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Publié le 27 Octobre 2020

Tourte  aux coings/pommes et au éclats de noisettes

 En fin d'article Galéjades : le chasseur des geais chanceux ????

 
 
Le coing frappe à nos portes mais plus pour très longtemps , profitons en

En route pour une petite tourte feuilletée Coings, Pommes , éclats de noisettes

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C'est très facile il vous faut juste l'envie de le faire , ensuite tout roule cool.
- 2 pâtes feuilletées prêtes à dérouler
- 2 pommes volées aux sangliers
- 2 coings bien parfumés
- 1 poignée d'éclat de noisette, ou plutôt de noisettes que vous réduirez en éclat
- 1 vieux moulin à légume qui fonctionne encore
- un peu de sucre pour la compote
- 1 four
- 1 pinceau et de l'eau sucrée, je vous signale que l'eau du robinet est chlorée mais pas sucrée

 

Bon passons, aiguisez couteaux , économes et casseroles, passez votre beau tablier avec pleins de petites fleurs de lavandes partout

- Pelez et trognez (quoi ! ça existe je viens de l'inventer) pommes et coings
- Donnez un petit coup de micro ondes aux quartiers de coings pour harmoniser la vitesse de cuisson à celle des pommes plus tendres
- Ensuite procédez traditionnellement comme pour un compote avec un poil de sucre
- Pendant ce temps hachez grossièrement votre poignée de noisettes avec un gros couteau ou un hachoir demie-lune, etc.
- Moulinez votre compote, grille moyenne,
- Etalez votre première pâte et piquée-la avec une fourchette

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- Parsemez vos éclats de noisettes sur la pâte, étalez la compote, saupoudrez de cannelle moulue à votre convenance, ah la couleur ? (nan c'est pas du chorizo) et bé cela dépend du degré de cuisson de la compote et de la qualité de vos coings

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CUISSON :  à 200°  pour 25/30 minutes
-  Mouillez le bord de la pâte du bas avec un peau d'eau sucrée (Ou jaune d'oeuf)
-  Déposez la seconde feuille , que de blabla pour une choses simple, vous trouvez pas ? -  cordez le bord afin que la compote ne fasse pas caca dans le four,
-  N'oubliez pas de faire un joli trou central,

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- Dorez  à l'eau sucrée (Ou jaune d'oeuf)avec votre pinceau ou votre blaireau à barbe, saupoudrez d'un poil de sucre vanillé et enfournez à 200° pour 25/30 minutes

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Le chasseur des geais chanceux ????

 
le chasseur de Geais  chanceux


Tout d’abord quelques précisions : cela se passe dans mon village au début des années 50, j’étais encore un pitchoun gari* à cette époque, et c’est bien plus tard que cette histoire (vraie )me fut racontée. La personne à qui est arrivée cette histoire est encore en vie.
Attention, j’enrobe l’histoire, autrement elle ne fait que dix lignes.

 

A la sortie de la guerre de 45 et même après, la vie était encore rude dans nos campagnes, certains se souviennent peut être encore du bouillon de corbeau, souvenir peu réjouissant.

Recette du bouillon de corbeau

L’on peut tirer un excellent bouillon des corbeaux (berk).

Il suffit pour cela de les plumer et vider, d'attendre qu'ils soient mortifiés*, de les saler à dose convenable, et de les faire bouillir jusqu'à ce que tout leur suc soit passé dans l'eau.

Le bouillon qu'on en retire est de la meilleure qualité, et l'on peut s'en servir pour tous les potages (re-berk).

* Une viande mortifiée est une viande soumise à un commencement de décomposition pour l'attendrir (vomir)

 

Tout cela pour vous dire qu’ici on mangeait encore les pies et les geais,  en fricot avec des olives et pommes de terre, tout en sachant que ce sont des oiseaux opportunistes et à la limite charognards vu que le gaie est de la famille de corvidé je crois, Corps vidé = mort (voir la ballade des pendus de François Villon) mais si vous l'avez certainement apprise dans le secondaire !

Oui, Jupi a mangé du fricot de geais, mais il y a très longtemps, maintenant je les laisse manger mes cerises en toute impunité.


Donc, revenons à notre brave chasseur un peu simple* qui s’appelle Zé (joseph)*. Il chassait comme tout le monde avec son vieux fusil à piston, antiquité héritée de son grand-père.

