Les traditions de Noël en Provence

Publié le 20 Décembre 2015

C'était quasiment le début du Blog , le vrai début était je pense était  juin 2004. A cette époque, je ne me cassais pas la tête, il y avait beaucoup de "SOURCE le NET"

Cet "article est long et risque fort de vous gonfler

 

Bon, je vais essayer de vous promettre que peut être, je mettrais la recettes des biscuits de Noël

Les traditions de  Noël en Provence

On est au USA et là, ils ne font pas les choses à moitié - https://vimeo.com/476415

Source Ville d'AIX EN PROVENCE

Dans ses « Mémoires et Récits » Frédéric Mistral dit « que la veille de Noël on dételle tôt ». Cette coutume est toujours respectée (l'après­-midi du 24 décembre étant souvent chômé). Le 26 décembre, lendemain de Noël, est jour férié en Provence.

Mais le point fort de cette fête demeure le soir du 24 décembre avec toutes ses croyances, ses superstitions, ses coutumes qui viennent du plus profond de la Provence ancestrale.
Les provençaux célèbrent Noël avec dévotion, ils vénèrent l’héritage parvenu de la nuit des temps et savent ce que veut dire « TRADITION ».

 (1) jour où l’on met les graines de blé à germer dans les soucoupes «sietoun», qui seront, plus tard, déposées sur la table et dans la crèche ; c’est jour de foire à Aix…

Le blé de mémé mounic

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La table

La table du soir de Noël doit être dressée à l’aide de trois nappes blanches ; y figurent trois chandeliers, trois « sietoun » de blé. Y figure également le pain calendal (fait de pure farine de blé), formé d’une boule centrale avec douze autres autour ; il  est  piqué  en  son  centre de verbouisset (petit houx des collines) symbole de renaissance. Et en fin de repas les treize desserts. Les chiffres trois et treize lors des fêtes calendales affirment sans cesse l’évidence religieuse.

Le chiffre 3 rappelle la Sainte Trinité :

­trois nappes.

­trois soucoupes de blé.

­trois chandeliers.

­trois tours de table avant de poser « cacho fiò ». 

­trois aspersions de vin cuit sur la bûche. 

 

Le chiffre 13 symbolise le Christ et les apôtres

­le pain calendal. 

­les desserts.

 Les trois nappes :

 Le repas de la veille de Noël, le « gros souper », est servi sur une table recouverte de trois nappes blanches.  La nappe blanche est marque de grand cérémonial, de fête et signe de pureté. Au  moment de partir à la messe de minuit ou d’aller se coucher pour ceux (les  anciens souvent) qui ne s’y rendent pas, la table reste mise avec ses desserts ; on prend soin, alors, de relever les quatre coins des nappes afin d’empêcher les mauvais esprits d’y grimper et de jeter des sorts aux victuailles. En effet une communion avec les disparus s’instaure ce soir là et on sait que, lorsque la pièce principale où est dressée la table sera vide, les âmes des défunts viendront à leur tour partager les desserts.

Au retour de la messe, il n’est pas interdit de grignoter encore les desserts. Les nappes auront été remises en place au préalable mais elles seront encore relevées au moment du coucher. Soyons catégorique, la tradition provençale ne connaît point de réveillon.

Blé de Sainte Barbe :

Blé semé le 4 décembre, dans des soucoupes, « sietoun ». Ils ornent la table et la crèche. La qualité de la germination et de la croissance du blé sera la prédiction d’une année plus ou moins prospère. Cette coutume, héritée de la Provence romaine, où l’on faisait germer le blé en décembre pour marquer le renouvellement de la nature dans la phase du solstice d’hiver, est, à l’évidence aujourd’hui, une des traditions calendales la mieux conservée.

Les chandeliers :

Les  trois  chandeliers  de  la  table  du  soir  de  Noël  ne  sont  pas  là  comme  décoration,  mais éclairent tout naturellement la table. Nous retiendrons seulement que ce soir là si la flamme tournait vers quelqu’un, cela était de mauvais augure… Aujourd’hui, l’électricité nous éclaire mais les chandeliers demeurent, immuablement, sur la table le soir du 24 décembre.

La place du pauvre :

 Dans certaines familles une place est réservée à la table de Noël au cas où un malheureux se présenterait ; dans d’autres on réserve seulement une part. D'ailleurs autrefois la porte de la maison n'était jamais verrouillée ou «barrado» (fermé avec la barre) le soir de Noël.

