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Publié le 4 Janvier 2016

Prends le temps de fêter ta victoire, mais n'invite pas ton adversaire à partager ta gloire.
Daniel Desbiens (1954- )

C'est simplement une histoire vraie qui m'est arrivé il y a quelques années alors que j'étais encore pompier.

C'était dans les années 80, décennie funeste pour nos collines et nos camarades. Peut être ceux qui étaient à la Londes les Maures ou Pierrefeu se souviennent de ce gigantesque incendie, mais cela est une autre histoire. Pour vous donner une vraie idée de ce que doit être la panique que les habitants ressentent, la futilité des moyens employés "pourtant considérables" regardez bien l'avion au premier plan, c'est un Dash 08 assez gros, et l'énormité du rouleau compresseur que peut être un feu en progression libre, voici une photo (copyright SP Var, feu de hyères 2005) qui vous donne pas envie de venir construire dans la forêt Varoise, alors débroussaillez SVP.
 
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A cette époque nous étions mal nourris en opération, cela l'est encore malheureusement. Lorsque les pompiers arrivaient sur un sinistre c'était pire qu'une nuée de criquets pélerins, je vous passe certains détails assez croustillants, les mères rentraient leurs filles , les paysans montaient la garde avec un fusil près de leurs récoltent, les éleveurs recrutaient des mercenaires pour sauver leurs bêtes, les commerçant baissaient les rideaux, même les cafards se faisainet la malle !

Stooooooooop ! disoons que si nous passionst près d'un champs de melons en bordure du sinistre nous en prélevions quelques uns, souvent les gens nous offraient des fruits. Nous en étions très reconnaissant car les fruits frais sont très appréciés, gorgés de sucre et d'eau c'était du pain bênit pour nous car notre ordinaire était la classique ration militaire, plutôt pas juteuse du tout et de plus "constipante". Ma parole ça doit être voulu, point de pause WC chez les bidasses, d'ailleurs s'ils étaient blessés au ventre il y avait un gros geyser de ......... fan de garce je m'égare !

Et les Pizza alors !!!!
On se calme, j'y arrive. A cette époque je partais comme chef de groupe (4 camions + une voiture tout terrain de commandement, soit 18 personnes , hommes et femmes c'est mixte)
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 Je ne vais pas vous détailler l'articulation du groupe , ni ses missions ni y serions encore demain.
Donc un camion , le plus gros, fait des navettes pour ravitailler en eau les 3 qui restent sur le terrain. Ces rotations s'effectuent de nuits comme de jour évidemment.
Bref on avait la dalle, les rations , pain et eau arrivaient plus qu'épisodiquement, mais nous étions habitués.
Les fréquences radios sont saturées et les messages pour le miam, strictement réprimées. J'avais dit au camion navette, de voir s'il ne pouvait pas ramener quelques chose en passant au PC général. Malheur la bourde que j'avais fait, l'équipage de ce camion était redoutable pour cet exercice, il ne fallait pas trop le pousser. C'était le genre à en faire "un peu trop", des pompiers à la vieille, sauce  courageux , durs à la tâche, mais bons vivants, même très bons vivants. Si ces  deux énergumènes fossiles encore vivants lisent ce blog ils se reconnaitront, mais internet et eux c'est totalement incompatible, donc pas de risque de les "charger" hihi.
Ils étaient capables de voler le lait à une laie en train d'allaiter ses marcassins, c'est vous dire, ou profiter d'une panne près d'une villa afin de se débarbouiller dans la piscine (si, si, et le noir ça flotte sur une piscine, c'est du vécu).
A cette époque les camions avaient encore le nom de la commune de la caserne inscrit en gros sur les cotés , devant , et même sur le toit, en grosse lettre noires sur fond blanc , cela servait pour l'identification rapide des engins et de sécurité pour nous et les canadairs, contrepartie on passait difficilement inapperçus, déjà peint en rouge et avec un gyrophare c'est assez duraille.
Donc voici nos compères partis avec un gros camion rouge marqué au nom de la commune........

