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Mardi 26 décembre 2006
Ne mangez pas n'importe quoi , n'importe où
Pour vous rassurer les hamburgers ne viennent pas de là bas , mais de pire.
Et pour nous les sangliers viennent de Cadarache !!
Alors pourquoi pas un filet mignon de couleur ?



par jupiter publié dans : La cachina commentaires (3)    ajouter un commentaire

Lundi 25 décembre 2006


Merci d'être venu tout au long des jours sur ce blog, sachez que vos messages m'ont aidé à survivre. Les mots qui suivent ne sont pas réjouissants, c'est pour cela aussi qu'il n'y a pas de recettes de Noël ni de menus de réveillon de Jour de l'An.

Aujourd'hui c'est Noël, je pense que vous avez tous fait un merveilleux réveillon et que les cadeaux vous ont comblés, que les enfants et petits-enfants sont venus égayer votre chaumière.

Cette année ce réveillon fut encore plus triste que d'habitude car ce fut un soir comme les autres pour Jupi, une maison morte, point de sapin ni de décors, pas le moindre fumet de bons plats, pas de jolie bûches dans l'âtre, pas de bruits et le noir tout autour, une famille dans la tourmente, la santé plus que précaire et autres décrépitudes. C'est évident que le père noël a préféré passer sa route

Voici quelques mots qui vont vous surprendre, certains ne me pardonneront pas ces écrits, tant pis. Si ceci sonne la mort de mon blog et bien qu'il en soit ainsi, Jupi broie du noir.

Lors de mes années que j'ai passées comme sapeur-pompier (je suis banni depuis peu, de cette famille de part les mauvais comportements de ma fille au sein de ce même corps de pompiers), j'ai failli une fois mourir dans une tempête de feu, bien souvent ce moment revient dans mes cauchemars, une fois j'ai pu écrire ce que je ressentais, c'était en réserve dans le PC, et par malheur je l'ai retrouvé. Je donne un peu plus de détails c'est tout, La mort est hideuse partout

Je ne lutte plus, le froid m'aspire, et je me laisse aspirer
Depuis fort longtemps des anges noirs guident mes pas,
Ceux-ci me sont familiers sans pourtant les connaître.
L'endroit où ils me mènent est toujours le même
L'enfer sur terre.
Tout est rouge, la terre, le ciel, l'air
Tout n'est que gémissements
Les arbres pleurent en sifflant de longues complaintes
de sèves bouillonnante
Les plantes se tordent sur le sol incandescent
Les animaux fuient, s'enterrent, ou subissent cette terrible chaleur.
Rares sont ceux qui  peuvent s'en sortir
La majorité va mourir, les oiseaux après un large demi cercle qui les éloigne
replongent délibérément dans le brasier. 
Les rongeurs, les tortues
tous les petits animaux du sous-bois vont périr.
Les mammifères en cherchant la fraîcheur dans les vallons
mourront asphixiés par les nappes de gaz carbonique plus lourd qui viennent
s'y déposer.
J'y suis aussi avec trois de mes camarades, il est 14 heures,
nous sommes dans un petit chemin à St Zacharie, il est 14 heures et il fait nuit en plein jour, la fumée terriblement épaisse nous plonge dans un brouillard épais et brûlant, les phares sont inutiles , je stoppe le camion car nous ne voyons plus le chemin.
Les rafales de vent sont déjà terriblement brûlantes,
le bruit des arbres broyés comme par un bulldozer nous parvient déjà.
Nous allons lutter pour notre survie, je pense à ma petite fille de 3 ans à l'époque.
La pompe de l'engin est à son maximum,
l'eau de la lance  passe à travers des gaz de distillation enflammés.
La partie est perdue, nous le savons, je dirige la lance-canon vers le fossé où nous allons essayer de nous protéger sous la corolle (le vrai nom était la queue de paon, maintenant on dit sous la LDV, c'est encore moins jolie) d'eau de la lance , 4 minutes d'eau à 500 litres/minutes, une goutte d'eau dans cette tempête. Les flammes commencent à passer sous le camion, et je prie, je recommande ma fille au Seigneur, moi qu'importe, mais j'ai peur, nous avons tous peur, parmis mon équipage il y a un jeune sapeur pompier de 17 ans (l'âge légal était de 16 à l'époque) je l'avais persuadé de venir dans les pompiers, malheur, il ne disait rien, et depuis il ne m'a toujours rien dit,  les flammes inflèchissent leur direction par une bourrasque imprévisible,et passent 10 mètres en avant. Merci mon Dieu.
Nous vomissons , nous sommes "choqués", couverts de cendres et de boue. La pompe du camion fonctionne toujours, il fait une chaleur d'enfer, c'est l'enfer, sans concertation nous commençons à arroser pour nous refroidir et éteindre ce qui est près de nous, puis plus d'eau, le gros de la chaleur n'est plus là.
Nous resterons dans cette position plus de deux heures complètement hébêtés
sans voir âme qui vive, la radio est en panne , nous sommes terriblement "choqués" , vidés de tout influx vital, nous somme assis ou couchés dans les cendres.