Roses de Noël :

 Autre tradition de Noël : la « Rose de Jéricho » dite « rose de Noël », « Rose de Judée » ou « Fleur de Judée ». C’est un crucifère dont le nom scientifique est Hellebore noir ; placée dans un verre d’eau, elle s’épanouit pour être exposée sur la table de Noël. Son épanouissement dure cinq à dix jours. Retirée de l’eau, la plante se recroqueville à nouveau et peut resservir des années durant.

Cette  plante  figure  nettement  sur  la  liste  des  objets  de  dévotion ; elle a donc une  valeur religieuse, un caractère sacré reconnu. Les premières roses auraient été importées par des pèlerins ou des croisés.

Lou cacho fiò

Juste avant le « gros souper », le plus vieux (3) et le plus jeune (4) de la maison portent une bûche  d’arbre  fruitier  vivant  ou  mort  dans  l’année  (le  choix  de  l’arbre  fruitier,  c’est la fécondité  de  la  terre,  le  symbolisme  du  renouveau).  Ils  font  trois  fois  le  tour de la table familiale et déposent la bûche dans la cheminée, sur les braises incandescentes : cette bûche, en fait, écrase le feu : « cacho fiò » (5). Le plus âgé l’arrose alors de vin cuit, par trois fois, ce qui enflamme la bûche : « bouto fiò » (met le feu) (6). C’est au moment de cette action qu'il prononce les paroles sacramentelles immortalisées par Mistral : Cacho fiò, Bouto fiò, Alègre ! Alègre ! Mi bèus enfant, Diéu nous alègre ! Emé Calèndo tout bèn vèn… Diéu nous fague la gràci de vèire l’an que vèn, E se noun sian pas mai, que noun fuguen pas mens ! (7)

(3) l’aïeul

(4) le « cago­nis »

(5) « cacho fiò » vient du verbe « cacha » qui signifie « écraser » en provençal

(6) « bouto fiò » vient du verbe « bouta » qui signifie « mettre » en provençal

(7) A la bûche ­Transmet la flamme ! ­Allégresse ! Allégresse, ­Mes beaux enfants, que Dieu nous comble d'Allégresse ! Avec  Noël, tout bien vient : Dieu nous fasse la grâce de voir  l'année  ­­prochaine. ­Et, sinon plus nombreux, puissions ­nous n'y pas être moins.

 

Le gros souper

Evoquer le « gros souper » n’est pas chose facile. C'est un repas conséquent mais maigre qui commence vers 19 heures. Il réunit toute la famille. On aura gardé pour ce soir là les meilleurs produits. Il est composé d’un nombre important de plats maigres, sept étant le nombre parfait en réminiscence des sept douleurs de la Vierge. Les mets sont préparés avec soin, variant tout comme  les  desserts, d’une famille à l’autre, d’une contrée à l’autre,  selon le terroir, les productions, les classes  sociales.  Le  tout  confondu,  la  liste  pourrait  être  longue…  Nous citerons  pêle­-mêle :  les escargots, les gratins de légumes  (épinard,  chou­fleur),  la  carde, l’aïoli,  les  poissons  (loup,  muge,  morue,  anguille),  les  omelettes (truffe, artichaut), la brandade, « l’anchouiado »… Les poissons sont généralement grillés, la morue ou l’anguille peuvent être préparées en « rèito »

(8), le  muge  préparé aux olives et tous les  légumes de maintes façons. Sept vins doivent être servis au cours du repas.

 

 

Les treize desserts

Les treize desserts seraient d’origine  marseillaise et paraissent inconnus avant le début du XIX éme siècle. D'ailleurs Frédéric Mistral dans ses « Mémoires » dit que le soir de Noël les desserts étaient nombreux sans préciser le chiffre treize. Leur composition est très variable d'une contrée à l'autre, en voici une liste non exhaustive.

 Obligatoires sont :

­la pompe à l’huile d’olive qui se déguste avec le vin cuit

les  quatre  mendiants :  figues  sèches  (franciscains),  raisins  secs  (dominicains), amandes (carmes), noisettes (augustins) ou noix. Si la couleur de ces fruits rappelle la couleur des robes des quatre ordres religieux qui vivaient de mendicité, il faut toutefois noter que ces vêtements et leurs couleurs ont évolué avec le temps.

­le nougat blanc, le nougat noir

­les dattes, seul fruit exotique admis, elles symbolisent le Christ et sont présentées dans le plus beau plat de la maison.