 
Crédits photos  Sapeurs pompiers du Var

Les phautes sont cado de jupiter
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Mission, ramener de l'eau pour les autres camions  et accessoirement un peu de nourriture si possible . La première tâche est assez facile, il suffit de faire la queue auprès des poteaux d'incendies qui  sont bien trop rares, ensuite ne pas se mélanger les tuyaux genre spaghetti,ne pas trop les faire cuire aussi, et de repartir le coeur léger le camion plus lourd de 12 tonnes.

 

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Pour la nourriture c'est plus difficile, surtout sans un sou, ben oui vous ne croyez pas que l'on part au feu avec sa CB ou de la menue monnaie, ces accessoires utiles même en forêt restent dans les habits civils à la caserne lors du changement rapide comme la lumière.  Même les  fumeurs en oublient leur poison. Quoiqu'ils ne sont pas à plaindre la fumée est fournie gratuitement par la colline et en plus en diefferntes essence très volatiles et entêtantes (boudiou les maux de tête)
Les épiceries ou autres ne sont pas près des lieux d'incendies, la panique (voir photo 1/2) est les encombrements sont fréquents surtout sur la côte,  la mission miam se révélait  difficile.
Si eux se creusaient la tête pour ramener quelque chose, moi je m'inquiétais surtout sur ce qu'ils allaient faire, et j'avais bien raison.
La "chance " allait jouer avec eux , en effet  le Poste de Commandement Mobile  avait été déplacé, car son emplacement initial été trop près du danger (vrai, camping de la Londe). Dans ce PC se trouve toutes les huiles qui décident de "tout", et qui eux se restaurent convenablement.
Tchilin tchilin*, notre camion revenait sur notre position, leur chemin passait devant Le PC, et nos deux gaillards comptaient peut être rapiner deux ou trois rations militaires.

Merdarum, surpriseum,  l'esplanade  était vide et le PC  disparu, merde alors c'était leur dernière chance, ensuite ils rameneraient des pignes, mais nous ne sommes pas des écureuils. Que celui qui a une recette pour accomoder les pignes de pins m'envoie un mail.
Comme on dit ici "mauvaise limonade". La queue entre les jambes (ben oui ce sont des hommes) et tout penauds ils revenaient, et c'est là qu'ils virent  que les mouches vertes faisaient leur petites rondes et oui déjà.

Petite apparté, sur les mouches vertes dites mouches à m....., après de longue années de pompiers , 29 très exactement, je suis toujours très intrigué par la présence de ces pourriture de bestioles, en effet sur les long feux , quelquefois, il faut bien aller aux toilettes comme on dit (malgré les rations), déjà que c'est pas pas facile de trouver un coin "tranquille" parmis ces centaines d'hectares calcinés,
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lunaires même, d' où ces diptères colorés, merdassiers à souhait arrivent ils, avec leurs petites ailes de merde , hein ?? Une question existentielle reste ouverte, merci d'y répondre.

Reprenons
Mouches = miam mort, c'est vrai que les feux de forêts laissent leurs lots de cadavres d'animaux de toutes sortes, mais là l'histoire deviendrait vraiment crade et j'ai évité de vous mettre des photos très durent à voir. Donc cette petite ronde de mouches voulait dire quelque chose, mais de la à leur faire découvrir des poissons tout frit il y a qu'un pas que je franchi allègrement, vous avez déjà compris.....
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Celle la elle est lourde et grosse, comme celle d'un plongeur aspiré qui se retrouve sur une branche , et pourquoi pas une paella , non !!!!!!!!!