Il est 17 heures, un gradé passe qui nous demande si cela a été dur, nous n'avons même pas la force de l'injurier.Il ne voit pas que nous somme blessés, dans la tête, dans le coeur,  les poils brûlés. Il ne voit pas que la couleur du camion a changée, il voit quoi, il voit qui ?
Casse-toi sale connard !!!

Quelques centaines de mètres plus en arrière il avait un camion aussi
ses occupants ont aussi échappé à cette fin tragique, ce camion venait du Luc en Provence

3 semaines après ceux qui avaient échappé à cet enfer trouvèrent la mort dans le massif du Tanneron, le feu épargne rarement deux fois, je pleure ces camarades, deux d'entre eux avaient le même âge que moi
Oui 4 camarades morts calcinés, c'est atroce.

Morts pour quelques hectares de collines !

Ceci est malheureusement une histoire vraie pas de la galèjade

Depuis je regarde le feu d'une autre façon

Mais les anges noirs m'ont repérés
Chaque fois je reviens dans cet enfer.
Maintenant ces anges noirs se font plus discrets
Ils sont derrière, mais toujours là.
Je ne pense pas que ce soient les mêmes.
Je suis fidèlement tous les jours de ma misérable vie, mon Ange Blanc
Celui-ci reste toujours devant décalé un peu à ma droite.
Je ne vois que ses deux grandes ailes blanches.
Ces derniers temps je le vois s'éloigner un peu plus chaque jour
Il me fait un signe pour que je me porte à sa hauteur
Je ne vois plus le chemin
Les anges noirs sont derrière
La lumière de mon ange blanc n'est pas assez forte pour
estomper les ombres qui m'engluent un peu plus chaque jour.
La noirceur se rapproche.
Ce ne sont pas des anges, je le sais maintenant.
C'est la mort aux multiples facettes, qui comme une hyène
ne lâchera plus sa proie.

Déjà je sens un souffle froid, des odeurs délétères.
Non point l'humus où les mousses accueillantes m'attendent.
Endroit où tout le monde pourrait se laisser perdre.
Les faux sont là ?, enfin je le pense, je ne me retourne pas.
Non ! Ne pas se retourner, même si mon ange est de plus en plus pâle.
Le suivre toujours vers la grande lumière.
Ne pas céder à la facilité, pour vous laisser porter,
Par les ailes noires de votre destiné que vous avez acceptée

Mieux  vaut des ailes blanches rapiécées qu'un bel oiseau noir lustré.



Luttez



Jupi lutte très faiblement aujourd'hui il est rattrapé par ses souvenirs mobides



par jupiter publié dans : La cachina commentaires (21)    ajouter un commentaire

Dimanche 24 décembre 2006
  •  


Depuis quelques semaines je me pose des questions ?
En effet , mon docteur pour stimuler un peu mon foie m'a prescrit une cure à bases d'artichauts




Mais cela n'est pas cadeau déja, il vaut mieux manger de vrais artichauts.
Mais lesquels, en regardant de plus près je n'arrive pas à déterminer si ce sont des petits violets de Provence ou des gros verts de Bretagne



Je n'ai rien contre les verts de Bretagnes , mais cela peut tuer un Provençal habitué aux petits violets
Pfuifff, même pas vertes ces pilules !