Puis, on peut citer : les pommes, les poires, les mandarines, les oranges, le raisin frais, les melons  d'hiver,  les  prunes  séchées  de  Brignoles  (pistoles),  les  chocolats,  les  fondants, les pâtisseries familiales, les confitures, les oreillettes, les tartes aux fruits…

(8) réito ou raito : espèce de capilotade faite avec du poisson frit à la poêle auquel on ajoute une sauce au vin et aux câpres, mets provençal dont on fait particulièrement usage la veille de Noël.

Actuellement, à Aix, on ne connaît pas un repas de Noël sans calisson. Ainsi l’association Fouque,  l’Escolo  Felibrenco  Li  Venturié,  les  Pâtissiers  de  la  Coupo  Santo  et  l’Union  des Fabricants des Calissons d’Aix ont décidés d'affirmer la particularité aixoise et d’un commun accord, en 1998, ces associations ont défini et déposé une liste précise des 13 desserts aixois afin  de  pouvoir  répondre  aux  demandes  de  plus  en  plus  nombreuses  qui  leur  arrivent journellement.

Ce travail a eu pour but de donner collectivement une liste de référence. Il ne s’agit en aucun cas, pour les initiateurs de cette démarche, de s’approprier les 13 desserts. Il était simplement urgent de valider une liste qui désormais fait foi et doit contribuer à éviter des erreurs et autres aberrations.

Voilà donc la liste de ces treize desserts aixois :

­Dattes

­Le gibassié (pompe à l’huile d’olive)

­Nougat noir

­Nougat blanc

­Les quatre mendiants : les amandes, les figues, les raisins secs, les noix (ou noisettes)

­Calissons d’Aix

­Pâte de coing

­Raisin blanc (servant)

­Melon de Noël (verdau)

Orange (ou mandarine)

 

Les 13 desserts sont grignotés pour occuper la veillée jusqu’à la messe de minuit. Les desserts restants seront consommés dans les jours suivants…

Le vin cuit

Les  treize  desserts  sont  accompagnés  du  traditionnel  vin  cuit.  Spécialité de Palette  (près d’Aix), commune du Tholonet, le vin cuit est commercialisé en 1822 par Ferdinand Houchard. Mais, devant le poids des taxes et tracasseries administratives, cette commercialisation sera arrêtée avant 1960.

Pour les provençaux nostalgiques de leur vin cuit, un courageux viticulteur le leur restitue admirablement depuis une trentaine d'années,  malgré  les difficultés qu’il a rencontrées  lui aussi…

 De fait, durant ces dernières décennies, le vin cuit ne venait plus de Palette mais de chez Monsieur Jean Salen, domaine Les Bastides au Puy Sainte Réparade. Nul ne l'oubliera même si actuellement, et depuis 5 ou 6 ans, d'autres producteurs se sont essayés avec bonheur à la fabrication du vin cuit. Ainsi ce produit qui a failli tomber dans l'oubli redevient actuellement à la mode, à tel point qu'un concours de vin cuit est désormais organisé tous les ans, c'est dire la qualité du nectar. Seul regret : il se dégage de cette évolution une impression de produit raffiné et d'exception qui l'éloigne de ses origines.

Lou sauvo­crestian (sauve chrétiens)

C’est avant le départ pour la messe de minuit que nos aïeux accomplissaient le rite d’entamer « lou fiscou » (9) de « sauvo­crestian » (10).

Deux recettes ou versions nous sont données : La première, celle que nous tenons de tradition familiale, est la macération de fruits de micocouliers (falabrego) (11) dans de l’eau de vie. La seconde est de Frédéric Mistral ; grains de raisins confits à l’eau de vie.

Autre particularité aixoise : la « fenouieto ». A Aix et dans les campagnes des environs, une liqueur connue sous le nom de fenouillette, eau de vie distillée avec de la graine de fenouil, est aussi la liqueur du soir de Noël.

 La messe de minuit

 

Après avoir avalé une gorgée d'une de ces liqueurs, est venu le départ pour la traditionnelle messe de minuit, souvent à pied. Au cours de cette messe, chantée en provençal, a lieu les offrandes des produits de la terre et de la mer, produits du paysan, du berger, du pêcheur. Il y a également le pastrage : l’agneau, dernier né de l’année, est enrubanné et porté soit dans une petite charrette tirée par une brebis et accompagnée de bergers soit dans les bras d'un de ces derniers. Pendant cet office sont chantés les célèbres noëls provençaux dont ceux de Nicolas Saboly : « Lei pastourèu », « Li a proun de gènt », « Pastre dei mountagno », « Pèr noun langui long dóu camin ». La messe de minuit est souvent précédée d'une veillée où se succèdent noëls, lectures et musique au galoubet­tambourin.