Version vraie de vraie de vraie
Une petite voiture insignifiante descendait dans le chemin , juste bien en face , entre les deux phares. Nos compères  étaient déjà en colère à cause de leur échec ,"bouffe"  mais cette ferraille au milieu du chemin c'était de trop, il faut savoir que pour se croiser dans nos chemins ce n'est pas de la tarte.
Après les quelques mots doux d'usage très courant par chez  nous dont je vous ferais grâce , et avoir poussé un peu brutalement la voiture dans les taillis, ils finirent par lui demander ce qu'ils faisaient là au "milieu"
- et bé on menait les pizzas que le PC avait commandées, et je ne l'ai pas trouvé, pourtant ils était bien là cet après midi lorsque je suis monté avec les boissons fraîches !
- en effet, fit le moins coléreux et le plus roublard, mais il a changé de position il est bien plus haut dans la colline (faux les PC mobiles se mettent en principe à des endroit très dégagés) jamais vous n'y arriverai avec votre voiture, , c'est facile pour nous,  on les monte , donnez-les nous
- oui mais les sous.
- Qué sous, vous les avez payées ????
- bé  oui !
Pas de problème, indiquez votre adresse, aussitot arrivé une voiture de liaison descendra vous payer à votre boutique.
Faut être barge de croire un pompier dans ces moments là.

Vous devinez la suite..... même moi qui ne bouffe pas pizza  de pizzaiolo, et bé   .........

C'était un truc à ne pas faire, mais je suis bien content d'avoir bouffé les pizzas des colonels et autres huiles, merde alors.
Cela je ne l'ai appris que le lendemain matin, car ces deux malapris m'avaient dit que ces pizzas étaient offertent par un commerçant dont  villa avait été protégée.

Donc ce matin là je me suis fait tirer les oreilles, plus la deuxième couche en rentrant de la caserne par le chef de corps. Quelques jours après  un courrier explicite nous fut envoyé, aïe, afin que cet incident ne se reproduise plus, blabla ....que cela avait porté préjudice à la notriété du SDIS, qu'il y avait le préfet , le colonel de gendarmerie et autres lors de cet incident. blabla......

Alors nous , on est de la merde !!!  Et bien je suis bien content que cela fut fait et prêt à recommencer si je le pouvais.
Pourtant je n'aime pas la pizza des pizzaiolos, je le récapépète!

 
Et pour le vin ne vous en faites pas, nous sommes livrés directement, d'une façon
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ou d'une autre
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rosé ou rouge
Pour les amateur de Bière nous avons aussi de la mousse. STOP!!!!!!
 
* tchili tchilin *  lentement, doucettement

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Rédigé par jupiter

Publié dans #Galèjades

Publié le 1 Janvier 2016


Un petit conte pour cette nouvelle année 2016 (écrit en 2010)

Publié le 31 Décembre 2015

Il y a quelques années j'écrivais un peu, maladroitement en faisant plein de fautes. Maintenant tout a changé , j'écris moins, encore plus mal, et je suis pas loin d'une faute par mot

Voici une petite nouvelle, écrite il y a des années, j'ai retrouvé les morceaux d'articles qui sont réunis ci-dessous, certains diront "il fume la moquette" "quelle cagade"  "il vas arrêter d'écrire ce torchon" etc............que Dieu ou Satan leur pardonne .

 

Qui dit : elle est bonne elle est bonne  elle est bonne, putain qu'elle est bonne, oui oui oui, et merde ?

Meilleurs voeux  2016

Meilleurs voeux 2016

Si une bonne âme veux corriger le texte cela me ferait bien plaisir

 

1/8

SANGLIER DU JARDIN.

 

Première condition, il faut avoir un « bon jardin »  très bien situé pour ce genre de recette.

Contrairement à ce que l’on peut croire, ce jardin doit être entouré de collines avoisinantes.

De ce jardin dépend la suite de la recette.

Deuxième condition, il faut du sanglier.

Il nous faut donc ces deux conditions.

Le but du jardin est d’attirer les parasites, donc limitez vous à faire le minimum nécessaire pour avoir quelques légumes rachitiques et malingres, des fèves pleines de pucerons, des radis fourchus et durs, bref du "Bio" sans arrosage.

Négligez les parasites mineurs, nous allons faire venir par ces maigres cultures un parasite majeur, Le Sanglier.

