Publié le 28 Mars 2012

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Histoire en 2856 épisodes                                                   1/2856
Exraits tirés du livre :
"Comment inventer des histoires avec rien"
Editions Jupidort
 

 

Tout d’abord quelques précisions : cela se passe dans mon village au début des années 50, j’étais encore un pitchoun gari* à cette époque, et c’est bien plus tard que cette histoire vraie me fut racontée. La personne à qui est arrivée cette histoire est encore en vie.

 
 

Attention, j’enrobe l’histoire, autrement elle ne fait que dix lignes.

 

 

A la sortie de la guerre de 45 et même après, la vie était encore rude dans nos campagnes, certains se souviennent peut être encore du bouillon de corbeau, souvenir peu réjouissant.

 

Recette du bouillon de corbeau

 

L’on peut tirer un excellent bouillon des corbeaux (berk).

 

Il suffit pour cela de les plumer et vider, d'attendre qu'ils soient mortifiés*, de les saler à dose convenable, et de les faire bouillir jusqu'à ce que tout leur suc soit passé dans l'eau.

Le bouillon qu'on en retire est de la meilleure qualité, et l'on peut s'en servir pour tous les potages (re-berk).

* Une viande mortifiée est une viande soumise à un commencement de décomposition pour l'attendrir (vomir)

Tout cela pour vous dire qu’ici on mangeait encore les pies et les geais,  en fricot avec des olives et pommes de terre, tout en sachant que ce sont des oiseaux opportunistes et à la limite charognards.

 

Oui, Jupi a mangé du fricot de geais, mais il y a très longtemps, maintenant je les laisse manger mes cerises en toute impunité.

 

Donc, revenons à notre brave chasseur un peu simple* qui s’appelle Marceou*. Il chassait comme tout le monde avec son vieux fusil à piston, antiquité héritée de son grand-père.

Il faut dire que les chasseurs chassaient pour amener de la viande gratuite à la maison.

 

Mais oui vous connaissez, ce sont ces vieux fusils que l’on recharge par le canon. Un peu de poudre, un bout de papier journal (comme ça les oiseaux manqués peuvent lire les nouvelles fraîches au passage, genre armistice de 14/18) puis on tasse avec la baguette, un peu de plomb en grenaille, encore un peu de journal (de cette façon les oiseaux peuvent lire l’autre page), puis on vérifie si les petites cheminées d’amorçage sont bien remplies et on met une amorce.

Ensuite on attend le gibier, et puis Pan ou Pchuiiiit et Boum,  oui pchuiit cela veux dire que la cheminée était mal remplie et que le coup va partir, mais pas tout de suite, cela fait tout drôle de rester le fusil épaulé en train d’attendre que le coup parte, surtout si c’est un Tyrex Malinus Malinus en face de vous, je sais ils sont herbivores, et alors, les taureaux dans les arènes aussi.

 

Bon, prenons le coup du Pan sec et franc, là encore vous aurez des surprises, avant l’invention de la poudre T sans fumée, la poudre fumait énormément. Au bout du canon du fusil se formait un petit nuage blanc/gris opaque et vous ne saviez pas si le gibier était touché et si vous deviez utiliser le cas échéant le deuxième coup.

 

Donc la technique, était de faire quelques pas en avant pour traverser ce nuage digne des fumigènes des CRS  (chasseur rapide et sûr) et de taper dans la patte du Tyrex. Attention « Tyrex pas content n’a jamais mal aux dents ».

 

Stooooooooooop !!!

 Retournons chasser lou Gay* tranquillement, je vous parlerai des œufs de Tyrex plus tard, œufs indispensables pour faire une bonne brouillade de rabasses*.

 

Donc Marcéou, prenais son fusil, son carnier* sa quille de rouge, deux beaux oignons blancs du jardin, un bout de pain et quelques amandes, avec cela il devait faire tout de même quelques kilomètres pour retrouver son coin à gay, (non, il n’allait pas à la love parade) et rester la journée entière afin de remplir sa besace.

La suite demain.............


*pitchoun gari : petit garçon, ou petit rat.

*simple : tous les villages ont un simple ou plusieurs, mais plusieurs cela fait des doubles, putaing, je vais pas en sortir.

*Marcéou : Marcel.

*lou gay* : le geai.

