Le chasseur de Geais (3/5)

Publié le 29 Mars 2012



L'amour n'est possible que si deux personnes communiquent entre elles à partir du centre de leur existence...

Erich Fromm (1900-1980)

 

3/5

Et mon Marcéou, ramenait toujours le même gibier. Il avait dû faire des achats chez le quincaillier pour ne pas tomber à court de munitions. Le quincaillier s’en étonnait d’ailleurs :

- ho, marcéou, què mé dies aqui ? (salut Marcel, qu’est-ce que tu me dis là ? )

- et bien il me faut encore un peu de poudre, et du plomb de 5 qui fait 6 à Marseille (très longue histoire sur la dimension des  plombs, mais cela n’intéressera personne) et des amorces.

 

- pour les bourres tu veux koâ ?

Le quincaillier essayait toujours de vendre ses bourres, mais entre le journal qui ne coûtait rien et les bourres payantes il ne faisait pas le poids.

 

- je me démerde !

- oui, mais c’est mieux pour ton fusil, la pression est plus régulière, un jour il va te péter dans la tronche, il est vieux tu sais, et puis j’ai de bons fusils d’occasion ssi tu veux, avecque* les cartouches modernes.

 

- pupu, pu, putaing comme tu le prends ! - oh, oh, oh, mon fusil il est à moâ et je l’aime, d’accord ? Le moderne m’en fouti (je m’en fous) et puis j’ai pas de ronds , alors !!! et en plus mon fusil il m'aime aussi.

 


- allez, Zou, file-moi ce que je t’ai demandé et basta !

J’ai oublié de vous dire qu’ils bégayaient tous les deux, légèrement mais lorsque le ton est plus rapide vous savez ce qu’il se passe entre deux bègues.

 

 

Cette anecdote est vraie.

Le quincaillier bégayait, le pôvre, il est mort il y deux ans.

Les munitions en poche Marcéou reprit ses activités de chasse. Il ne faisait pas que chasser ce bougre, il était journalier, oui, vous savez les gens qui louent leurs bras pour toutes sortes d’activités  (non, pas pour soulever la fonte le soir dans la salle de Gym, franchement vous avez de drôles d’idées), mais le plus communément pour les travaux des champs, ou alors un peu comme manœuvre dans la maçonnerie. La maçonnerie à l’époque c’était beaucoup du rafistolage, les maisons ne poussaient pas comme des champignons AnglOis.

 

Un coin de toiture par ci, une fente de citerne par là,  juste des travaux d’entretien.

Marcéou, ne chassait pas tous les jours donc, mais dès qu’il avait un moment de libre, il retournait à son coin et canardait pies et geais. L’Adèle lui avait demandé de ramener autre chose, une lébrasse* par exemple, des lapins, bref n’importe quoi d’autre, une cuisse de Tyrex, « attention Tyrex boiteux , te bouffe en moins de deux ».

 

Elle en avait marre de plumer ces volatiles, en plus c’est plein de pépidons.*

Elle cachait bien les plumes dans la poubelle, car ce n’était pas des plumes de grives.

Elle donnait les oiseaux plumés et vidés à son entourage, proche et moins proche, mais comme monnaie d’échange pour ses ragots, cela n’était pas terrible.

Vous savez, avec deux douzaines de grives , vous pouvez avoir des secrets de confessions, par la bouche même du curé. Et oui, notre curé était un épicurien, pas un moinillon maigre et grand comme une asperge sauvage qui se nourrit de quatre prières et d’un verre d’eau bénite et d'une salade de régardéli.*

 

Non, le nôtre était un bon curé bien gras, au bord de l'asphyxie vasculaire,  qui ne ratait pas une occasion pour s’en mettre plein le bedon, mais je n’en dirais pas plus, ses enfants auraient bien d’autres choses à vous raconter...


.../...

*lébrasse :  un gros lièvre, grosse lèbre, la lébre est féminin dans le Var, au même titre que la platane (oui c’est vrai) demandez à Nadine de Trans.

*pépidons : petits poux, comme chez les poules d’ailleurs.

*régardèli : salade sauvage un peu "raide"

Rédigé par jupiter

Publié dans #La cachina

Commenter cet article

Barbajuan 31/03/2012 14:10


Hier j'étais en Italie, je suis rentrée tout à l'heure. Mais dis moi Jupi où est le 4/5, ça ne peut pas se terminer comme ça. Nous ettendons la suite avec impatience. Si je comprends bien le
quincailler était un corbeau puisqu'il "Koâssait". Quel drôle de village tu habites. Vivement la suite. René tu as le bonjour des Marinières où je me suis baignée ce matin sur le chemin du
retour. Gros bisous à toi et à Liliane (LiRe donc). Gros gros Poutou (non pas le candidat, celle je ne pouvais pas la rater) à Notre Jupinou. Bon samedi à tous. Mireille

cricri d amour :0025: 31/03/2012 07:15





 


Comment ça...


le plomb de 5 fait 6 à Marseille ?


Encore une rumeur !


Bises mon bon Jupi.


 

Liliane 30/03/2012 23:36


Passionant ! J'adore ta dernière phrase !!! J'ai été surprise puis en réfléchissant... Bien sûr, mauvaise langue Liliane !
RÔOOoooo bisousssSSSS mon Jupinou.

Flo-Avril 30/03/2012 20:17


Ah ben dis donc c'est du lourd les munitions


Bisous, Flo

René l'anchois 30/03/2012 19:24


Bonsoir Jupi.


J'ai la vague impression très nette que c'est toujours les mêmes qui travaillent...Hihi.


Bon week-ens à tous.

..Marithé :0010: 30/03/2012 16:38


hein ?? 30 cm ??  mais tu veux faire quoi avec ça mon jupinou ????je me suis régalée  en lisant  la suite  des aventures  de ce chasseur ...tiens jevois qua ton curé
était commele mein,, il aimait la bonne chère ..


 


gros bisous tendresse mon jupinou, on revient de la plage   avec les toutous, ça va  pas grand monde mais demain ça va être encore l'enfer ...

René l'anchois 30/03/2012 10:50


Bonjour Jupi.


J'aime bien tes histoires paggnolesque. On a l'impression d'y être .


Quand tu parles des enfants du curé, c'est les enfants de choeur j'espère !!! Hihi.


Bon week-end ensoleillé à tous et bises à MiLi.( raccourci de Mireille et liliane )

cricri d amour :0025: 30/03/2012 07:38





 


J'aime bien les histoires,


surtout les histoires du pays, des villages...


Bises mon bon Jupinou.


c'est fantastique.

:0014: ♥ dom ♥ 30/03/2012 06:57


Bonne fin de semaine.
Bisoux