Le Sanglier ne vient pas comme le reste des parasites, genre morpion gigantus des plages, quelques uns me diront que ce n’est pas un parasite, et c’est vrai, mais du moment qu’il est dans le jardin pour moi c’est un parasite.

Ce n’est pas non plus un jardinier, le jardinier plante dans la journée et le sanglier « déplante » la nuit.

Bref nous avons le jardin, il manque le sanglier pour réaliser la recette.

La position de jardin est essentielle, je l’ai mis juste sur le passage des sangliers, pensant qu’ils allaient me « déplanter » les mauvaises herbes ? Très mauvais calcul de ma part, car il déplante tout ayant une préférence pour ce qui est mangeable.

J’avais oublié le jardinier excédé dans la recette, oui, celui qui par flemme plante du bio.

Après moults essais pour éloigner ces parasites, ce jardinier, sur les conseils de personnes très au courant de la chose, préfère passer d’un régime végétarien à un régime carnivore.

Il va donc acheter un nouvel instrument qui permet de semer des graines de plomb  assez lourdes à distance. Le marchand lui conseille de semer ces graines la nuit, ainsi que quelques conseils avisés.

Le jardinier a des débuts difficiles, oui le jardinier est diurne et le sanglier nocturne, il essaye de se tenir éveillé par de savantes tisanes, qui le précipitent quelques fois aux toilettes sans autre forme de procès.

Bien, il se met à l’alcool, pour se sentir bien et se désinfecter au cas ou il se ferait mal en jardinant.

Après bien de nuits de veille et plusieurs litres de désinfectant  alcoolisé utilisés dans un but non thérapeutique, il voit apparaître un parasite  assez gros, le groin près à dessemer son jardin.

Suivant les recommandations du grainetier, il empoigne sa machine à planter les projectiles, vise le parasite au jugé « oui il fait nuit, et le jardinier a pas mal de brume dans le cerveau ».

Dans sa petite tête lui revient, « visez bien ces parasites ont la peau dure ».

Après beaucoup de bruit et de fumée, le parasite est mort allongé sur tomates rachitiques.

Vient la partie la plus délicate de la recette : vous vous rappelez il est 2 heures du matin, le jardinier/boucher/cuisinier est plein de désinfectant, il se retrouve avec un parasite de 80 kg. et quelques grammes de désinfectant dans le sang

Il se dit malheureusement : le plus gros est fait. Que nenni il se trompe lourdement. Quel est l’abruti qui lui a dit : tu verras c’est facile.

Ce n’est pas facile du tout (intermède ;coup de téléphone auprès les spécialistes qui  arrivent prennent quelques morceaux pour dédommagement-finissent tout le désinfectant-disent c’est de la viande laisse la rassir-)

La viande 4 jours après est rassie, elle réapparaît le 5ème sous forme de daube au vin rouge (la recette vous sera donner en temps utile, ainsi que d’autres relatives à toutes les parties du sanglier).

Mais que de monde ce jour là : les spécialistes, eh oui, la gendarmerie, pour entretenir de bonne relation, les gardes , pour un soit disant contrôle sanitaire, les pompiers, si quelqu’un aurait un malaise en se désinfectant, le garde municipal, venu voir les dégâts dans le jardin.

Quelques décalitres de boissons fortes plus tard, l’animation se termine par un gonflage de ballons –les gendarmes pour finir les stocks de l’an dernier et établissent  un concours d’alcoolémie, et décrètent que tous le monde doit impérativement faire la sieste avant de repartir vers un autre "chantier-" les gendarmes ne soufflent pas pourquoi ?

Notre jardinier décide le soir venu de redevenir végétarien, mais garde une dent contre les sangliers ; celle que le recul du fusil lui a cassé.

  ..... à suivre .......

2/8

 

Le jardinier à l’Espère

 

Bien qu’ayant mangé un peu de sanglier, le jardinier avait toujours une dent contre eux. Cela lui avait coûté pas mal d’argent pour se faire remplacer sa dent par une en or.

