Nostalgie de St Tropez (par la fée tourtonnette)

Publié le 7 Décembre 2010

Après la fiction "Patrick à la montagne ou la fée Tourtonnette"

"Patrick II ou divagation sentimentale dans la cité corsaire"

 

1er Episode

 

L'auto, petite mais bien vaillante encore (c'était une AX Citroën de l'an pèbre) peinait dans les derniers virages des Maures en direction de la Garde-Freinet.

La nuit n'était pas complètement dissipée, le jour pointait au travers des chênes et des pins maritimes étalés en couches successives à peine visibles dans la brume matinale.

Patrick, après une longue nuit d'insomnie et de tourments, avait subitement décidé de sauter dans sa petite voiture et foncer en direction de Saint-Tropez où il avait passé les plus belles années de son enfance. Il avait pris juste le temps de jeter dans une glacière, un petit casse-croûte constitué de ses propres préparations culinaires. Deux tranches de pain aux céréales, une petite caillette, une tranche de poitrine roulée, un peu de broussin et un petit pot d'aubergines, à l'huile d'olive bien sûr. Il avait aussi sorti du congélateur le dernier morceau du gâteau pascal qui avait tant ravi ses invités.

Il s'était dit qu'il s'offrirait le luxe de ripailler tout seul sur la plage de Pampelonne, à côté du club 55 le restaurant de la jet set et avait emporté à cette intention une chaise pliante, une petite table de camping et une nappe à motifs provençaux pour faire joli.

Il serait donc le seul et unique " people et jetsetteur " hivernal.

Il voulait revoir la plage des Graniers, les Canoubiers, le chemin de Ste Anne, et le quartier où il avait vécu avec tant de bonheur.

Il voulait tenter de retrouver ses coins de cèpes, de girolles, de trompettes de morts, et voulait vérifier aussi que les promoteurs n'aient pas tout détruit aux alentours.

Il voulait revoir l'emplacement de son ancien collège, mais voulait surtout revoir les barques et les pointus du port de pêche, les vieux pêcheurs aux visages burinés toujours en train de blaguer sur le célèbre banc des menteurs.

Il n'avait pas voulu passer par la Garde Freinet, il ne voulait pas voir les bouquets de fleurs accrochés à la barrière métallique où des collègues pompiers avaient trouvé la mort en tombant avec leur camion dans le ravin en contrebas. L'enquête n'a d'ailleurs toujours pas abouti, quant aux causes de cet accident.

L'autre route qui passait par Sainte Maxime étant quasiment embouteillée en permanence, une précédente tentative l'avait d'ailleurs obligé à rebrousser chemin, il s'était donc résolu à passer par cette petite route que personne ne prenait jamais 20 ou 30 ans auparavant. Maintenant ce n'était que camions, autobus, camping cars poussifs, motos et puissants véhicules qui vous pousseraient dans le fossé s'ils le pouvaient.

Ayant traversé le petit village de la Garde Freinet à peine habité quelques années auparavant, la voiture fonçait maintenant dans la descente en direction de Grimaud et la mer.

Le soleil se levait doucement à l'horizon, le ciel devenait d'un bleu éclatant, mais il faisait bien froid: " oh ! qu'acos béu, vé, on dirait que le mistral va se lever " se dit Patrick " alors la photo que je veux faire n'en sera que plus belle. Il faut absolument que j'arrive à la prendre depuis la chapelle Sainte Anne, avec les pins, le village de San Troupès et son clocher ocre et jaune sur fond de mer bleu marine, avec pour toile de fond les alpes enneigés " Et puis: "es nourmau que fague frei en iver"

 

 

Saint Tropez

 

Le voilà maintenant arrivé à bon "parking du port"

Il n'y a pas grand monde en ce mois de février. L'entrée de la caserne des pompiers est fermée par un rideau métallique . Il s'y serait bien arrêté pour saluer ses anciens collègues.

A 3 pas de là, la Poste, le poumon de la ville, le coeur de saint Tropez, le centre de toutes les informations, cancans et potins, en pleine effervescence. Le camion du courrier déverse ses containers de lettres et colis que les facteurs pressés font rouler en riant et en racontant des blagues salaces.

C'est qu'ils sont rudement pressés les facteurs, car après la tournée rapidement expédiée, ils attaqueront la 2ème journée de travail, celle qui apporte bien du beurre dans les épinards: tailleurs de haies des richissimes propriétaires absents, nettoyeurs de piscines, tondeurs de gazon et ramasseurs de feuilles mortes.

Les pas de notre pèlerin le guident maintenant vers le port où il découvre avec effroi les énormes yachts qui bouchent la vue et défigurent le paysage. Des bronze-cul de riches avec piste d'atterrisage pour hélico, et piscine intérieure.

Quelle horreur !

Il fait le tour du port, en direction des modestes embarcations. La tartane est amarrée là, mais en piteux état. Arriveront-ils à la remettre sur pied, cet unique exemplaire en méditerranée, cette fierté tropézienne ?