*rabasse : truffe noire, fruit abondant et peu cher.

*carnier : besace en cuir pour mettre la carne, heuuuuuuu !!!!

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Rédigé par chasse

Publié dans #Galèjades

Publié le 24 Mars 2012

 Un délice pas cher


Cette recette n’a rien d’original,( mis à part l'emploi de cosses de fèvettes en lieu et place de petit pois primeurs qui n'ont pas survécu à l'hiver et au printemps pourri) mais c’est un régal en Provence, une recette de famille qui se réalise vers la  fin du printemps à cause de la venue de ces légumes, et seulement à cette période. Les légumes qui composent ce petit ragoût, sont de première importance. Ils doivent être frais et jeunes, ils conditionnent à eux seuls la qualité gustative de ce plat rustique mais délicieux. toutes nos mémés faisaient ce plat, il reste ancré dans ma mémoire et mes papilles.

 

 

Ragoût printanier

 

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Il vous faudra :

 

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- des   petits artichauts Violets de Provence du jour, et surtout pas de gros artichauts de Bretagne qui modifieraient le goût, notez que je n'ai absolument rien contre les artichauts bretons.

- des  toutes petites carottes  arrachées toutes fraîches du jardin, rincez-les seulement, ne pas lever la peau.

- 100 gr ou plus de lardons blanchis

- des pommes de terre moyennes nouvelles, coupées  pas trop gros , ou quelques petites rondes.

 - 1 oignon blanc moyen   
 - 1 gousse d’ail frais pelée écrasée avec le plat du couteau.

- 1 toute toute petite branchette de thym* (attention pas de laurier).

 - 1 demi citron (pour empêcher les fonds de noircir).  
 - 1 poignée de petits pois primeurs (garder quelques fanes tendres). Cette année je les ai remplacés par des cosses de févettes du jour, voir explication plus haut

 - des petit coeurs de laitue (optionnel)

- 1 branchette de thym

- 1 noisette de beurre et un peu de farine pour une légère liaison

- Sel, poivre

 

Si les artichauts cueillis ont quelques pucerons c'est pas grave , plongez-les dans une bassine d’eau additionnée de vinaigre.

 Émincez finement un oignon blanc et faites-le revenir doucement dans une cuillère d’huile d’olive

Tournez les fonds d'artichauts correctement, , citronnez-les et réserver dans de l’eau fraîche , mais pas  longtemps tout de même. Comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessous ils ne sont pas vraiment "tournés" mais coupés juste un peu plus haut que le foin qui est en réalité inexistant pour ces artichauts délicieux et tendres

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Mettre dans le poêlon  les pommes de terre coupées en morceaux (grosseur d’une noix),  les morceaux d’artichauts, les carottes, la minuscule branchette de thym, la gousse d’ail écrasée sommairement puis les lardons blanchis. 

Saler très très légèrement quitte à rectifier à la fin.

Ajouter 3 ou quatre cuillères d’eau et faire suer doucement à couvert 7 à 8 minutes environ, puis couvrir d’eau tiédie (attention pas de bouillon ou de fond,  les légumes seuls suffisent à donner leur plein arôme) un petit doigt seulement au-dessus des légumes.


version 1 :Ajouter le cœur de laitue et quelques fanes de petits pois dont vous aurez au préalable retiré la petite peau extérieure, avec le coin de l’ongle, ou en cassant simplement la fane à son extrémité et tirer la peau comme les fils des haricots verts.
version 2 : Choissez les févette les plus tendre et vertes, levez les deux parties comportant les fils comme ceci
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Levez le duvet intérieur
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Les faire cuire à blanc 5 minutes , les rafraichir ensuite et réservez les
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En procédant ainsi vous préserverez la couleur
Continuons :
 Laisser cuire doucement à découvert, surveillez les légumes en les piquant, ils ne doivent pas fondre, se sont des légumes délicats.   
Ajoutez vos peau de févettes 5 minutes avant la fin de cuisson
 Rectifier l’assaisonnement et poivrez en dernier
 Dans un petit récipient  (bol par exemple) préparer une petite liaison avec le jus de cuisson, un peu de farine et une minuscule noisette de beurre. (Koooooooooooooâ du beurre, et ben oui).
 Lier le tout délicatement.   
 C’est tout.  

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