Le chasseur de Geais (2/5)

Publié le 28 Mars 2012

Suite de ce lamentable récit.......2/5


Depuis plusieurs jours, il retournait souvent au même endroit, c’était un bon coin. Comme tous les bons coins (exemple : les coins à champignons, non ! pas les coings aux champignons, je sais que vous aimez les recettes zarbies mais je ne vous conseille pas le mélange, car c’est un coup à rester dans un coin de morgue avec de mauvais champignons) cela ne se dit pas, ou alors sous la torture.

Le pire, c’est le coin à morilles, d’ailleurs les gens se cachent et attendent le moment idéal pour se dissimuler et chercher les « Morilles dans la brume ».

 

Un coin de chasse c’est moins important, mais cela reste tout de même secret.

 

Il revenait donc le soir à la nuit tombée, avec trois, quatre geais ou pies, cela déjà n’était pas normal, il faut savoir que les geais et les pies sont rarement vus ensemble, ils se détestent et s’évitent, ils mangent quelquefois la même chose au même endroit (exemple, les cerises) mais à des heures différentes.

Le matin, il partait à nuit noire, bien qu’il soit interdit de se déplacer dans la colline et ailleurs, avec un fusil à la bretelle de nuit, mais de cette façon personne ne le suivait.

Lui, n’avait rien dit sur le nombre de ces oiseaux tués, mais sa femme Adèle, et oui « la putaing d’Adèle »* était une vraie pie (une de plus à passer à la casserole, non ce n’est pas un remake d’Hannibal) au village, toujours à jacasser autour du lavoir communal, à embrouiller les choses simples, à manigancer de fausses intrigues (bèè, oui il n’y avait pas Qui veut gagner des millions ou Dallas, TV niet, alors on s’amusait au dépends des autres) à inventer de fausses liaisons, bref la peste finie.

Le lavoir communal était pire qu’un petit carroulet* bien gentil, pourtant les carroulets disséminés dans les quatre coins du village n’étaient pas tendres, mais je vous ferai un article sur les carroulets, il n’en reste qu’un dans mon village.

Donc, l’Adèle avait dit que son masclé* de mari ramenait plein de gibier, sans préciser le genre. Cela lui donnait de l’importance, un Masclé, bon chasseur (elle oubliait un peu simple) qui tire bien, ça c’est un homme (Jupi tombe pas dans le grivois).

Presque tous les jours, sont Zhom ramenait ou des Agasses*, ou des Gay. Il fallait les plumer, et les vider soigneusement, ces bestioles ça mange n’importe quoi, des fruits, des glands, des insectes, des petites musaraignes, et des charognes bien sûr.

L’Adèle faisait ses fricots, avec de bonnes olives blanchies, plein d’autres bonnes choses pour donner du goût, ou plutôt masquer le goût, et zou* une Grosssssse heure de cuisson, car la chair n’est pas très tendre, es un pauou raide aquo, sabès (c’est un peu raide ça, vous savez).

Elle commençait à se lasser tout de même, elle avait bien essayé de faire des terrines, mais il fallait acheter le foie de porc, alors !!!! Ce n’était pas la grande richesse à cette époque, on comptait encore, et même deux fois.

Le réfrigérateur et le congélateur n’existaient pas dans nos villages. Elle avait pensé aux conserves, mais il fallait garder les pots pour les fruits et légumes, et les pots cela coûtait cher aussi.

Elle avait donc  commencé à donner de son fricot à ses vieilles voisines, à qui un peu de viande faisait le plus grand bien, Adèle était une vipère, mais elle avait un « peu » de cœur, et puis on ne jette rien ici.

 

La suite demain si vous le désirez ?


* putaing d’Adèle : oui, nous on met un g à la fin, gros mot, interjection commune, genre « oh la putaing d’Adèle, je me suis niqué le doigt avec cet enculé de marteau de merde , saloperie de con, vaï » ici il n’y a que le vaï qui est correct, mais des "phrases" comme ça il y en a des tonnes en Provence. Donc Adèle n’y est pas pour grand chose, mais je pense qu’une Adèle a dû faire la putain il y a longtemps...

* carroulet : réunion de quelques personnes sur un banc à un endroit précis et à une heure donnée, en principe lorsque vous avez le malheur de passer devant , vous êtes "habillé de la tête aux pieds"

* masclé : Un mâle, un vrai « Aquèou es un mascle » (celui là , c'est un mâle). Macho dans le language actuel

* agasse : pie commune, agaçon petite pie encore dans le nid.

 *zou : zou s’accompagne souvent de vaï , Zou vaï  (nous y allons , alors).

 

Rédigé par jupiter

Publié dans #Galèjades

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Liliane 29/03/2012 20:50


Waouh !!! Quel suspens... Il y a des nids de vipères chez nous aussi mais pas dans mon quartier ! Il faut aller dans les corons où se rassemblent sur le trottoir, le balai à la main ces sales
rombières qui enrobent de ragots certaines choses ou personnes... Il y a des gens malveillants partout... Mais ton histoire qui chante me plait beaucoup ! Putaing ! Vivement la suite.
Gros bisous à Mireille et René. C'est donc à Théoule que tu vas te baigner Mireille... Dans les rochers ?
RÔOOoooo bisousssSSSS à toi mon Jupinou.

CATALANE 29/03/2012 16:37


Ouh la la. Un peu compliquée ton histoire, mais j'ai quand même saisi à moitié. J'attend donc la suite de ton histoire avec impatience ! Bises

René l'anchopis 29/03/2012 09:37


Bonjour Jupi.


Je deviens intelligent et "culturé", j'ai " tout pie geai "...Hihi


Vivement demain, bonne journée à tous et bises ensoleillées à 2 blogueuses en particulier.

cricri d amour :0025: 29/03/2012 07:48





Ha que oui, j'attends la suite...


et même avec impatience.


Bises mon bon Jupinounet.

:0014: ♥ dom ♥ 29/03/2012 07:27


Pas le temps de tout lire ...


Bon jeudi.
Bisoux



Barbajuan 29/03/2012 07:04


On attend la suite avec impatience. Plus que 7 ans 4 mois et 44 jours ouf! Je ne sais pas ou tu veux en venir, mais on dirait un Tarentino. Tout y est le sang, la violence, le sexe, la trahison
et le suspens insuportable. Vivement demain. Coucou aux deux blogpotes. Oui Liliane Théoule est un endroit magnifique et encore un peu preservé. Gros bisous Jupi et bonne journée à rous.
Mireille