Jeudi 19 octobre 2006
ca c'est moâ, bon j'ai un peu grandi, mais je suis plus bête aussi

Le jardinier avait déjà préparé son mensonge tout au long du chemin.
- oh, cafetier de mes deux donnes moi un bon coup de fine* !
- ça vas pas t'é malade ? on te croyait mort!
- non il faut que je décrasse l'intérieur.
- sans dire; mais l'extérieur aussi.
- quoi quécejejé !!
- non rien, fit le retors commerçant.
- bon elle vient cette gnôle, il faut que je démonte la tronche, cette garce est partie enfin !
Il était arrivé à glisser sa phrase mortelle, comme il voulait.
- qué garce , glissa la loi?
- tu sais bien ce que je veux dire!
- non ! il y avait une femme chez toi, pas possible!
Le plancher craquait et l'air croustillait de plaisir en attendant la suite. Ah si les murs des Bars pouvaient parler.
- ah bon tu savait pas ? premier verre cul sec.
- tu veux rire ou quoi ? une femme chez toi laisse moi rire, t'a vu comme té fait et à quoi tu ressemble, "semble un pouar" (tu ressemble à un porc, mais porc en provence veux dire sanglier)
Deuxième verre, celui la c'était pour reprendre vraiment des force.
Tout le monde s'estrassait* de rire.
Toine lui porta le coup de grâce.
- pour moi tu couchais avec une truie (je ne vous met pas le mot en Provençal car c'est difficile à prononcé et à écrire) dans l'état que tu es je vois que ça.
- au fait c'est une porcasse* le sanglier que tu gardes (insulte suprême) ou c'est un pouar* ?
Toute sa minable mise en scène s'écroulait . Il avait la tête échauffée par les deux verres de fine dont il n'avait pas l'habitude.
- je te dis quelque chose lorsque tu vas espincher* les lavandières se laver à la "Fouan d'Amour" (fontaine d'amour), sale bordille, et quand tu vas voir Finette lorsque son mari est à Marseille.
Oh putain, merde ! il y avait le mari de Finette dans le bar ce jour là !!!!
... / ...
En provence il en faut plus que cela pour se battre, les insultes sont très courantes et quasiment dans le language de tous les jours, et ça ce n'est pas des blagues.
Juste un petit apperçu pour ne pas trop choquer.
"Oh putain de con, merde j'ai oublié la clef"
Bon passons cette apparté qui pourrait faire un article plus tard.
- je sais ce que fait ma femme et je te réserve une surprise Toine, enfin une demie surprise , à force de te ballader soi disant dans la colline et de mettre des laçades (collet de braconnage) fait gaffe de ne pas te prendre dans une grosse laçade à sanglier, tu serais beau avec la langue bleu et les yeux cavés par les agaces (pies) , et y aurait pas beaucoup de gonzesses pour ton enterrement , charogne !
Des mots , toujours des mots. Tout compte fait le mari de Fine ne se mouillait pas du tout, ces laçades tous le monde peux en mettre, et par cette manoeuvre le Toine serait bien embêté pour se promener sans faire attention dans la colline.
D'un coup sa fureur contenue tomba sur notre pauvre jardinier.
- et toi vieux pourraque (pire que sale et sentir mauvais) ça te regarde ce que fait ma femme, occupe toi de ta truie, vieille brêle.
Notre pauvre jardinier était presque content d'avoir planté ce merdier, mais il était un peu empêgué (saoul), un peu, faible est le mot. Il voulut dire une méchanceté de plus mais il s'écroula sur le parquet.
Le cafetier en avait vu d'autres.
- oh , vous pouvez pas le sortir il pue , et l'assoir à l'air, ça lui fera du bien , et à moi aussi vu qu'il consomme plus aussi, merde alors!
Et, hop, dehors il se retrouva, mais pas en état de rentrer chez lui, il s'escaffagna (intraduisible) comme un merde, dans les caisses de vin vides.
Pendant ce temps à l'intérieur la température montait, mais le cafetier savait désamorcer les crises.
- putain , tous les deux , vous avez finis oui ! ou alors vous continuez dehors, ya des gens qui veulent être tranquilles ou jouer aux cartes peut être, merde alors ! allez je sers une tournée générale !
Merde alors ! était assez courant dans sa bouche.
Rien de tel pour ramener le calme, mais il étaitcertain que les deux finiraient par se taner ou se tuer, ils prirent la porte chacun de leur coté et bien sur plus question de se croiser dans les rues, c'est comme ça encore ; et cela sera une autre histoire.
Les autres à l'intérieur continuèrent leurs bavardages , bien sûr, sur le dos de Fine et autres. Vous m'avez compris* (expression très usuelle ici)
Le mari de fine qui avait pris la honte à cause du jardinier alla de ce pas jouer un tour de con pendant que l'autre cuvait.
Il prit sa pétrolette son fusil et monta au cabanon du jardinier !
Ouais on ne sait jamais avec ces sales bêtes, et puis je me faire un sanglier bien dodu, car je suis sûr qu'il le nourrit mieux que lui même.
Mais il faut que le l'attrape et que je le tirasse bien loin pour le tuer et qu'il ne trouve pas de traces de sang.
La journée baissait et l'ombre commençait à tout masquer.
C'était un temps idéal, il n'emporterai que les bons morceaux pour ne pas trop se charger, le reste aurait vite disparu, avec tous les charognards qui rodent la nuit.
En arrivant la haut il tomba sur un vrai foutoir, l'intérieur ressemblait à une renardière et sentait lou felun (odeur de fauve prononcée), mais c'était l'enclos du sanglier qui l'interressait.
Depuis qu'il pesait environ 35 kg , le jardinier avait fait un enclos grillagé pour choucou, en effet celui ci faisait trop dégâts lorsqu'il était libre dans la maison.
Choucou couchait donc dehors avec une petite avancée de tole ondulée pour s'abritter des rares pluies.
Sa porte avait un simple loquet sans cadenas quelconque, pourquoi faire d'ailleurs !
Bonne pâte comme tous choucou vis arriver cet homme comme un visiteur, en poussant avec son groin contre la porte il lui fit comprendre qu'il voulait sortir en promenade, comme le jardinier l'avait habitué.
Notre petit cochon connaissait les heures mieux que nous, et l'absence de son maitre lui paraissait bizarre.
Tout les soir, le jardinier ouvrait l'enclos , et choucou partait à fond de train vers la colline toute proche, et quelques minutes après revenait se blottir contre son maitre, Pourquoi ? mystère.
La première fois que choucou avait fait cela le jardinier avait un peu pleuré, car il croyait que choucou venait de prendre le large définitivement. Mais non, choucou revenait toujours.
Donc lorsque le malfaisant ouvrit la porte choucou bondi vers la forêt.
- ben merde alors ! il a senti venir le coup, pas folle la guêpe, mais je t'aurai, en plus tu me facilite la chose , je n'aurai pas à te trainer.
Il parti donc à sa recherche, mais cela se corsa, choucou était parti bien plus loin que d'habitude et il tomba sur le territoire d' un gros mâle d'une centaine de kg, malgré ces petites pattes il parvint à échapper à ce monstre, mais celui-ci le coursait toujours.
Le mari à Fine se dit je vais faire une beau doublé avant la nuit , il mit deux belles balles dans son vieux calibre douze et épaula, il pensait déjà aux bonnes daubes, aux gigôts bien tendre de choucou, aux multiples boites de pâté.
Il était prêt !!
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