Aujourd'hui des messes de minuit sont encore célébrées dans la tradition provençale à Aix (église du St Esprit) et en Pays d'Aix. (9) le flacon (10) le sauve­chrétien est un digestif (11) le micocoulier (falabreguié en provençal) est un arbre du terroir provençal.

Autour de Noël

La pastorale

Les provençaux ne laisseront pas passer le mois de janvier sans assister au moins une fois, sinon  plus,  à  la  représentation  de  la  « Pastouralo ».  Les  pastorales  sont  nombreuses.  Paul Nougier en a recensé plus de deux cent cinquante. Il s’en écrit encore. Le drame le plus réputé est celui d’Antoine Maurel, de  Marseille, qui se  joue depuis 1844. C’est la représentation anachronique et extrapolée en Provence de la naissance du Christ, accompagnée de maintes péripéties. Les comédiens, tous amateurs, portent les costumes régionaux des années 1800­-1830, en usage avant que la vapeur facilite l’acheminement de la mode parisienne à travers nos provinces.

La  pastorale  Maurel  est  une  excellente  étude  des  mœurs  de  l’époque  dont  certaines  sont encore conservées. Parties de Marseille, les pastorales sont jouées maintenant un peu partout en  Provence,  mais  Marseille  et  le  Pays  d'Aix  en  restent  le  berceau  où  les  troupes  sont nombreuses.

Prenant la  suite du Cercle Saint Mitre en 1941, l'Effort Artistique donne tous les ans une représentation fort appréciée à Aix­-en-­Provence.

La foire aux santons

Depuis 1934, la foire aux santons propose aux aixois le large éventail de personnages qui prennent place dans la crèche. Les maîtres santonniers, des plus réputés, y ouvrent leur étal, le choix et la qualité se côtoient dans un égal bonheur.

La foire aux santons après s’être tenue en différents points de la ville (sur la place de Verdun il y a déjà plus de quarante ans) dresse aujourd’hui ses baraques au début de l’avenue Victor Hugo durant tout le mois de décembre.

La  ville  de  Marseille  possède  la  plus  ancienne  foire  aux  santons  (1803)  ;  elle  se  tient actuellement sur le haut de la Canebière.

D’autre villes ou villages ont également aujourd’hui leur foire aux santons et les expositions ou « foire » d’un jour ou deux se sont multipliées ces dernières années un peu partout.

Mais ces manifestations sont très éloignées des authentiques et ancestrales Foires aux Santons d'Aix et de Marseille.

La Foire aux Santons d'Aix, modeste mais d'une qualité rare, demeure sans nul doute la plus belle  vitrine de  l'art santonnier. Son  inauguration,  le dernier dimanche de  novembre ou le premier de décembre, est précédée par  la traditionnelle  messe des santonniers célébrée en provençal et animée par des chants provençaux et galoubets et tambourins.

La crèche

La crèche est mise en place sur un meuble de la pièce principale de la maison, on la trouvait autrefois très souvent sur la « mastro » (le pétrin) (*).

 

 

 

D'accord la mienne n'est pas terrible

D'accord la mienne n'est pas terrible

Elle reste en place du 24 décembre au 2 février. Doivent obligatoirement y figurer : Enfant Jésus, Sainte Vierge, Saint Joseph, le bœuf, l’âne, l’ange Boufarèu, les trois rois, les bergers, puis au cours des années on peut ajouter le ravi, le meunier, le rémouleur, l’aveugle et son fils, le tambourinaire… Tous ceux qui portent fruits, légumes, bois, tous les petits métiers d'antan et activités agraires en Provence dans  la première  moitié du XIXème siècle. Le nombre de santons est illimité. On dispose aussi étable, maisons, moulin, pont… troupeau.

Attention à la perspective, ne pas mélanger les santons petits et plus grands. Tenir compte que les accessoires soient à peu près à l’échelle.

Sont nécessairement interdits dans une crèche traditionnelle provençale, tout objet en matière plastique  ou  tout  sujet  anachronique ;  également,  jamais  de  guirlandes  étincelantes  et multicolores. Les matériaux utilisés pour la construire doivent être naturels : pierres, terre, verdure, mousse, sable, branches… Des cartons supportent généralement le relief.

Recommandations particulières :

­Placer l’Enfant Jésus dans la nuit du 24 au 25 décembre ­mise en place des Rois le jour de l’Epiphanie (aujourd’hui, le premier dimanche de janvier mais en fait… toujours le 6 !).

Puis ne pas oublier de faire figurer dans la crèche provençale : le « sietoun » de blé de Sainte Barbe, une veilleuse, une étoile.