Bien que n’ayant pas de chaîne en or qui brille sur son torse poilu, il avait une dent du même métal.

Les représailles de la famille du sanglier mort avaient été sévères. Dans son jardin défoncé par des dizaines de groins, il ne restait que les piquets des tomates, juste des bouts de bâton pour indiquer qu’à cet endroit il avait eu une plantation. Seule une plante de cannabis était encore debout, il construisit aussitôt une palissade pour protéger son petit trésor.

Il devait sévir maintenant et se rembourser sur la bête sa dent en or. Bien sûr il dû encore demander des conseils.

Un ami lui proposa de l’aider dans ses recherches avec son nouveau « adsl », qués aquo, à la recherche « braconnage » un monsieur Google lui dit : essayez plutôt bronzage,

Oh fan de chichourle, bronzé il l’était déjà, mais le bronzage Marcel, devant son miroir il ressemblait à un panda avec deux bras noirs et une figure rouge avec la marque de la feuille de cannabis le jour où il s’était endormi au soleil, ou plutôt à un ours blanc qui vient de plonger les deux pattes dans une mare d’Erika.

En premier, il lui fallait en nouveau lanceur de projectiles qui n’avait pas de recul et plus efficace,

 comme il avait puisé  dans sa pignatte* pour ses frais dentaire, il se fit prêter cet ustensile par un « ami » des bête à poil dur.

Il reprit donc ses longues nuits  d’espère* et se mit à l’eau et au café, il dormait le jour et veillait la nuit, négligeant ses repas, sa cuisine et son travail.

Il faisait « maigre » et se nourrissait de ce que la nature pouvait lui procurer, asperges, morilles, escargots,  grenouilles, salade sauvage et d’autres mets que je préfère taire.

Fini les cocottes fumantes et odorantes, les broches garnies, les légumes du jardin savoureux, les aïolis à se faire péter le ventre, le couyen* qui vous donne une haleine de chacal, les rabasses* enivrantes, les repas entre amis d’où les femmes étaient exclues sous prétexte qu’elles cassaient l’ambiance « on est en Provence ne l’oubliez pas ».

Les sangliers devaient sentir que l’endroit devenait dangereux et dévastaient d’autres jardins et cultures, Dévastaient, et un grand bien mot, ils se nourrissaient tout simplement au plus facile.

De temps en temps le garde champêtre passait et lui demandait :
- où il en est ton jardin maistre ?

- oh tu as bien labouré, et tu vas planter quoi dans ces cratères ?

- et la marque, elle part pas sur ta figure, tu marque mal comme çà ?

Il avait comme réponse, quelque chose d’approchant le langage du capitaine haddock version Provence « je regrette mais je n’ai pas les caractères provençaux sur mon clavier ».

Il rêvait parfois encore de son jardin jadis, où les semences achetées à prix d’or à Tchernobyl lui donnait des légumes totalement bio ? Le temps où il mettait deux heures pour sortir une carotte de 50 kilos, aucun parasite n’osait attaquer ces légumes, sauf les sangliers.

Il entreprit de se faire un agachon* en pierre sèches et cela lui valu une piqûre d’un gros scorpion rosé. La visite chez le « sorcier » du village s’imposait car le doigt enflait et il avait un peu de fièvre. Le remède maison fit merveille, il ne pensait plus à sa piqûre vu qu’il avait une cagagne* d’enfer.

 

(à suivre)

 

*pignatte : trésor en pièces d’or caché sous la plaque de la cheminée dans une pignatte (marmite en terre)

*espère : affût la nuit

*couyen : reste de fromage enfermés dans une jarre qui subit une transformation malodorante asticoté.

*rabasses : truffes noires

*agachon : petit abri à ciel ouvert pour guetter le gibier

*cagade : diarrhée

 

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Après sa déplorable expérience du scorpion et du sorcier (voir le jardinier à l’espère), il entreprit de faire les choses beaucoup mieux et plus professionnellement.

Las de guetter tous les soirs allongé sur une mauvaise couverture où les acariens subissaient la crise du logement, il eut recours à la technique du radar infra rouge avec un fil qui aboutirait dans sa chambre.