Il faut dire que les chasseurs chassaient pour amener de la viande gratuite à la maison.

Mais oui vous connaissez, ce sont ces vieux fusils que l’on recharge par le canon. Un peu de poudre, un bout de papier journal (comme ça les oiseaux manqués peuvent lire les nouvelles fraîches au passage, genre armistice de 14/18) puis on tasse avec la baguette, un peu de plomb en grenaille, encore un peu de journal (de cette façon les oiseaux peuvent lire l’autre page), puis on vérifie si les petites cheminées d’amorçage sont bien remplies et on met une amorce.

le chasseur de Geais  chanceux
le chasseur de Geais  chanceux

                                     

Ensuite on attend le gibier, et puis Pan ou Pchuiiiit et Boum,  oui pchuiit cela veux dire que la cheminée était mal remplie et que le coup va partir, mais pas tout de suite, cela fait tout drôle de rester le fusil épaulé en train d’attendre que le coup parte, surtout si c’est un Tigre Malinus Malinus en face de vous, je sais ils sont herbivores, et alors, les taureaux dans les arènes aussi.

Bon, prenons le coup du Pan sec et franc, là encore vous aurez des surprises, avant l’invention de la poudre T sans fumée, la poudre fumait énormément. Au bout du canon du fusil se formait un petit nuage blanc/gris opaque et vous ne saviez pas si le gibier était touché et si vous deviez utiliser le cas échéant le deuxième coup.

Donc la technique, était de faire quelques pas en avant pour traverser ce nuage digne des fumigènes des CRS  (chasseur rapide et sûr) et de taper dans la patte du Tigre. Attention « Tigre pas content n’a jamais mal aux dents ».

Stooooooooooop !!!
 Retournons chasser lou Gay* tranquillement, je vous parlerai des œufs de Tigre plus tard, œufs indispensables pour faire une bonne brouillade de rabasses*.


Donc Zé, prenait son fusil, son carnier* sa quille de rouge, deux beaux oignons blancs du jardin, un bout de pain et quelques amandes et des figues sèches, avec cela il devait faire tout de même quelques kilomètres pour retrouver son coin à gay*(non, il n’allait pas à la love parade) et rester la journée entière afin de remplir sa besace.


*pitchoun gari : petit garçon, ou petit rat.

*simple : tous les villages ont un simple ou plusieurs, putaing, je vais pas en sortir.

*Zé : Joseph

*lou gay* : le geai.

*rabasse : truffe noire, fruit abondant et peu cher.

*carnier : besace en cuir pour mettre la carne, heuuuuuuu !!!!

 

Depuis plusieurs jours, il retournait souvent au même endroit, c’était un bon coin. Comme tous les bons coins (exemple : les coins à champignons, non ! pas les coings aux champignons, je sais que vous aimez les recettes zarbies mais je ne vous conseille pas le mélange, car c’est un coup à rester dans un coin de morgue avec de mauvais champignons) cela ne se dit pas, ou alors sous la torture.
Le pire, c’est le coin à morilles, d’ailleurs les gens se cachent et attendent le moment idéal pour se dissimuler et chercher les « Morilles dans la brume ».

 
Un coin de chasse c’est moins important, mais cela reste tout de même secret.


Il revenait donc le soir à la nuit tombée, avec trois, quatre geais ou pies, cela déjà n’était pas normal, il faut savoir que les geais et les pies sont rarement vus ensemble, ils se détestent et s’évitent, ils mangent quelquefois la même chose au même endroit (exemple, les cerises) mais à des heures différentes.

Le matin, il partait à nuit noire, bien qu’il soit interdit de se déplacer dans la colline (Couvre feu Covid)  et ailleurs, avec un fusil à la bretelle de nuit, mais de cette façon personne ne le suivait.

Lui, n’avait rien dit sur le nombre de ces oiseaux tués, mais sa femme Adèle, et oui « la putaing d’Adèle »* était une vraie pie (une de plus à passer à la casserole, non ce n’est pas un remake d’Hannibal) au village, toujours à jacasser autour du lavoir communal, à embrouiller les choses simples, à manigancer de fausses intrigues (bèè, oui il n’y avait pas Qui veut gagner des millions ou Dallas, TV niet, alors on s’amusait au dépends des autres) à inventer de fausses liaisons, bref la peste finie.

