisous.
patrick

mounic 24/03/2016 20:37

ah ! le temps de l'amitié ne meurt jamais! merci à toi Biche et merci à notre Tantine d'avoir donné signe de vie un peu plus bas! je te bise toi aussi!

jupi 25/03/2016 06:54

ben justement , j'ai pas de nouvelle de notre tantine, j'ai vu sur son blog qu'elle publie toujours, en plus j'ai pas son mail car elle en change fréquemment
Gros bisous.

je sens que le soleil va nous faire comme hier, en plus il ne fait pas chaud pour ce début de printemps, j'espère que les abricotier et cerisiers en fleurs tiendront le coup

christ 06 24/03/2016 17:07

AH ,cela fait plaisir de te retrouver. Les bons souvenirs sont toujours beaux ou goûteux
Tantine doit être contente. Je t'embrasse affectueusement,
PS::en ce moment, pas facile de mon côté. Chris 06

jupi 25/03/2016 06:56

et oui chris, j'ai de bon souvenirs de ma période d'adolescent à st tropez (gros village assoupi pendant l'hiver).
Je t'embrasse aussi.

coté santé c'est pas terrible, je décline lentement

La tante Victorine 24/03/2016 16:08

Je ne suis pas morte Patrick, je veille toujours et partage ta nostalgie. Plein de bises.

jupi 25/03/2016 06:59

Tu me rassures, je suis allé voir sur ton blog hier, j'ai vu que tu publiais toujours (tu es à st barthelemy ?)
Coté mail je ne sais pas sur lequel te contacter.
Bises

mounic 24/03/2016 20:35

é bè! je suis bien contente que tu sois en vie!!!! je te bise ma belle Victoire! mémé

Dora66 24/03/2016 15:35

Très beau texte, sympathique et chaleureux. Mais pourquoi l'avoir censuré? Dommage. Dora66

jupi 25/03/2016 07:00

non Dora il n'y a rien de censuré, la recette est masqué par un surlignage facile à enlever