 

L’investissement fut modeste mais l’installation compliqué. Comme d’habitude il fit venir un « ami  électricien discret », mais que veux dire discret dans un si petit village. Cela lui coûta une bonne brouillade de truffes, et du vin cacheté ; et oui son « ami » avait le palais délicat, le vin de bonbonne ne lui convenait pas.

 

La rabasse passe encore, la saison avait été bonne, et il avait bien vendu cette année là, mais le vin cacheté ! Mazette, il était allé l’acheter assez loin de son village afin que personne ne le reconnaisse. Il voyait déjà les caroulés* s’estrasser* sur son compte : «  du vin cacheté maintenant qu'il achète!!!!  il y a une femme la dessous  dé ségu*».

 

L’installation en place, plusieurs réglages furent nécessaires, une fois trop bas, même les souris déclenchaient l’alarme, une fois trop haut et c’était le dugou* qui passait devant, bref les réglages lui coûtèrent cher en vin et les rabasses diminuaient.


 

Mais il couchait maintenant dans son lit, et à part quelques fausses alertes, il reprenait un peu du poil de la bête. Les appâts étaient diversifiés afin de faire « venir » les sangliers à portée de tir : pain sec, maïs, œufs durs, pommes de terres cuitent, croquettes pour animaux domestiques, mais tout cela faisait venir tout les habitants de la forêt proches : belettes, campagnols, dugous, chats, chiens, renards, blaireaux, enfin toute la forêt ripaillait sur son compte. Tout ce que les animaux nocturnes laissaient la nuit, les pies et les corbeaux le finissaient le jour. Les vols de corbeaux à heure fixe ne paissaient pas inaperçu au yeux curieux de la population du village : « oh il doit y avoir une charogne chez le fada la haut ».

 

Quelquefois il oubliait de regarnir les appâts, la tension se relâchait. Il se mit à calculer les hypothétiques passages futurs des sangliers,  selon la lune, le vent, la  pluie, même d’après les saints du calendrier.

Pour la première fois de sa vie depuis son certificat d'études il essaya de calculer, mais bon, l'a arithmétique c'était loin maintenant.

 

Un jour, tout d’un coup il se mit à penser aux noix, bigre les noix, les sangliers adorent ça. Il entamât donc sa réserve de noix, cela allait éliminer quelques invités nocturnes et tant mieux. Et là miracle, les sangliers ne résistèrent pas à ce festin de choix. Par contre le jardinier en mettait tellement peu que les sangliers ne faisaient que passer et, celui-ci ne voyait que l’arrière train de ces bestioles disparaître dans la trouée de la végétation dense du sous bois.

Il modifia lui-même le positionnement du radar, au pif, et mit une plus grande quantité de noix selon un parcours bien défini qui amènerait les sangliers à l’endroit voulu.

Il avait eu quelques visites de la part du garde communal dit : « la Loi » qui voulait s’assurer qu’il n’y avait pas de charogne dans les environs bien que les vols de corbeaux avaient cessé depuis la pose des noix.

- Oh maistre, tu plantes de noyers maintenant !  faudrait voir à enterrer tes noix si tu veux qu’elles poussent, en plus tu les plantes bien près, tu veux faire une haie couillon, ah, tu devais être beau à voir vu les zig zag  de tes noix,

- et le cordeau tu l’a perdu ? Ça par exemple tu casses tes noix au soleil maintenant, il y a plein de coquilles vides, oh t’es pas un peu déboulonné du ciboulot, est ce radar il marche bien, tu vois passer les avions,  tè vé on rentre un peu au frais pour se remettre (oui se remettre c’est se taper un canon de vin ou plus, au frais sous la treille ou le mûrier, enfin pas au soleil, on marche à l’ombre ici).

- Il paraît que tu achètes du vin cacheté ! oh y a une femme la dessous!