Le lavoir communal était pire qu’un petit carroulet* bien gentil, pourtant les carroulets disséminés dans les quatre coins du village n’étaient pas tendres, mais je vous ferai un article sur les carroulets, il n’en reste qu’un dans mon village, pardon zéro les participantes au carroulet sont toutes aux cimetière.

Donc, l’Adèle avait dit que son masclé* de mari ramenait plein de gibier, sans préciser le genre. Cela lui donnait de l’importance, un Masclé, bon chasseur (elle oubliait un peu simple) qui tire bien, ça c’est un homme (Jupi tombe pas dans le grivois).

Presque tous les jours, sont Zhom ramenait ou des Agasses*, ou des Gay. Il fallait les plumer, et les vider soigneusement, ces bestioles ça mange n’importe quoi, des fruits, des glands, des insectes, des petites musaraignes, et des charognes bien sûr.

L’Adèle faisait ses fricots, avec de bonnes olives blanchies, plein d’autres bonnes choses pour donner du goût, ou plutôt masquer le goût, et zou* une Grosssssse heure de cuisson, car la chair n’est pas très tendre, es un pauou raide aquo, sabès (c’est un peu raide ça, vous savez).

Elle commençait à se lasser tout de même, elle avait bien essayé de faire des terrines, mais il fallait acheter le foie de porc, alors !!!! Ce n’était pas la grande richesse à cette époque, on comptait encore, et même deux fois. Maintenant on compte les pièces en cuivre d'un centime d'euros.

Le réfrigérateur et le congélateur n’existaient pas dans nos villages. Elle avait pensé aux conserves, mais il fallait garder les pots pour les fruits et légumes, et les pots cela coûtait cher aussi.

Elle avait donc  commencé à donner de son fricot à ses vieilles voisines, à qui un peu de viande faisait le plus grand bien, Adèle était une vipère, mais elle avait un « peu » de cœur, et puis on ne jette rien ici.


Et mon Zé, ramenait toujours le même gibier. Il avait dû faire des achats chez le quincaillier pour ne pas tomber à court de munitions. Le quincaillier s’en étonnait d’ailleurs :

 

- ho, zé, què mé dies aqui ? (salut Marcel, qu’est-ce que tu me dis là ? )
- et bien il me faut encore un peu de poudre, et du plomb de 5 qui fait 6 à Marseille (très longue histoire sur la dimension des  plombs, mais cela n’intéressera personne) et des amorces.

- pour les bourres tu veux koâ ?
Le quincaillier essayait toujours de vendre ses bourres, mais entre le journal qui ne coûtait rien et les bourres payantes il ne faisait pas le poids.

- je me démerde !
- oui, mais c’est mieux pour ton fusil, la pression est plus régulière, un jour il va te péter dans la tronche, il est vieux tu sais, et puis j’ai de bons fusils d’occasion si tu veux, avecque* les cartouches modernes.

 
- pupu, pu, putaing comme tu le prends ! - oh, oh, oh, mon fusil il est à moâ et je l’aime, d’accord ? Le moderne m’en fouti (je m’en fous) et puis j’ai pas de ronds , alors !!! et en plus mon fusil il m'aime aussi.


- allez, Zou, file-moi ce que je t’ai demandé et basta !
J’ai oublié de vous dire qu’ils bégayaient tous les deux, légèrement mais lorsque le ton est plus rapide vous savez ce qu’il se passe entre deux bègues.

Cette anecdote est vraie.

Le quincaillier bégayait, le pôvre, il est mort il y dix ans.

 
Les munitions en poche Zé reprit ses activités de chasse. Il ne faisait pas que chasser ce bougre, il était journalier, oui, vous savez les gens qui louent leurs bras pour toutes sortes d’activités  (non, pas pour soulever la fonte le soir dans la salle de Gym, franchement vous avez de drôles d’idées), mais le plus communément pour les travaux des champs, ou alors un peu comme manœuvre dans la maçonnerie. La maçonnerie à l’époque c’était beaucoup du rafistolage, les maisons ne poussaient pas comme des champignons AnglOis.


Un coin de toiture par ci, une fente de citerne par là,  juste des travaux d’entretien.
Zé, ne chassait pas tous les jours donc, mais dès qu’il avait un moment de libre, il retournait à son coin et canardait pies et geais. L’Adèle lui avait demandé de ramener autre chose, une lébrasse* par exemple, des lapins, bref n’importe quoi d’autre, une cuisse de Tigrex, « attention Tigrex boiteux , te bouffe en moins de deux ».