(*) Précisons, n'en déplaise à certains, que le sapin de Noël n'est pas provençal, il n'existe pas dans notre tradition. Le sapin et sa décoration, exportés des régions germaniques et nordiques, eurent pour but à l'origine d'apporter la lumière qui faisait défaut à cette époque de l'année, cette lumière dont bénéficie naturellement la Provence…

Les santons

Santon vient du mot provençal « santoun » (petit saint), nom donné en Provence à des petits personnages d’argile. Son créateur est un marseillais, Jean­ Louis Lagnel.

Lorsque la Révolution interdit l'accès aux crèches présentées dans les églises, les provençaux inventèrent la crèche familiale : l'artisanat du santon était né.

Le santon, en argile, puis décoré, fabriqué à partir de 1800, succéda aux santons habillés dits « d’église » et aux santons articulés des crèches parlantes, tous de très grande taille. Sa taille s'échelonne entre deux et vingt centimètres.

La  plupart  des  santons  habillés  d'aujourd'hui  n’ont  absolument  rien  de  comparable  ni  de commun  avec  ceux  antérieurs  à  l’apparition  du  santon  d’argile,  bien  que certains  soient remarquables.  Cela  mène  quelques  puristes  à  considérer  seul  le  santon  d’argile  comme véritablement traditionnel.

Le santon traditionnel décoré est fabriqué avec un moule en plâtre en deux parties (le devant et le derrière), qui a été lui­même fabriqué à partir d’un premier modèle fait entièrement à la main par le santonnier. Une fois sorti du moule, le santon subit des retouches et l’ébarbage (faire  disparaître  les  défauts  et  les  jointures  du  moule).  Le  santon  séchera  lentement.

Autrefois, le santon était alors terminé, après une décoration à la peinture à l’eau ; il était donc en argile crue (non cuite) et très  fragile.  Aujourd’hui,  la technique a évolué ;  bien sec,  le santon sera mis au four et cuit à 900° avant d’être décoré avec des peintures spéciales, ce qui rend le santon actuel très solide et généralement lavable, tout en respectant une fabrication suivant les mêmes méthodes depuis près de deux siècles.

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Rédigé par jupiter

Publié dans #Remontons le temps

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Lou vièi gardian 24/12/2015 00:31

En petit cadeau de Noël, une historiette de ma femme (qui aime beaucoup les animaux) "Soir de réveillon"...
C’était une belle nuit de Provence, au ciel clair, sans un nuage qui vînt ternir le pur éclat des étoiles. C’était une belle nuit figée de givre, nettoyée de mistral. C’était une belle nuit de paix…C’était la veille de Noël.

Au mas, on avait semé le « blé de la Sainte Barbe », dans trois petits sietoun (assiettes). Si pour Noël le blé a levé et se dresse bien vert, la récolte de l’année sera bonne. Les enfants avaient installé la crèche, qui chaque année s’enrichissait de quelques santons, recréant la vie des paysans de chez nous. Au milieu du petit village, sur les collines de papier froissé, les garrigues aux arbres figurés par du thym, les éclats de miroir devenus étangs, tout ce petit monde semblait vivant, on avait l’impression que la poissonnière vantait ses rascasses, que le gendarme venait de mettre la main au collet du boumian, que le tambourinaïre allait vous donner l’aubade et que les belles Arlésiennes allaient se lancer dans la farandole…

Ce matin, on avait dressé la table selon le rite calendal (Calendo, c’est Noël), avec les trois nappes, les trois chandeliers, les trois sietoun de blé qui évoquaient la Sainte Trinité. Les treize desserts, qui rappelaient la dernière Cène, et pour le « gros souper », sept plats maigres en mémoire des sept douleurs de la Bonne Mère.

Dans la cheminée flamberait tout à l’heure la bûche de Noël, une belle bûche choisie avec soin, car elle devra se conserver jusqu’à l’Epiphanie, ensuite les restes en seront conservés pour protéger la maison et les terres de la maladie, du feu et des orages. Elle doit venir d’un arbre fruitier toujours, mais jamais de figuier qui est l’arbre auquel Judas s’est pendu…