Bref celui lui coûta deux bouteilles

Putain il pouvait pas resté sur le cours , et sous les platanes , le garde, et surveiller les bars ? non mais !

 

Enfin un soir ténébreux le fameux radar détecta quelque chose, lentement il se leva les yeux encore plein de sommeil, il ouvrit délicatement le fenestron* et éclaira avec sa lampe de poche. Oui c’était bien eux, faisant des bruits peu discrets en décortiquant les noix, ils ne les voyait encore pas,  mais savait qu’ils approchaient en suivant le parcours sinueux des noix.

Il prit sa nouvelle carabine sans recul, les dents lui disaient, merci, merci, et épaula pour faire un carton. Une grosse bête se dessina dans la faible lumière de la lampe de poche, il était sur de ne pas la rater à cette distance, le doigt commença à appuyer sur la détente, et tout à coup il vit par miracle plein de tout petits marcassins qui suivaient leur mère, malheureusement la gâchette  était sensible le coup partit mais son coup d’œil vers les marcassins avait fait dévier l’arme légèrement, la laie ne fut pas touchée mais partit comme un boulet à travers ronces et broussailles, les marcassins s’éparpillèrent dans tous les sens et disparurent, sauf un qui s’était pris dans l’enclos du plant de cannabis et qui couinait en ne retrouvant pas la sortie.

 

Comme Klaxon il n’y a pas mieux, c’est petit mais il devait avoir les piles neuves. Notre pauvre jardinier sortit tout penaud car il venait d’éviter la catastrophe, il alla vite dans l’enclos pour libérer le marcassin. C’est frères et sa mère était loin déjà, il n'avait aucune chance de les rattraper, et deviendrait une proie facile pour les charognards de la forêt.

 

Il était minuscule, et avait encore les petits sabots roses, quelques jours peut être, le jardinier le pris délicatement, mais vous savez dès que l’on soulève un cochon de terre il couine, et bien pour les marcassins c’est pareil, à part qu’il se raidit et que ses poils même à cet âge, sont semblables à un balai en fibres de coco.

Que faire ? Il le mit dans sa veste de pyjama et rentra dans la cuisine, mon dieu qu’il est petit, qu’est ce que je vais faire……………….

 

 

 

 

*caroulé : réunion de petites vieilles ou de petit vieux assis sur banc au soleil ou à l’ombre selon la saison mais toujours à heure fixe

*estrasser : éclater de rire, se tenir les côtes de rire

*dugou : grand-duc chouette

*fenestron ou fénestroun : petite fenêtre, diminutif de fenestre (fenêtre)

 

*dé ségu : de sûr

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Le choucou  nouveau 4/8

Publié le 16 Janvier 2010
4/8

Il était avec son espèce de balai brosse dans les bras comme un couillon, le petit marcassin tremblait de peur et couinait.

- mais malheur de moi, bonne mère qu'est ce que j'ai fait ? la bonne mère me pardonne , je n'ai pas voulu faire le mal!
Après un bon quart d'heure de lamentations pour rien dire en fait, il entreprit de mieux voir ce rescapé.
Ce marcassin était tout jeune, il tenait juste sur ses pattes et était en état de choc, coupé de sa mère , ses frères et sœurs. et il n'avait pas de "marteau pour faire un malheur"

Ses yeux se fermaient involontairement, tout de suite cela alerta le jardinier qui avait fini ses prières.
Ce n'est pas normal qu'un animal sauvage ferme les yeux devant la peur, il était en train de ce laisser aller, doucement vers la mort.
Notre empoté pris vite quelques vieilles fourrure de renards et mis le marcassin au chaud, mais celui ci n'était pas trop chaud, il avait perdu de sa rigidité, mauvais signe.
Il je pris contre lui et le fourra dans sa chemise, le marcassin ne remarquerai pas l'odeur, ils sentaient aussi mauvais l'un que l'autre.