Elle en avait marre de plumer ces volatiles, en plus c’est plein de pépidons.*

Elle cachait bien les plumes dans la poubelle, car ce n’était pas des plumes de grives.

Elle donnait les oiseaux plumés et vidés à son entourage, proche et moins proche, mais comme monnaie d’échange pour ses ragots, cela n’était pas terrible.
Vous savez, avec deux douzaines de grives , vous pouvez avoir des secrets de confessions, par la bouche même du curé. Et oui, notre curé était un épicurien, pas un moinillon maigre et grand comme une asperge sauvage qui se nourrit de quatre prières et d’un verre d’eau bénite et d'une salade de régardéli.*

 
Non, le nôtre était un bon curé bien gras, au bord de l'asphyxie vasculaire,  qui ne ratait pas une occasion pour s’en mettre plein le bedon, mais je n’en dirais pas plus, ses enfants auraient bien d’autres choses à vous raconter...

*lébrasse :  un gros lièvre, grosse lèbre, la lébre est féminin dans le Var, au même titre que la platane (oui c’est vrai)

*pépidons : petits poux, comme chez les poules d’ailleurs.

*régardèli : salade sauvage un peu "raide"

 

 L’Adèle ne pouvait donc pas obtenir les bonnes grâces du curé avec ces oiseaux de piètre qualité. De plus, même si c’était de la viande, les gens refusaient quelquefois poliment en disant qu’il aurait une crise de « goutte » en abusant de gibier, ce qui n’était pas faux.  Il faut bien manger de la viande chrétienne* de temps en temps.

Elle en parla sérieusement à son mari, et lui demanda à nouveau de chasser autre chose ; peine perdue, Zé aimait le gibier facile à tirer.
Mais un truc le tracassait tout de même, vu la quantité de geais et de pies qu’il avait tués, il y avait quasiment toujours autant d’oiseaux de toutes sortes dans son coin de chasse. Des gros Corpata* venaient maintenant se joindre aux autres,  cohabitation plutôt rare ! Les corpatas en pleine colline c’est vraiment rare, à moins qu’il ait une charogne………….

Cela lui coupa la chique. Il devait y avoir une grosse charogne pas loin, un blaireau ou un sanglier peut-être.

 Oh… putaing,   c’est pas vrai !

Il posa son fusil et commença à chercher dans le sous-bois. Vous ne le savez pas peut-être, mais la plupart de nos collines sont quasiment impénétrables, le sous-bois est dense et la majorité des arbustes sont « piquants », l’arnavet (Paliure épineux Argalon), la tirasse (salsepareille), les épines du Christ (Jujubier de Palestine) et la Vulgaris Ronçus Courbis (non pas le guignol de TF1).


 Bref, vous avez compris que ce n’est pas du tout facile de progresser.
 Il cherchait depuis un moment, lorsqu’une odeur caractéristique lui chatouilla le nez, une odeur reconnaissable entre toutes les autres.

Il marchait au nez maintenant, non pas qu'il avait le nez fin, mais l'odeur était très présente. Il voulait voir quelle sorte d'animal c'était car il était curieux. Mal lui en prit, il voyait des oiseaux qui se posaient et repartaient, mais il ne voyait rien d’assez gros pour en attirer autant. Il se mis à ramper coumoun ùn verme (comme un ver) sous un taillis, et tomba nez à nez, si on peut dire ça, avec une tête humaine en décomposition.


Et pas d'histoire maintenant  à dire : jupi est dégueulasse, c'est un blog culinaire, il est infect ;

vous voyez bien pire à la télé quasiment tous les soirs.
Raoull....( Mais non pas le prêcheur Chloroquine) . il ne fit qu’un bond en arrière malgré les épines et s’embroncha dans  la patte du tigrex qui l’observait « tigrex dérangé, fait les os craquer » (ça suffit jupi).

Il courut jusqu’à son fusil et son carnier, et dans sa précipitation oublia de décharger son arme, (pour décharger une arme de ce type on est obligé de tirer le coup en l'air, car il est impossible de sortir par l'arrière tout le chargement vu qu'il n'y a pas de culasse mobile) et courut sans s’arrêter jusqu’au village

Philippidès, le célèbre coureur de Marathon, en serait resté sur le cul. Ce jour là, Zé avait la mort aux trousses. Halala, ce n'est pas du Hitchcock


Sans passer par chez lui, il arriva en trombe dans le Bar. (Il aurait mieux fait de choisir le bureau des Postes Télégraphes et Télécommunications, Oui France Telecon mettait les accents avant, et nous les accents on les aime).