Je vais essayer d'en faire un ragoût.
J'en ai ouvert une, devinez, il y avait encore le foin dedans,
J'abandonne


Design by Graphéine
par jupiter publié dans : Divers commentaires (22)    ajouter un commentaire

Dimanche 24 décembre 2006



cet article n'est pas fini et je pense ne le sera pas à temps, mille excuses

Pour voir l'intégralité de cet article bien documenté, je mets ce lien qui vous aiguillera sur le site de la ville d'Aix en Provence.

http://www.mairie-aixenprovence.fr/IMG/pdf/traditions_noel_en_provence.pdf


Design by Graphéine Noël en Provence n’est pas Noël comme ailleurs.

 

Dans ses « Mémoires et Récits » Frédéric Mistral dit « que la veille de Noël on dételle tôt ». Cette coutume est toujours respectée (l'après­-midi du 24 décembre étant souvent chômé). Le 26 décembre, lendemain de Noël, est jour férié en Provence.
Mais le point fort de cette fête demeure le soir du 24 décembre avec toutes ses croyances, ses superstitions, ses coutumes qui viennent du plus profond de la Provence ancestrale.
Les provençaux célèbrent Noël avec dévotion, ils vénèrent l’héritage parvenu de la nuit des temps et savent ce que veut dire « TRADITION ».

 

(1) jour où l’on met les graines de blé à germer dans les soucoupes «sietoun», qui seront, plus tard, déposées sur la table et dans la crèche ; c’est jour de foire à Aix…

 

(2) jour où l’on démonte la crèche car, après la chandeleur, voilà le temps dit de carnaval.

Rentrons dans l'intimité du soir du 24 décembre

 

La table

 

La table du soir de Noël doit être dressée à l’aide de trois nappes blanches ; y figurent trois chandeliers, trois « sietoun » de blé. Y figure également le pain calendal (fait de pure farine de blé), formé d’une boule centrale avec douze autres autour ; il  est  piqué  en  son  centre de verbouisset (petit houx des collines) symbole de renaissance. Et en fin de repas les treize desserts. Les chiffres trois et treize lors des fêtes calendales affirment sans cesse l’évidence religieuse.

 

Le chiffre 3 rappelle la Sainte Trinité :

 

­trois nappes.

 

­trois soucoupes de blé.

 

­trois chandeliers.

 

­trois tours de table avant de poser « cacho fiò ».

 

­trois aspersions de vin cuit sur la bûche.

 

Le chiffre 13 symbolise le Christ et les apôtres :

 

­le pain calendal.

 

­les desserts.

 

Les trois nappes :

 

Le repas de la veille de Noël, le « gros souper », est servi sur une table recouverte de trois nappes blanches.  La nappe blanche est marque de grand cérémonial, de fête et signe de pureté. Au  moment de partir à la messe de minuit ou d’aller se coucher pour ceux (les  anciens souvent) qui ne s’y rendent pas, la table reste mise avec ses desserts ; on prend soin, alors, de relever les quatre coins des nappes afin d’empêcher les mauvais esprits d’y grimper et de jeter des sorts aux victuailles. En effet une communion avec les disparus s’instaure ce soir là et on sait que, lorsque la pièce principale où est dressée la table sera vide, les âmes des défunts viendront à leur tour partager les desserts.

 

Au retour de la messe, il n’est pas interdit de grignoter encore les desserts. Les nappes auront été remises en place au préalable mais elles seront encore relevées au moment du coucher. Soyons catégorique, la tradition provençale ne connaît point de réveillon.

Blé de Sainte Barbe :

 

Blé semé le 4 décembre, dans des soucoupes, « sietoun ». Ils ornent la table et la crèche. La qualité de la germination et de la croissance du blé sera la prédiction d’une année plus ou moins prospère. Cette coutume, héritée de la Provence romaine, où l’on faisait germer le blé en décembre pour marquer le renouvellement de la nature dans la phase du solstice d’hiver, est, à l’évidence aujourd’hui, une des traditions calendales la mieux conservée.