La veillée familiale commença par la cérémonie du « cacho-fio », l’allumage de la bûche. Après avoir fait 3 fois le tour de la table, portée par le plus vieux et le plus jeune de l’assemblé, elle fut déposée dans l’âtre, aspergée par trois fois de vin cuit par le petitou, tandis que l’aïeul récitait la formule traditionnelle : « Cacho-fiò, bouto fiò…Alègre, alègre, Dièu nous alègre…Calèndo vèn, tout bèn vèn…Dièu nous fague la gràci de veire l’an que vèn, e se noun sian pas mai, que noun fuguen pas mens… » Ensuite, la famille s’assit autour de la table, pour partager joyeusement le gros souper. Comme le veut la tradition, on avait mis un couvert de plus sur la table : c’est le couvert du pauvre. Depuis toujours, si un pauvre frappait à la porte en ce soir de veillée, on le faisait entrer, asseoir à la table de la famille et on le servait de même que s’il en faisait partie. Bien sûr, de nos jours, il n’y avait plus guère de pauvre qui venait frapper à la porte. Mais le couvert était mis tout de même. Et ce soir là, précisément, on frappa à la porte. Ou plutôt, ce fut un coup sourd, un seul, contre le battant. Le maître se leva pour accueillir l’arrivant, il ouvrit la porte mais il ne trouva personne…C’est alors que, baissant les yeux, il vit à ses pieds un chien qui, poussé sans doute par le mistral, était venu cogner la porte et restait affalé sur la pierre du seuil. Un pauvre chien comme en on en voit souvent qui traînent dans la cour des mas ou qui accompagnent les pastres, bêtes au poil rêche et hirsute, mélange de tant de races qu’on ne les reconnaît plus…Un vieux chien, à ce qu’il semblait. Etait-il perdu ? L’avait-on jeté sur la route parce qu’il ne servait plus à rien ? La pauvre bête n’aurait pu le dire, mais ses yeux contenaient toute la détresse du monde. Alors le méstre ouvrit tout grand la porte « Vé, on l’aura tout de même, noste paure ! » Le chien se glissa à l’intérieur, la tête basse. Osco segur que ça ne devait pas lui arriver souvent d’être bien accueilli. On le fit approcher de la cheminée, on lui servit une belle écuelle de pâtée qu’il avala de bon cœur, mais en jetant de temps en temps un petit regard furtif autour de lui. L’écuelle vidée, il se coucha, les pattes repliées, avec un soupir d’aise. Qu’il faisait bon être là, le ventre plein, bien au chaud, loin des assauts du mistral qui vous glace et vous rebrousse le poil, sans les cailloux du chemin qui meurtrissent les pattes…Parfois, un des enfants se levait, posait sur son dos sa petite main en une rapide caresse. Le vieux chien se prenait à rêver un instant qu’il était le chien de la maison…

Vint l’heure de se mettre en route pour la messe de minuit. Quelqu’un fit remarquer que tout de même, ce chien, on ne le connaissait pas, on ne savait rien de lui, on ne pouvait pas le laisser là, seul, dans la maison. Alors, tout doucement, on le fit lever, on le mena vers la porte « Il faut bien t’en aller, mon beau… » Il s’assit au coin du seuil, écouta la porte qui se fermait sur la salle bien chauffée, regarda la famille s’en aller. Son bonheur aurait été de courte durée. Au loin, une cloche sonna. Elle égrenait les douze coups de minuit…Une voix parvint au vieux chien « Viens, viens par ici…Viens avec nous… » De la grange, un petit âne gris, comme il y en a partout dans notre Provence, l’appelait. Il ne s’étonna pas plus d’entendre parler un âne que de s’entendre répondre lui-même « Je viens ! ». Il entra dans la grange : l’âne, les moutons, les chèvres, un vieux biou au mufle grisonnant…Toutes les bêtes de la maison, même la basse-cour, se trouvaient là et lui firent place. Puis toutes s’agenouillèrent, et commencèrent à parler. Parce qu’en Provence, on sait que la nuit de Noël, les bêtes reçoivent le don de la parole, en souvenir et reconnaissance de ce que l’âne et le bœuf ont réchauffé le petit Jésus dans la crèche. Mais malheur à celui qui tenterait de les épier ! La mort serait son lot. L’âne dit au vieux chien « Tu sais, en souvenir du petitou qui est né cette nuit, nous avons le droit de faire un vœu. Toi aussi, tu en as le droit… » Alors du fond de son cœur, le vieux chien souhaita une chose qui lui sembla folle : avoir une maison où on l’aimerait, d’où il ne devrait plus jamais s’en aller, jamais…« Pichot Jèsu…Toi qui es né cette nuit pour faire le bonheur des hommes, est-ce que tu ne pourrais pas aussi faire le bonheur d’un vieux chien comme moi ? Alors je te le demande, donne-moi une bonne maison… ».