Il se précipita à travers le rideau anti mouche en boules de buis  -rideau classique de nos commerce en été, oui celui qui s'attrape aux cheveux un peu longs,  qui fut remplacé plus tard par l'infâme rideau en lanières plastique multicolores souvent crasseux-   et bien entendu la gâchette se coinça dans le rideau , le coup parti , mais l'inclinaison du canon fit que les plombs allèrent cribler la gouttière de Violette, une vieille fille (mais l'histoire de Violette Empot c'est pour plus tard)  et que le bruit fit sursauter une partie de la placette, plus le patron du Bar  et Adolfi qui passait son temps à tuer les mouches avec sa nouvelle tapette en plastique rouge, une nouveauté achetée cher au droguiste du Cours.

 
Le bar était désert, hormis les cadavres de mouches agonisantes regardant une dernière fois  le plafond noirci par la  tubadisse*.

- oh putain ! téléphone aux gendarmes, vite !


- tu entres comme un chapacan*,  avec une arme chargée, tu fais un chaple*, tu m'arraches la moitié du rideau et encore heureux que le coup parte dehors ! tu veux que j'appelle les gendarmes! trou du cul !  les gendarmes je vais les appeler, mais pour toi.
- mais que tu es con, mais con, mais con !!!! j'ai trouvé une tête

- què tête ?
- fais pas le couillon ! j’ai trouvé une tête dans la colline en chassant !

 
- vu l’outil que tu as à l’épaule je pense pas que tu viennes de la rivière.

 
- merde, tu le fais exprès ?

 
- non, mais bon, des têtes de charognes tout le monde en trouve, mais des cons qui entre avec un fusil chargé dans MON bar cé plus rare. Enfin , j'en un un gros devant moi.

 
- tronche de Câpres*, une tête humaine, toute bouffée, sans corps  

 
- ça alors ? cé peut être un Martien !

 
- ohhh, putaing, tu le décroches ton téléphone ou je t’ensuque* à coups de crosse !

 
- tu veux leur dire koâ aux gendarmes ?


 Bruits divers , tapette à mouche, chaises qui raclent, mots d'oiseaux…. (interlude …. le petit train passe avec son rébus)
- Oui messieurs les gendarmes, je viens de trouver une tête toute bouffée dans la colline, venez vite....... Quoi où ? din la gouargue dè cinq houres (la gorge de cinq heure) venez vite !

 
Le cafetier :


- vite ! oh, ils vont pas la faire revivre.

 
- ta gueule counass !
Non ce n’est pas à vous que je parle messieurs les gendarmes, c’est à ce con d’Adolfi, si ça continue je vais le tuer, non non, j’ai rien dit, je vous attends au bar pour vous guider, oui j’attends.

 
Le ton de la conversation un peu forte avait fait venir quelques curieux , et bien sûr Violette Empot  (rigolez les bloggueurs est bloggeuses , elle a vraiment existé)


Vous voulez le détail , de la suite ou les dix lignes qui sont parues dans la presse de l'époque ?

*tubadisse : fumée épaisse à répétition

* chapacan : nous ICI on l'utilise pour dire un casse-tout , mais au départ cela voulait dire attrape chien (acchiapa cani en italien), ensuite cela désigna un marginal peu recommandable qui faisait commerce des peau de chiens , puis ensuite quelqu'un qui fait un mauvais travail, et cela peu donner

- oh, chapacan, tu vois pas que tu fais un chaple

*tronche de câpres : expression assez courante ici, genre tête de noeud

*chaple : massacre,  "arrêtes tes conneries , tu vois pas que tu fais un chaple" même en travaillant, aux boules aussi d'ailleurs etc....

* ensuquer : assommer, ou alors dans le sens ,bête idiot, ou encore une sorte de coup de soleil , "ensuqué de la lune" n'est pas très flatteur, parce que pour attraper un coup de lune il faut être vraiment  être ensu....

- C'est pas tout, mais file moi à boire, j'ai la pépie*.

- enfin une parole censée de ta part, mais tu pourrais le demander poliment !

- c'est vrai que toi c'est pas en escrabouillant* les mouches sur ce comptoir que tu vas attraper des suées !