 

Les chandeliers :

 

Les  trois  chandeliers  de  la  table  du  soir  de  Noël  ne  sont  pas    comme  décoration,  mais éclairent tout naturellement la table. Nous retiendrons seulement que ce soir là si la flamme tournait vers quelqu’un, cela était de mauvais augure… Aujourd’hui, l’électricité nous éclaire mais les chandeliers demeurent, immuablement, sur la table le soir du 24 décembre.

La place du pauvre :

 

Dans certaines familles une place est réservée à la table de Noël au cas où un malheureux se présenterait ; dans d’autres on réserve seulement une part. D'ailleurs autrefois la porte de la maison n'était jamais verrouillée ou «barrado» (fermé avec la barre) le soir de Noël.

 

Roses de Noël :

 

Autre tradition de Noël : la « Rose de Jéricho » dite « rose de Noël », « Rose de Judée » ou « Fleur de Judée ». C’est un crucifère dont le nom scientifique est Hellebore noir ; placée dans un verre d’eau, elle s’épanouit pour être exposée sur la table de Noël. Son épanouissement dure cinq à dix jours. Retirée de l’eau, la plante se recroqueville à nouveau et peut resservir des années durant.

 

Cette  plante  figure  nettement  sur  la  liste  des  objets  de  dévotion ; elle a donc une  valeur religieuse, un caractère sacré reconnu. Les premières roses auraient été importées par des pèlerins ou des croisés.

Lou cacho fiò

 

Juste avant le « gros souper », le plus vieux (3) et le plus jeune (4) de la maison portent une bûche  d’arbre  fruitier  vivant  ou  mort  dans  l’année  (le  choix  de  l’arbre  fruitier,  c’est la fécondité  de  la  terre,  le  symbolisme  du  renouveau).  Ils  font  trois  fois  le  tour de la table familiale et déposent la bûche dans la cheminée, sur les braises incandescentes : cette bûche, en fait, écrase le feu : « cacho fiò » (5). Le plus âgé l’arrose alors de vin cuit, par trois fois, ce qui enflamme la bûche : « bouto fiò » (met le feu) (6). C’est au moment de cette action qu'il prononce les paroles sacramentelles immortalisées par Mistral : Cacho fiò, Bouto fiò, Alègre ! Alègre ! Mi bèus enfant, Diéu nous alègre ! Emé Calèndo tout bèn vèn… Diéu nous fague la gràci de vèire l’an que vèn, E se noun sian pas mai, que noun fuguen pas mens ! (7)

 

(3) l’aïeul

 

(4) le « cago­nis »

 

(5) « cacho fiò » vient du verbe « cacha » qui signifie « écraser » en provençal

 

(6) « bouto fiò » vient du verbe « bouta » qui signifie « mettre » en provençal

 

(7) A la bûche ­Transmet la flamme ! ­Allégresse ! Allégresse, ­Mes beaux enfants, que Dieu nous comble d'Allégresse ! Avec  Noël, tout bien vient : Dieu nous fasse la grâce de voir  l'année

 

­­prochaine. ­Et, sinon plus nombreux, puissions ­nous n'y pas être moins.

Le gros souper

 

Evoquer le « gros souper » n’est pas chose facile. C'est un repas conséquent mais maigre qui commence vers 19 heures. Il réunit toute la famille. On aura gardé pour ce soir là les meilleurs produits. Il est composé d’un nombre important de plats maigres, sept étant le nombre parfait en réminiscence des sept douleurs de la Vierge. Les mets sont préparés avec soin, variant tout comme  les  desserts, d’une famille à l’autre, d’une contrée à l’autre,  selon le terroir, les productions, les classes  sociales.  Le  tout  confondu,  la  liste  pourrait  être  longue…  Nous citerons  pêle­-mêle :  les escargots, les gratins de légumes  (épinard,  chou­fleur),  la  carde, l’aïoli,  les  poissons  (loup,  muge,  morue,  anguille),  les  omelettes (truffe, artichaut), la brandade, « l’anchouiado »… Les poissons sont généralement grillés, la morue ou l’anguille peuvent être préparées en « rèito » (8), le  muge  préparé aux olives et tous les  légumes de maintes façons. Sept vins doivent être servis au cours du repas.