" Sus vouastre pouchu, se sabès que lou capien es davans, l'arjau darnié e lei rèm à l'escaume, parlas un pau prouvençau. Mai aquéu que parlo d'étrave, de safran, d'aviron e de dame de nage, s'amerito pas d'embarca "

 

2 ou 3 places d'appontement sont vides. Quelques courageux pêcheurs qui seraient donc sortis ?

Patrick décide de les attendre en prenant un café au bout de la jetée.

Touf ! touf ! touf ! en voilà un qui arrive. " ce n'est quand même pas le père Jouan , il doit être mort maintenant, ça doit être son fils ou son petit fils. Ben dis donc ! il n'y a pas grand chose dans les filets, à peine 2 ou 3 dorades et quelques rougets, ça lui fera juste de quoi payer le fuel "

 

Il fait maintenant le tour des rues aux boutiques hermétiquement closes pour la saison d'hiver. Les gérants sont tous à Courchevel, sans exception et les employés se font bronzer en Thailande ou à la Dominique, aux frais du contribuable. Après tout puisqu'on peut pointer au chômage par internet, il n'y a de raisons de s'en priver et de plus, du travail sur place en hiver il n'y en a pas.

Patrick se promène dans les rues désertées, il regarde les noms des rues, et se souvient: Francois Pelletier officier français, fusillé à Signes, Gabriel Peri, fusillé au Mont Valérien, Despas Jean, fondateur du maquis des maures, Francois Sibilli, Henri Seillon, et tant d'autres, tous morts pour la Patrie.

 

Il découvre aussi avec admiration de très belles portes anciennes, des niches votives protectrices des propriétaires des lieux, des plaques commémoratives patinées.

On peut affirmer sans se tromper que peu de visiteurs se soucient de ces événements là, ni des fêtes votives, ni du folklore local, la seule préoccupation est de foncer sur le port devant la brasserie Sénequier en espérant voir une vedette de la starac' ou de Koh Lanta, une Loanna ou un chanteur éphémère du petit écran.

 

On ne s'étonnera donc pas de l'importance capitale que constitue la "Bravade" pour les Tropéziens de souche, qui trouvent ici l'unique occasion de se retrouver "entre eux exclusivement" de retrouver leur identité, leur fierté et leur passé, en honorant leur Saint Patron.

 

Patrick reprend la voiture et prend la direction du cimetière marin d'où la vue est d'une beauté à couper le souffle. Juste en bas, la plage des Graniers où il a tant nagé, couru et fait le fou avec les copains.

La plage des Canoubiers n'est pas loin, il s'y rend en garant son véhicule au bord du chemin. Les caniers sont toujours là, préservant la plage et lui conférant son cachet si particulier. Et toujours présents, comme dans son souvenir, les énormes tas d'algues malodorants où il se roulait, se vautrait, faisant s'envoler dans le mistral, des nuages de feuilles brunes.

 

Un peu loin, la madrague devenue célèbre entre temps, mais notre visiteur solitaire s'en fiche. Il a entendu dire que tout l'été des bateaux plein à ras bord de touristes font la navette devant chez B.B et un peu plus loin devant les villas de milliardaires ou plutôt appartenant à des............................................................................................

(SUITE sur l'article suivant en date du 8 décembre 2010)

Rédigé par jupiter

Publié dans #Galèjades

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:0014: ♥ dom ♥ 08/12/2010 05:10



Bon mercredi ! Bisoux et clic

dom


 


 



jupiter 09/12/2010 05:07



gros bisoux DOM



marithe 07/12/2010 18:10



coucou jupinou


 


quel dommage  que les touriste, le fric , on fait perdre l'âme de ta region et   c'est vrai que les gens  du pays  tiennent à leur coi,  leurs repères ... le chant des
cigales, l'odeur  de la terre ..


 


suite poétique ce soir non hihi 


 


roo bisous mon jupinou je reviens de la ville



jupiter 09/12/2010 05:11



oui c'est sûr on a tout perdu et encore plus sur la côte


en ce moment ce n'est pas moi qui écrit les articles c'est Tante Victorine une copinaute
tropézienne pure souche, elle relate un peu mon adolescence


j'essaie de tuer les vilains microbes qui sont dans ma prostate, c'est pas facile car je suis allergique à l'antibio qui règlerait cela en 4 semines , vi c'est long


 


roooooooooooooo bisous


 


la suite samedi je pense



Danielle 07/12/2010 16:18



Que j'aimerais connaitre St Tropez!! non pas celui des stars qui viennent ce faire de la pub l'été, mais celui de Jupi! Merci pour ce moment de nostalgie, maintenant j'attends la suite!



jupiter 09/12/2010 05:15



c'est simple st tropez se découvre de fin septembre à fin mai


il n'y a pas un chat, beaucoup (la plupart ) de commerces sont fermés


bientôt la suite Danielle



René l'anchois. 07/12/2010 14:52



Bonjour Jupi.


