Point d'engrossement de soeurs et point de sang non plus
Il n’était même plus sur le territoire de sa commune, à vrai dire il ne savait plus rien, le soleil avait tapé fort ce jour là, la déshydratation avait fait le reste.
Sur le coup la vieille en noir le pris pour un clochard qui fait la route, mais non il n’avait rien sur lui, ni bâton ni gourdes, rien !
C’était juste une chose maigre. Elle appela son mari et le posèrent à l’ombre. Il faisait pitié à voir, son état était sérieux, le mari jugea qu’un médecin était nécessaire.
On ne faisait pas venir un médecin pour rien, avant, ça coûtait des sous.
Le bon médecin était du village de Carcès, notre jardinier était sur le territoire de nos ennemis les Carçois !
Ne me demandez pas pourquoi nous sommes ennemis, cela remonte à … personne ne le sait. Croyez moi c’est réciproque, cela donne quelquefois de bonnes bagarres sur le stade de Foot, mais maintenant moins, les jeunes « SonyPS2 » préfèrent se battre pars SMS interposés, même qu’Orange en voit rouge.
Je connais des jeunes de chez nous qui se sont mariés avec des Carçoises, et bien ils sont grillés, nenni point de retour au village, il a trahi, donc il devient Carçois pour toujours, même s’il divorce, à vie on lui dira « toi le Carçois ».
Carcès la rivale et ennenmi
Donc ce bon médecin après avoir vu notre pôvre jardinier déshydratée tint à peu près ce langage en s’adressant au paysan :
- il faut un peu qu’il se repose, donnez lui à boire de l’eau et du lait de poule (jaunes d’œufs battus avec du sucre et du vin rouge), des choses consistantes, de la bonne viande rouge et bientôt il sera comme neuf.
Martin le paysan, était comme tous les paysans près de ses sous et assez pingre.
- mais la viande rouge ça coûte cher, vouzavé pas une bonne grosse piqûre qui le remette sur pied tout de suite ?
- mon brave Martin cela n’existe pas, et l’entraide humaine qu’en faites vous ?
- bon dans deux jours il a intérêt de marcher, je vous donne une bonne lébrasse (un lièvre) pour votre déplacement parce que en ce moment on est un peu juste !
Le médecin était habitué à ce monde, il était du pays et savait les pratiques en usages, il était souvent payé en nature. Il conseillait de ne pas trop manger de gibier à ses patients (le gibier était de la viande gratuite pour les paysans de l’époque) mais de consommer un peu de viande chrétienne (viande de boucherie) de temps en temps, pour limiter les crises de goutte .
Heureusement un jour il avait recueilli un garçon qui lui servait de domestique, un mal nommé Jupiter, un peu gibbù (bossu) de naissance, ce n’était pas une lumière mais il savait préparer le gibier divinement. Alors comme d'habitude il allait faire pêché de gourmandise.
Une fois le médecin parti, le Martin essaya de retaper le jardinier le plus rapidement possible, vous m’avez compris !!!
-de la viande rouge , non mais, on mange que des cèzes (pois chiches) toute l'année, et mossieur , il lui faut de la vainde rouge !
Mais Martin le grognon fit ce qu'avait dit le médecin.
Comme tous les samedi matin Martin descendit au village de Carcès chercher son pain pour la semaine. La première personne qu’il vit lui dit :
- bé oui le fada que tu as trouvé dans la colle (colline) ! Il est de Cotignac !
- ohhhh salooope ! sale con de putain de merde ! (Vous voyez on sait faire des phrases sans verbe en Provence)
Sa femme habituée aux mots doux de son mari croyait qu’il parlait au chien.
- qui tu cherches, minou ?
- l’e……….. que je viens de nourrir sous mon toit (remarquez je et mon) avecquedelabonnevianderouge.
- mais il est parti pendant que tu étais au village, où tu as mis le pain ?
Je vous laisse deviner la suite de la conversation : juste le doux gazouillis d’amoureux.
Notre jardinier à peu près remis était retourné dare dare vers son village, il c’était enfin rendu compte qu’il était sur de terres Carçoises. Son idée était de retourner chez lui et de s’équiper un peu mieux pour continuer à chercher son Choucou.
Il prendrait la vieille balle qui faisait couic couic, car les sanglier on un bon odorat et une ouie excellente. Une cape et un chapeau, de l’eau, du vindans l'autre outre, quelques figues sèches et 4 amandes, et …..
Chemin faisant la liste s’allongeait, mais il ne s’en apercevait pas. Pour lui le plus pressant était de retrouver Choucou.
Il traçait au plus court, plusieurs fois il raspailla (déraper) sur les clavuns (petit cailloux), encore une colline et il verrait son cabanon.
Cotignac la douce, blottie contre sa falaise
La draille (petit sentier) descendait maintenant, tout d’un coup il se fit renverser par un boulet de canon, c’est vrai qu’il n’était pas gras, choucou comme un chien fou l’avait renversé.
Et oui notre petit choucou après sa longue course, effrayé par le coup de feu, qui l’avait éloigné un temps du cabanon, était revenu vers le seul endroit qu’il connaissait.
Bien sûr il avait un peu farfouillé partout dans la maison en quête de nourriture facile, mais un sanglier se contente de peu.
Et puis il avait attendu que son maître revienne, il avait peur de la colline et de ses habitants grognons, c’était la seule solution qu’il avait trouvée dans son petit cerveau.
Le petit cabanon à choucou, bien abandonné maintenant
Maintenant Choucou était content, son maître était là, il le poussait avec son groin, et notre Jardinier pas trop gaillard sur ses jambes avait du mal à contenir cette grosse boule de poil qui ne connaissait pas sa force.
Ce soir là ce fut un festin pour tous les deux, même les champignons en bocaux y passèrent.
Pour une fois encore ces deux amis partagèrent la même couche, comme lorsque choucou était encore marcassin tout tremblant contre la veste du jardinier. Ils dormirent heureux du sommeil des innocents.
Un heureux petit marcassin avec sa mamam
Si vous voulez je peux raconter la suite, le retour du jardinier au village, son récit en terre Carçoises, ce que devint choucou par la suite….












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