 

Les treize desserts

 

Les treize desserts seraient d’origine  marseillaise et paraissent inconnus avant le début du XIX éme siècle. D'ailleurs Frédéric Mistral dans ses « Mémoires » dit que le soir de Noël les desserts étaient nombreux sans préciser le chiffre treize. Leur composition est très variable d'une contrée à l'autre, en voici une liste non exhaustive.

 

Obligatoires sont :

­la pompe à l’huile d’olive qui se déguste avec le vin cuit

les  quatre  mendiants :  figues  sèches  (franciscains),  raisins  secs  (dominicains), amandes (carmes), noisettes (augustins) ou noix. Si la couleur de ces fruits rappelle la couleur des robes des quatre ordres religieux qui vivaient de mendicité, il faut toutefois noter que ces vêtements et leurs couleurs ont évolué avec le temps.

 

­le nougat blanc, le nougat noir

 

­les dattes, seul fruit exotique admis, elles symbolisent le Christ et sont présentées dans le plus beau plat de la maison.

 

Puis, on peut citer : les pommes, les poires, les mandarines, les oranges, le raisin frais, les melons  d'hiver,  les  prunes  séchées  de  Brignoles  (pistoles),  les  chocolats,  les  fondants, les pâtisseries familiales, les confitures, les oreillettes, les tartes aux fruits…

 

(8) réito ou raito : espèce de capilotade faite avec du poisson frit à la poêle auquel on ajoute une sauce au vin et aux câpres, mets provençal dont on fait particulièrement usage la veille de Noël.

 

Actuellement, à Aix, on ne connaît pas un repas de Noël sans calisson. Ainsi l’association Fouque,  l’Escolo  Felibrenco  Li  Venturié,  les  Pâtissiers  de  la  Coupo  Santo  et  l’Union  des Fabricants des Calissons d’Aix ont décidés d'affirmer la particularité aixoise et d’un commun accord, en 1998, ces associations ont défini et déposé une liste précise des 13 desserts aixois afin  de  pouvoir  répondre  aux  demandes  de  plus  en  plus  nombreuses  qui  leur  arrivent journellement.

 

Ce travail a eu pour but de donner collectivement une liste de référence. Il ne s’agit en aucun cas, pour les initiateurs de cette démarche, de s’approprier les 13 desserts. Il était simplement urgent de valider une liste qui désormais fait foi et doit contribuer à éviter des erreurs et autres aberrations.

Voilà donc la liste de ces treize desserts aixois :

 

­Dattes

­Le gibassié (pompe à l’huile d’olive)

 

­Nougat noir

 

­Nougat blanc

 

­Les quatre mendiants : les amandes, les figues, les raisins secs, les noix (ou noisettes)

 

­Calissons d’Aix

 

­Pâte de coing

 

­Raisin blanc (servant)

 

­Melon de Noël (verdau)

 

­Orange (ou mandarine)

 

Les 13 desserts sont grignotés pour occuper la veillée jusqu’à la messe de minuit. Les desserts restants seront consommés dans les jours suivants…

 

Le vin cuit

 

Les  treize  desserts  sont  accompagnés  du  traditionnel  vin  cuit.  Spécialité de Palette  (près d’Aix), commune du Tholonet, le vin cuit est commercialisé en 1822 par Ferdinand Houchard. Mais, devant le poids des taxes et tracasseries administratives, cette commercialisation sera arrêtée avant 1960.

 

Pour les provençaux nostalgiques de leur vin cuit, un courageux viticulteur le leur restitue admirablement depuis une trentaine d'années,  malgré  les difficultés qu’il a rencontrées  lui aussi…

 

De fait, durant ces dernières décennies, le vin cuit ne venait plus de Palette mais de chez Monsieur Jean Salen, domaine Les Bastides au Puy Sainte Réparade. Nul ne l'oubliera même si actuellement, et depuis 5 ou 6 ans, d'autres producteurs se sont essayés avec bonheur à la fabrication du vin cuit. Ainsi ce produit qui a failli tomber dans l'oubli redevient actuellement à la mode, à tel point qu'un concours de vin cuit est désormais organisé tous les ans, c'est dire la qualité du nectar. Seul regret : il se dégage de cette évolution une impression de produit raffiné et d'exception qui l'éloigne de ses origines.