Quand la famille rentra, on partagea les restes des 13 desserts, on but le vin cuit, on chanta les vieux noëls provençaux. Puis chacun alla se coucher. Personne ne remarqua que dans la crèche, un peu en retrait, entre l’âne et la mangeoire où dormait le petit Jésus, il y avait un nouveau santon. Un vieux chien de berger, gris de poil et qui, couché le museau entre ses pattes, semblait sourire…

Boun Nouvè a touti !

danièle brignoles 21/12/2015 09:52

jolies traditions de notre belle provence bisous

patrick 14/11/2016 08:20

oui jean marc, et c'est cela que l'on veut abolir sous prétexte de laïcité, idem les cr^che.

on est trop mou

jean marc 13/11/2016 21:58

magnifique conte de noël avec toute la sensibilité de l'âme de Provence, c'est vrai que les animaux parlent, mais pas seulement à Noël, si on ne les entend pas c'est parcequ'ils parlent avec leur petit coeur.

jupi 21/12/2015 14:14

ces belles traditions se perdent Danièles

il fait gris, ça me plait pas, bisous

danielle54 21/12/2015 00:07

Je vais garder précieusement cette description des traditions de Noël en Provence.
Merci

jupi 21/12/2015 14:22

oui je suis assez loin danielle54, je suis près de brignoles, mais je conduis très très peu et pas loin
J'ai vu une fois à la TV une émission sur les crèches du monde, il y en avait une minuscule taillée dans un grains de riz, c'est vrai, étonnant.

Ici on avait la crèche vivante animé mais avec de vrais personnes du village, c'était beau quand j'étais petit, depuis longtemps cela a disparu.
Coté office , on ne manque de rien, la communauté st jean est installée à la chapelle de Notre Dame des Grâces.

Passez de très bonne fêtes en famille et que la santé soit avec vous.

Patrick

danielle54 21/12/2015 09:38

vous êtes loin du village du Roussillon où ils exposent toutes sortes de crèches artisanales toute l'année ? J'y ai vu une crèche miniature dans une coquille de noix et d'autres avec tous les santons dans un décor provençal. Je devais avoir l'air du "ravi" tellement elles étaient belles.
J'air l'église de mon village en face de moi en ce moment. Il n'y a plus de messe que par roulement entre les villages par manque d'officiants et donc plus de crèche exposée non plus
Rien à voir avec la provence, là ou je suis née, les soeurs montaient tous les ans une crèche animée par un mécanisme actionné par une pièce de monnaie. Qu'est ce que j'ai pu faire le trajet avec ma grand mère et lui faire dépenser le l'argent !!! très bon souvenir aussi.
bonne journée à vous et très bonnes fêtes !

jupi 21/12/2015 07:25

Danièle , presque plus personne ne les respectent, c'est dommage, j'amais bien les crèche vivante dans les églises

Liliane 20/12/2015 21:56

Un superbe article ! J'aime relire ces traditions provençales. Chez moi il ne se passe rien d'exceptionnel... Juste la Messe de minuit... Moderne, où l'on frappe des mains et où l'on embrasse ses voisins... Je n'aime pas ça... Je préfère aller chez les moines de Riaumont... Des traditionalistes... Mais c'est ce qui ressemble le plus à "avant"... Tout change... Merci Jupi.
Bonne soirée au Sud. RÔOOoooo bisous Jupinou.

jupi 21/12/2015 07:27

oui liliane tout change et rapidement, en 40 ans tout à changer, ici la messe de minuit est à 10 heures
Coté religieux on est pas en manque ici, il y a la communauté st jean, et des messes il y en a pas mal par jour

rooooooooooo bisous

lizagrece 20/12/2015 21:36

Rien aue l'idée des 13 desserts donne envie de passer un Noël en Provence.

jupi 21/12/2015 07:29

je crois qu'il n'y avait pas de réveillons comme maintenant, ils grignotaient ensemble les dessert de Noël après la messe de minuit

tout se perd Liza

la cuisine de poupoule 20/12/2015 17:25

Merci pour cette histoire
Bonne soirée
bises

jupi 20/12/2015 18:24

Merci Poupoule

les traditions se perdent
bises

christ 06 20/12/2015 16:20

Que c'est agréable de relire ces traditions.
Il faut que des personnes comme toi , pour que ces dernières perdurent. Peu à peu, la vie nous mange ,et nous avons de moins en moins de temps pour faire ""des""choses, telle que la crèche.
C'est très long à installer. Merci pour le temps que tu prends pour nous.
Nous, le zoulou et moi, sommes rentrés de l'hôpital, après un séjour d'une semaine.
Il est très fatigué, qu'il y avait eu, 10 jours auparavant ,. le séjour à la clinique.
C'est bon de retrouver la maison, et mon ordi.
Je t'embrasse ,en espérant que les enfants pourront venir te faire un coucou. Chris 06