- tu sais ce qu'elles te disent mes mouches ?

- m'en fouti (je m'en fous), tu vas me servir à boire Tavan Merdassier* !

Re-bruits de toutes sortes.


Violette était une vieille fille à moustache et n’avait pas peur des hommes.

Bousculant les quelques curieux elle entra dans le bar :

- je voudrais bien savoir de vous deux, qui a tiré dans la gouttière ?

- c’est moi, dit, Zé, mais c’était un accident.

- accident d’ivrognasse, voui ! Vous êtes beaux là, tous les deux, pas un pour rattraper l'autre !

- c’était du petit plomb, tu sais, ce doit être de petits trous, et puis tu n'as qu'à mettre un géranium en dessous, comme ça l'arrosage sera gratuit.

- et en plus te te fout de moi ! et bé, les trous, c’est le couvreur qui viendra voir et qui t’enverra la facture.

- oh, je ne t'ai pas détaoulisser* la baraque tout de même, surtout avecque du petit plomb !
Elle vira les talons et sortie de ce lieux de perdition, et tourna la tête pour dire :

- et c'est pas la peine de barjaquer * des histoires derrière mon dos, hommes de peu de foi !

- bé, si on on a un gros foie
Les badauds n'eurent pas le temps de commencer à blaguer, les gendarmes arrivaient dans leur rutilante et toute nouvelle Juvaquattre.

Les explications furent assez compliquées :

Comment croire un "individu" armé dans un bar, qui vient de tirer un coup de feu dans la rue, devant deux verres de bière, et qui raconte avoir trouvé une tête humaine !

Record de vitesse, 1 heure et quart après et quelques boissons (oui il fait chaud et soif aussi, et les gendarmes peuvent boire s'ils enlèvent leurs képis) Zé débarrassé de ses outils de chasseur, pris la place d'un malfrat(sans les menottes) dans la voiture pour guider nos pauvres gendarmes.

Du chemin carrossable à la gorge de cinq heures, il y avait encore un travers* à faire à pied.

Passons sur les détails des uniformes des gendarmes et de l'amour que portent toutes les espèces végétales piquantes à la maréchaussée.

Quelques personnes du villages, les "riches", ceux qui avaient des voitures, c'étaient rendues sur les lieux aussi, au grand déplaisir des gendarmes évidemment.

Zé ralentissait son pas, pour attendre, mais il était maintenant impatient d'avoir une explication de la part des autorités.

Finalement après bien des accros, des moulons* de gros mots, et être tombé dans une merde de tigrex (imaginez le tas de merde par rapport à la bête) ils arrivèrent devant cette fameuse tête. Guidés aussi par les oiseaux qui tournaient un peu comme des vautours, oui mais, des vautours de Provence.

Les gendarmes étaient surpris. Comment une tête seule peut se trouver à cet endroit si éloigné.  Il faut dire que la gorge de cinq heures est assez perdue, et en plein massif du Bessillon, il faut vraiment y venir exprès.

Moins bête que son air simple le laissait paraître, Zé fit remarquer que cette tête pouvait venir d'un corps (évidemment) et que les renards ou autre animaux avaient tirassée* celle-ci et que le reste devait être quelque part.

Alors que les gendarmes examinaient la tête vraiment pas belle à voir, Zé élargissait le cercle de ses recherches. L'air était empuanti par cette odeur de charogne. Il se frotta un peu de thym sur les mains et les avant-bras, pour atténuer l'odeur et aussi comme antiseptique préventif très efficace (vrai).

En effet, les darnagas*accrochent leurs nourriture (souvent des charognes et des petites souris) sur les épines des buissons, infectant toutes griffures que vous pouvez recevoir (vrai).

Il finit par tomber sur le reste du corps (je vous passe les détails, voir les Experts au USA et Bones). Il appela les gendarmes, en levant la tête, il y avait une corde avec un semblant de nœud coulant.

La personne s'était pendue, ou avait été pendue, pourquoi, comment, par qui, pourquoi si loin ?

Cela on ne le sut jamais, les moyens d'investigation de l'époque étaient très limités. Bien qu'intrigante l'affaire fût vite classée, juste quelques lignes dans les journaux. (Gutenberg venait juste de l'imprimer)

De même, pour l'identité de la victime, c'était un homme, mais on n'en sût pas plus.