 

Lou sauvo­crestian

 

C’est avant le départ pour la messe de minuit que nos aïeux accomplissaient le rite d’entamer « lou fiscou » (9) de « sauvo­crestian » (10).

 

Deux recettes ou versions nous sont données : La première, celle que nous tenons de tradition familiale, est la macération de fruits de micocouliers (falabrego) (11) dans de l’eau de vie. La seconde est de Frédéric Mistral ; grains de raisins confits à l’eau de vie.

 

Autre particularité aixoise : la « fenouieto ». A Aix et dans les campagnes des environs, une liqueur connue sous le nom de fenouillette, eau de vie distillée avec de la graine de fenouil, est aussi la liqueur du soir de Noël.

 

La messe de minuit

 

Après avoir avalé une gorgée d'une de ces liqueurs, est venu le départ pour la traditionnelle messe de minuit, souvent à pied. Au cours de cette messe, chantée en provençal, a lieu les offrandes des produits de la terre et de la mer, produits du paysan, du berger, du pêcheur. Il y a également le pastrage : l’agneau, dernier né de l’année, est enrubanné et porté soit dans une petite charrette tirée par une brebis et accompagnée de bergers soit dans les bras d'un de ces derniers. Pendant cet office sont chantés les célèbres noëls provençaux dont ceux de Nicolas Saboly : « Lei pastourèu », « Li a proun de gènt », « Pastre dei mountagno », « Pèr noun langui long dóu camin ». La messe de minuit est souvent précédée d'une veillée où se succèdent noëls, lectures et musique au galoubet­tambourin.

 

Aujourd'hui des messes de minuit sont encore célébrées dans la tradition provençale à Aix (église du St Esprit) et en Pays d'Aix. (9) le flacon (10) le sauve­chrétien est un digestif (11) le micocoulier (falabreguié en provençal) est un arbre du terroir provençal.

 

Autour de Noël

 

 

La pastorale

 

Les provençaux ne laisseront pas passer le mois de janvier sans assister au moins une fois, sinon  plus,  à  la  représentation  de  la  « Pastouralo ».  Les  pastorales  sont  nombreuses.  Paul Nougier en a recensé plus de deux cent cinquante. Il s’en écrit encore. Le drame le plus réputé est celui d’Antoine Maurel, de  Marseille, qui se  joue depuis 1844. C’est la représentation anachronique et extrapolée en Provence de la naissance du Christ, accompagnée de maintes péripéties. Les comédiens, tous amateurs, portent les costumes régionaux des années 1800­-1830, en usage avant que la vapeur facilite l’acheminement de la mode parisienne à travers nos provinces.

 

La  pastorale  Maurel  est  une  excellente  étude  des  mœurs  de  l’époque  dont  certaines  sont encore conservées. Parties de Marseille, les pastorales sont jouées maintenant un peu partout en  Provence,  mais  Marseille  et  le  Pays  d'Aix  en  restent  le  berceau    les  troupes  sont nombreuses.

 

Prenant la  suite du Cercle Saint Mitre en 1941, l'Effort Artistique donne tous les ans une représentation fort appréciée à Aix­-en-­Provence.

 

La foire aux santons

 

Depuis 1934, la foire aux santons propose aux aixois le large éventail de personnages qui prennent place dans la crèche. Les maîtres santonniers, des plus réputés, y ouvrent leur étal, le choix et la qualité se côtoient dans un égal bonheur.

 

La foire aux santons après s’être tenue en différents points de la ville (sur la place de Verdun il y a déjà plus de quarante ans) dresse aujourd’hui ses baraques au début de l’avenue Victor Hugo durant tout le mois de décembre.

 

La  ville  de  Marseille  possède  la  plus  ancienne  foire  aux  santons  (1803)  ;  elle  se  tient actuellement sur le haut de la Canebière.

 

D’autre villes ou villages ont également aujourd’hui leur foire aux santons et les expositions ou « foire » d’un jour ou deux se sont multipliées ces dernières années un peu partout.

 

Mais ces manifestations sont très éloignées des authentiques et ancestrales Foires aux Santons d'Aix et de Marseille.