Dur dur de retrouver des endroits que l'on a connu pitchoune..Beaucoup ont changé ou même n'existent plus.Mais un retour aux sources doit sans doute faire du bien et remettre  les idées en
place même si c'est douloureux.Je dis ça, mais moi ça fait 26 ans que je n'ai pas le courage de le faire.



jupiter 09/12/2010 05:16



j'en repart toujours démoli, j'ai trop laissé de choses là bas, ces années sont primordiales, tant de choses me retiennent



Rosedesneiges 07/12/2010 14:13



tu as raison d'avoir choisi Février pour visiter St Trop car l'été c'est infernal et on ne voit rien que des yachts et moi ça m'énerve de voir ces badauds les regarder.


superbe ton voyage et si bien écrit


big bisous


rosedesneiges



jupiter 09/12/2010 05:18



merci Rose, mais ce n'est pas moi qui écrit ces article mais Tante Victorine


les riches m'énervent aussi, ils étalent leur fric avec une démesure et .......pppff ils me gonflent voila


gros bisous



mounic 07/12/2010 13:15



appartenant à qui? la suite au prochain numéro!!!!dis, tu sais pas que choucatoun c'est un "j'ai jamais soif"? comme pépé quoi!!!bisous humides! va nous véni la mouffo!



jupiter 09/12/2010 05:23



"en ca un pitchoun choucatoun", ça j'ai déjà entendu c'est vrai, j'ai la mémoire qui flanche , et tu sais je ne connais pas tout le provençal loin de la, dommage c'est si beau comme langue


 


oui c'est un vrai beau temps de saison, les sources sont pleines ça suffit "la haut hein"



lizagrèce 07/12/2010 13:00



"La suite ! La suite !" ...
J'ai appris une chose c'est que les facteurs de St Tropez sont comme ceux d'ici : ils ont 2 boulots...



Liliane 07/12/2010 09:15



Quelle jolie balade remplie de nostalgie ce matin... Que j'aimerais connaitre tous ces endroits (peut-être que je les connais, mais pas les noms...) J'adore la mer, la plage, les pêcheurs...
Comme ça me manque tout ça...


Gros bisous mon Jupi. Je vois que tu as encore été bien matinal aujourd'hui... Toujours mauvaise nuit ? Prends soin de toi et pense à ce que je t'ai dit...



jupiter 09/12/2010 05:26



et oui le sommeil n'est pas là , toujours les insomnies


ce n'est pas moi qui écrit ces articles mais une copinautes de st tropez Tante Victorine, et
qui relate une partie de mon ma vie là bas


 


gros bisous



cricri d amour :0025: 07/12/2010 07:51






Et t'as pas rencontré les gendarmes ?


hihihi.


Bises



jupiter 09/12/2010 05:27



non, mais j'ai assisté à un tournage "le gendarme se marie " aux salins


bises



:0014: ♥ dom ♥ 07/12/2010 07:34



Hé bé ! Tu as le clavier bavard en ce moment !


Bon mardi ! Bisoux + clics

dom




jupiter 09/12/2010 05:28



ce n'est pas moi qui écrit ces articles Dom, mais une copinaute Tante Victorine qui relate une
partie de ma vie à St tropez


voila le pourquoi du clavier bavard


 


bisoux



biker06hello 07/12/2010 07:12



 


Hello Jupi





C'a y est ce matin à 8h, je vais faire mon huile au moulin. Je  quitte  la blogosphere pour la journée.





Je te souhaite une bonne journée. A bientot et tu es le dernier com jupi , parce que maintenant je me tire à grasse ...


@ +


pat



jupiter 09/12/2010 05:30



je suis allé faire la tournée des trois moulis qui sont sur ma commune, ici c'est loin d'être fini


mais le temps est vraiment contre nous


 


pire je n'ai fait aucue photo des moulins ni reportage


 


que penses tu du Nikon D100, oui je sais qu'il est dépassé mais .....



mado 07/12/2010 06:59



Eh, tu as avalé la fin de ton texte ? Magnifique, j'ai fait cette route au mois de septembre et tous ces endroits dont tu parles, je les connais un peu, comme touriste bien sûr, mais je les
préfère aussi en hiver. Même si à ce moment-là on ne peut pas se baigner, car, émigrée en Haute-Savoie depuis 43 ans, originaire de Cannes, j'ai toujours la nostalgie des oliviers et du mimosa,
et c'est quand même au bord de mer que sont mes racines. Il pleut depuis 2 jours, presque toute la neige a été lavée, je plains les villages en aval de nos Alpes qui vont ramasser toutes nos
eaux. Gare aux inondations. Bonne journée à tous.



jupiter 09/12/2010 05:35



ce n'est pas mon texte Mado, mais celui qu'une copinaute tante victorine qui relate une partie
de ma vie en bas


j'ai fais une mauvaises coupure désolé


je ne suis pas né à st tropez mais dans mon petit village du haut var, mais ma vie était en bas , la mer me manque énormément, tout d'en bas me manque, la mer pour moi c'est la vie


 


pffff, ne me parle pas des touristes , en été c'est infernal, dans mon petit village on ne sort plus , ils parlent tous anglais


 


la T° remonte mais c'est très humide , on est pas habitué à ce temps la,


bonne journée et meilleure météo