Bien sûr cela n'était que des paroles.
Entre dire et faire, en Provence il y a des Kilomètres.
Notre brave jardinier, n'avait que faire de ces racontars, Oui il savait. Sans aller au village, il savait et imaginait bien ce que le village disait.
Tout se sait même au plus profond de nos collines les plus sauvages et reculées.
je vais un peu sortir de sujet pour vous expliquer un cas curieux.
Les feux de forêts dans le Var vous connaissez. Les milliers d'hectares calcinés , un hectare c'est environ un stade 100 m x 100 m.
20 000 hectares, c'est déjà pas mal du tout, genre le feu qui a ravagé la forêt des borrels entre La Londe les Maures et Pierrefeu du Var.
Cette semaine que dura le feu à cause d'un funeste erreur de notre "Capitaine 20 000" beaucoup de pompiers furent sur place très longtemps .
Donc vous êtes un pompier au milieu de cette étendue toute noire sans âmes qui vivent et il vous prend l'envie de faire popo. (wouah c'est normal non).
Donc vous cherchez un coin tranquille est discret derrière un buisson qui n'existe plus. Donc vous faites un peu de marche à pied pour vous cacher dans un repli de terrain, et la faites votre
bonne action.
Dans la minute qui suit, alors qu'il n'y a que du noir , de la cendres, des restes de fumées de souches en feux à des kilomètres à la ronde "arrive la mouche bleu ou verte" , non pas la commune ,
celle là.
D'où !!!!!!! elles ont un satellite , ou quoi.
Tout cela pour vous dire que dans la colline vous n'êtes jamais tout seul.
Tiens voilà deux pipelettes qui ramassent des champignons dans un coin perdu et qui déballent toutes les salades et ragôts du village.
Elles feraient mieux de parler bas, car notre jardinier n'est là pas loin ramassant des glands pour son choucou.
Ce qu'il attend ne le rassure pas:
- tu crois qu'il est mort ce vieux couillon ?
- pense toi il a dû se trouver un radasse*
- c'est vrai, il fait ses courses en galère, il achète des douceurs ( choucou raffolait de bonbons), des habits aussi.
- Mazette il va falloir que j'espinche* un peu pour la voir cette radasse
Bon dieu , les femmes! il le savait! pourtant, sa marraine Toinette lui avait recommandé maintes fois de bien choisir et de toujours se méfier, même une fois marié.
Elle avait raison. Ce couillon avait tellement bien réfléchi qu'il était resté célibataire.
Il ne voulait pas que les gens rodent autour de sa campagne pour guetter une Hypothétique femme.
Il prit son courage et se rendit au Bar pour inventer un quelconque mensonge, plus gros il est , mieux il passe, il paraît.
Dès qu'il mit le premier pas dans le Bar le silence se fit : tous les clients le fixèrent comme un revenant. Faut dire qu'il ne s'était pas regardé dans un miroir depuis longtemps, il était
maigre, sale , crotter , barbu et chevelu, ne parlons pas des vêtements.
Il y avait les habitués du Bar , bien sûr , dont "la loi" entretenant sa cirrhose au Genépis.
Le jardinier avait déjà préparé son mensonge tout au long du chemin.
- oh, cafetier de mes deux donnes moi un bon coup de fine* !
- ça vas pas t'é malade ? on te croyait mort!
- non il faut que je décrasse l'intérieur.
- sans dire; mais l'extérieur aussi.
- quoi quécequejé !!
- non rien, fit le retors commerçant.
- bon elle vient cette gnôle, il faut que je démonte la tronche, cette garce est partie enfin !
Il était arrivé à glisser sa phrase mortelle, comme il voulait.
- qué garce , glissa la loi?
- tu sais bien ce que je veux dire!
- non ! il y avait une femme chez toi, pas possible!
Le plancher craquait et l'air croustillait de plaisir en attendant la suite. Ah si les murs des Bars pouvaient parler.
- ah bon tu savait pas ? premier verre cul sec.
- tu veux rire ou quoi ? une femme chez toi laisse moi rire, t'a vu comme té fait et à quoi tu ressemble, "sèmble un pouar" (tu ressembles à un porc, mais porc en provence veux dire sanglier)
Deuxième verre, celui la c'était pour reprendre vraiment des force.
Tout le monde s'estrassait* de rire.
Toine lui porta le coup de grâce.
- pour moi tu couchais avec une truie (je ne vous met pas le mot en Provençal car c'est difficile à prononcé et à écrire) dans l'état que tu es je vois que ça.
- au fait c'est une porcasse* le sanglier que tu gardes (insulte suprême) ou c'est un pouar* ?
Toute sa minable mise en scène s'écroulait . Il avait la tête échauffée par les deux verres de fine dont il n'avait pas l'habitude.
- je te dis quelque chose lorsque tu vas espincher* les lavandières se laver à la "Fouan d'Amour" (fontaine d'amour), sale bordille, et quand tu vas voir Finette lorsque son mari est à
Marseille.
Oh putain, merde ! il y avait le mari de Finette dans le bar ce jour là !!!!
à suivre
CHEZ NOUS AU QUÉBEC, LES TEMPS NE SONT PAS ...*SYMPA* ADMETTONS , PLUIE SANS ARRÊT, ET SOLEIL -ZÉRO- ALORS LA , LES AGRICULTEURS EN BAVENT ET LES TOMATES À UN EURO POUR DEUX...OUF LES GARS, ÇA TRIME DUR LA MOUILLE ... ENFONCÉ AU JARRET DANS LES TERRES TREMPES , POUR RAMASSER CE QUI EST À POINT MUR , ET PAR LE PLUS SOUVENT POURRI... ... C'EST LA DÈCHE , OU PIRE, LA DÉFONCE..
...LES CULTIVATEURS S'ENFONCENT LES CHEVILLES POUR RÉCOLTER... AH, LA CHALEUR ET LES PLUIES SONT DES MAUVAISES AMIES, PARFOIS ...JE VAIS LEUR EN SACRER UNE... TIENS TOI-BIEN , ÇA VA FAIRE MAL, CAR MOI , QUAND JE N'EN PEU PLUS, IL Y A DES RÉGISTRES QUI EN SOUFFRENT... TU AS VOIR .. ILVA Y AVOIR DE LA CASSE...