jupi 20/12/2015 16:32

La vie nous, tu l'as bien dit Christ, pour la crèche j'essaye chaque année de faire un petit bâtiment ou des accessoires. Nos traditions sont vraiment foutues, ma fille parle pas un mot de provençal, plus de félibre, de crèches vivantes à l'église, tout est devenu un commerce, on adopte sans frémir les habitudes des autres régions.
Cela me fait plaisir d'essayer d'expliquer le peu de choses que je connais "d'avant", hihi, on dirait que je parle d'une guerre.
C'est vrai que lorsque l'on rentre chez soit après un séjour médical, même si c'est pas parfait, on apprécie mille fois son chez soit
Je t'embrasse aussi, les petits viendront le lendemain du (réveillon) histoire de voir leurs bouilles devant les cadeaux.
Patrick

Sophie 20/12/2015 14:50

Passionné et passionnant, j'ai adoré ta description des traditions du Noël provençal !!
Oh, j'oubliais : j'avais aussi beaucoup aimé le récit du jeune chasseur qui a renoncé à la chasse après avoir tué une laie et ses cinq petits.. Bon, suffit, je vais pleurer si je continue :'( Ciaaooo Jupi

Sophie 20/12/2015 17:08

Dieu t'entende Patrick (et nous vienne en aide) !! Bonne soirée à toi aussi :)

jupi 20/12/2015 16:36

j'espère que mes petits enfants et les autres arriveront à vivre dans un monde en proie à des guerres multiples, celles à venir et la pollution que nous leur laissons

bonne soirée Sophie

Sophie 20/12/2015 15:30

oui, oui, ça j'avais compris que le chasseur c'était toi :) Môa ?? chasser ?? J A M A I S
Bon, je ne me vexerai pas, mais c'est bien parce que c'est toi ;-)
Tout à fait d'accord sur "le plus gros nuisible" (méchant, cruel, gros c.n, et j'en passe)

jupi 20/12/2015 15:19

Les traditions se perdent toutes Sophie. Le chasseur que je ne suis plus, c'était moi, les sangliers sont dit, nuisibles, beaucoup d'espèces nuisibles sont devenues protégées. J'ai des sangliers qui passent dans le jardin, bof ils font qq trous car ils cherchent les protéines en premier, surtout les larves et lombric.
Une femelle portent les petits 3 mois 3 semaines 3 jours. Souvent pour déclencher la mise bas elles rongent l'écorce enfouie des pins.
Heu....je ne sais pas pourquoi je raconte ça, mais peut être que tu veux chasser, hihi
le plus gros nuisible sur terre, c'est la race humaine

galinette 20/12/2015 14:34

Bonjour de Pignans
En bon provençal qui se respecte, je connais toutes ses traditions
Mais malheureusement très peu les pratiques.....

Aujourd hui, je suis triste, la Provence perd tous les jours un peu plus de ses traditions et valeurs.

En commençant par le parlé.....

Adesias
Bon noël

jupi 20/12/2015 14:41

Oui, on perd tout tout

Aujourd'hui un restaurant affichait sur son menu du jour , moules frites, et crêpes, où on vas
Adiou et passe un bon Noël

le vieux scaf 20/12/2015 14:29

Jupi avant toute chose je te souhaite un joyeux Noel.
Ensuite au sujet de la crèche ici à Sanary on m'a toujours parlé du Pistachié, qu'est ce que cela à de vrai ?

jupi 20/12/2015 14:39

Merci Gérard pour ces voeux.

Pour le pistachié je ne vois pas, je sais ce qu'est un pistachié dans la vie courante, main dans la crèche !!!!! je sais qu'il un plan m^ale pour féconder plusieurs plants femelle

Je ne pense pas que les pistachiés couraient après les femmes à l'époque
Je vais essayer de demander parmi les vieux du village

Passez un joyeux Noël autour du "colonial".
Et que la santé vous accompagne.
Patric

Kri te souhaite un joyeux Noël :0055: 24/12/2006 10:28

franny 24/12/2006 09:13

Je ne vais etre très originale, mais je te souhaite, malgré tout tes soucis de santé, le meilleur NOEL possible et on se retrouve dès demain....BIEN AMICALEMENTGROS BIZOOOFRANNY

madoanne 24/12/2006 09:02

Merci pour cette lecture , en grande partie une découverte pour moi, passez un bon Noël......................au plaisir