 

La Foire aux Santons d'Aix, modeste mais d'une qualité rare, demeure sans nul doute la plus belle  vitrine de  l'art santonnier. Son  inauguration,  le dernier dimanche de  novembre ou le premier de décembre, est précédée par  la traditionnelle  messe des santonniers célébrée en provençal et animée par des chants provençaux et galoubets et tambourins.

 

La crèche

 

La crèche est mise en place sur un meuble de la pièce principale de la maison, on la trouvait autrefois très souvent sur la « mastro » (le pétrin) (*).

 

Elle reste en place du 24 décembre au 2 février. Doivent obligatoirement y figurer : Enfant Jésus, Sainte Vierge, Saint Joseph, le bœuf, l’âne, l’ange Boufarèu, les trois rois, les bergers, puis au cours des années on peut ajouter le ravi, le meunier, le rémouleur, l’aveugle et son fils, le tambourinaire… Tous ceux qui portent fruits, légumes, bois, tous les petits métiers d'antan et activités agraires en Provence dans  la première  moitié du XIXème siècle. Le nombre de santons est illimité. On dispose aussi étable, maisons, moulin, pont… troupeau.

 

Attention à la perspective, ne pas mélanger les santons petits et plus grands. Tenir compte que les accessoires soient à peu près à l’échelle.

 

Sont nécessairement interdits dans une crèche traditionnelle provençale, tout objet en matière plastique  ou  tout  sujet  anachronique ;  également,  jamais  de  guirlandes  étincelantes  et multicolores. Les matériaux utilisés pour la construire doivent être naturels : pierres, terre, verdure, mousse, sable, branches… Des cartons supportent généralement le relief.

 

Recommandations particulières :

 

­Placer l’Enfant Jésus dans la nuit du 24 au 25 décembre ­mise en place des Rois le jour de l’Epiphanie (aujourd’hui, le premier dimanche de janvier mais en fait… toujours le 6 !).

 

Puis ne pas oublier de faire figurer dans la crèche provençale : le « sietoun » de blé de Sainte Barbe, une veilleuse, une étoile.

 

(*) Précisons, n'en déplaise à certains, que le sapin de Noël n'est pas provençal, il n'existe pas dans notre tradition. Le sapin et sa décoration, exportés des régions germaniques et nordiques, eurent pour but à l'origine d'apporter la lumière qui faisait défaut à cette époque de l'année, cette lumière dont bénéficie naturellement la Provence…

 

Les santons

 

Santon vient du mot provençal « santoun » (petit saint), nom donné en Provence à des petits personnages d’argile. Son créateur est un marseillais, Jean­ Louis Lagnel.

 

Lorsque la Révolution interdit l'accès aux crèches présentées dans les églises, les provençaux inventèrent la crèche familiale : l'artisanat du santon était né.

 

Le santon, en argile, puis décoré, fabriqué à partir de 1800, succéda aux santons habillés dits « d’église » et aux santons articulés des crèches parlantes, tous de très grande taille. Sa taille s'échelonne entre deux et vingt centimètres.

 

La  plupart  des  santons  habillés  d'aujourd'hui  n’ont  absolument  rien  de  comparable  ni  de commun  avec  ceux  antérieurs  à  l’apparition  du  santon  d’argile,  bien  que certains  soient remarquables.  Cela  mène  quelques  puristes  à  considérer  seul  le  santon  d’argile  comme véritablement traditionnel.

 

Le santon traditionnel décoré est fabriqué avec un moule en plâtre en deux parties (le devant et le derrière), qui a été lui­même fabriqué à partir d’un premier modèle fait entièrement à la main par le santonnier. Une fois sorti du moule, le santon subit des retouches et l’ébarbage (faire  disparaître  les  défauts  et  les  jointures  du  moule).  Le  santon  séchera  lentement.

 

Autrefois, le santon était alors terminé, après une décoration à la peinture à l’eau ; il était donc en argile crue (non cuite) et très  fragile.  Aujourd’hui,  la technique a évolué ;  bien sec,  le santon sera mis au four et cuit à 900° avant d’être décoré avec des peintures spéciales, ce qui rend le santon actuel très solide et généralement lavable, tout en respectant une fabrication suivant les mêmes méthodes depuis près de deux siècles.

 

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