Zé, passa plus de deux jours à la gendarmerie.

Entre la dactylographie balbutiante d'un gendarme, et la traduction des mots provençaux en français, les explications confuses et emmêlées, il fallut bien ce temps là, pour qu'il soit de nouveau autorisé à rentrer chez lui.

Fan de chichourle*, le retour au village serait bien plus difficile que ces deux jours passés auprès de la maréchaussée.
Adèle avait donné pas mal de ces oiseaux autour d'elle si vous faites bien attention et que vous suivez les articles précédents, ces personnes étaient devenues en quelque sorte des mangeurs de chair humaine.

Mais si vous voulez savoir comment cela c'est passé, il faut me le demander..., mais la, il faut que j'invente et comme mes neurones n'ont pas un bon Karma en ce moment ce sera difficile

* pépie : soif des oiseaux qui viennent souvent boire, "oh elles ont la pépie tes poules".
* tavan merdassier : taon qui va pondre ses œufs dans le crottin, en parlant proprement.

* détaoulisser : détoiturer.

* barjaquer : bavarder, parler à tort et à travers, "aresteti dé barjaqua" (arrête-toi de raconter n'importe quoi).

* travers : désigne plutôt une unité de surface et de temps et de longeur "on encore un sacré travers de colline pour arriver avant ce soir".

* moulon : un tas, ici employé comme une grosse quantité d'injures, mais on dit aussi un moulon de pierres, un gros , une grosse quantité.

* tirassée : tirassa, traîner, tirer après soi. la tirasse est aussi un instrument araire

* darnaga : pie griège, oiseaux qui accroche ses prises et sa nourriture sur les épines d'un buisson.

* fan de chichourle : fan, fréquemment utilisé dans des formules exclamatives, dans toutes sortes de situations : surprise, étonnement, admiration, désarroi, etc. : Fan de garce ! Fan de petan ! Fan de chichourle ! Fan des pieds ! Oh ! Fan ! etc.

La Chichourle est le fruit du jujubier, alors pourquoi  "fan de chichourle" et bien je ne sais pas, en fait si je sais mais la moralité ne me permet pas de le dire, déjà que je reçois des mails me signifiant que je suis grossier, bof, bof bof !

* escrabouiller :  aplatir, réduire en bouillie, écraser fortement.


Moralité  : tout se mange .

Il manque les histoires des familles cannibales !!!!!!

 

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Publié le 18 Mars 2020

 
Les cerisiers ne sont pas confinés et les abeilles non plus , ouf !
Bon passons au flan de semoule
 
FLAN DE SEMOULE au CARAMEL de GINGERINE


Ingrédients
- 1/2 litre de lait
- 1 zeste de citron râpé
- 50 g de sucre en poudre
- 1 bâton de vanille
- 60 g de semoule de blé moyenne
- 2 oeufs
- 100 g de confiture de gingérine (Vous pouvez mettre n'importe quelle autre confiture)
- 5 biscuits à la cuillère

Petite variante du caramel mi -cuit, qui est ici réalisé avec un reste de confiture de Gingérine. Ce caramel n'est pas verser au fond du moule, mais dans l'appareil à flan, à mi-cuisson

Dans une casserole, mélangez le lait avec le sucre puis ajouter le bâton de vanille, faire chauffer lentement jusqu'à ébullition
Retirer le baton de vanille

Versez la semoule en pluie en remuant avec fouet, veillez à baisser le feu et faites cuire doucement tout en remuant 5 à 6 minutes, la semoule va gonfler

Dans une autre casserole hors du feu cassez  vos deux oeufs et les battre légèrement au fouet, puis ajoutez votre zeste de citron ,  versez  le lait progressivement tout en continuant de remuer  ,

Versez cette préparation dans un moule à flan allant au bain marie.
Cassez  en trois vos biscuits à la cuiller, ceux ci vont s'imbiber mais flotter, cela n'est pas grave
Versez un peu de confiture et gardez en pour faire le caramel

Temps total de cuisson 30 minutes à 180°

Enfournez Votre bain marie à mi-hauteur pour 15 minute environ à 180°
Pendant ce temps préparez votre caramel liquide avec la confiture
Sortez votre bain marie, puis versez le caramel sur votre flan mi-cuit, profitez en pour enfoncer les biscuits qui flottent
Finir la cuisson 25 minutes

Laissez refroidir et démoulez


 

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