Il prit un peu de lait concentré  que sa tante fine lui avait refilée au cas où il aurait un coup de mou .
Avec son Opinel il y fit deux trous, mis du lait au bout de son index et lui mis de force dans sa petite mâchoire.
Le marcassin par instinct commença lentement à sucer ce doigt, puis replongea dans sa semie léthargie.
Toute la nuit notre homme garda ce petit bout contre lui pour lui transférer sa chaleur corporelle, il était évident maintenant que le rapport chasseur / chassé était bien loin.
Il dormi donc avec ce petit animal entre la vie et la mort, il fit pipi et popo sur le jardinier.
Il se changea donna un peu de lait concentré et ils se rendormirent.

Les bêtes réagissent vite, dire que le marcassin était en forme et un peu pousser le bouchon loin, mais il demandait plus fréquemment du lait et puis se tenait droit sur ses pattes et après se sauvait sous un coussin pour se protéger.
Je ne vous décrit pas le champ de bataille de la chambre.
Et puis il commença à avoir les sabots un peu plus durs, à manger de pain trempé dans du lait, puis les croquettes des chats, à faire caca partout.
Bref un petit démon de 20 cm, mais qui aimait toujours retrouver le calme de la chemise de notre jardinier endormi devant la TV , oui la TV!!
Bien sûr choucou, c'est le nom que notre homme avait donné à cet miniature de sanglier, donnait son avis lors des informations, il poussait de grand cri lorsqu'il voyait la figure de sarko à la télé, pas si bête que ça ce monstre.
Et puis il grandissait rapidement, son plus grand amusement était de glisser sur le carrelage avec ses sabots, il fouinait de partout , soulevait les pots de fleurs.
Bien qu'il mange déjà de tout son grand régal était le lait concentré sucré, "brave tante Fine"
Dans le village les gens commençaient à s'inquiéter grave comme on dit.
- peut être qu'il a finit par se filer une balle dans la tête, il était bien fêlé, ça m'étonnerait pas.

- il et mort de faim
- pense toi les vieilles carnes comme lui ça ne cane pas comme ça.
- et si on allait voir ?
- vas y toi il te connaît bien
- ça va pas, tant il me tire dessus, je te dis qu'il a perdu le ciboulot avec ses sangliers.
- et si on envoyait la "loi"
- oh , il n'a rien fait de mal après tout, j'ai pas envie de me faire trouer la panse pour rien. En plus c'est l'heure de l'apéro, j'aurai l'air fin avec mon bédélet en pomme d'arrosoir.

Bon on verra lorsque les corbeaux commenceront à tourner on ira voir, pour le moment l'apéro.
Oh gonze  Casa !!
Entre temps il c'était passé bien des choses

 

Choucou forcissait et occasionnait quelques dégâts à l’intérieur. Le jardinier le mis avec les poules, catastrophe, choucou semait la pagaille car il voulait jouer avec toutes ces volailles.
Il fallut donc construire un enclos avec abri pour ce petit sanglier de maintenant 15 kilos. C’était le vrai cochon il mangeait de tout, renversait tout et commençait à se rouler dans son auge coumo oun pouar*.

Sans grande passion était le tuyau d’eau et une infâme balle mâchouillée.

Des autres sangliers il en était plus question, le jardinier avait fait la paix avec ces nuisibles et d’ailleurs  « ils » ne passaient plus.

A croire que cela devait les éloigner ! Lorsque l’enclos était ouvert dans la journée choucou suivait fidèlement son « père » ou plutôt sa mère adoptive. Se fourrait dans les jambes et déterrait au fur et à mesure ce que le jardinier plantait, il croyait que celui-ci grattait la terre à la recherche d’aliment. Notre jardinier magnanime enfermait alors choucou pour être un peu tranquille.

Au fil des mois choucou grossissait et était devenu un petit mâle de 35 kilos, les rayures avaient disparues et une crinière noire se dessinait sur le dos.

 

La plupart de la journée il restait dehors et dormait à l’ombre et commençait à faire des trous de partout le soir venu

Le jardinier lui passait tous les caprices ; C’était maintenant un beau mâle de 60 kilos et ses coups de groins et ses démonstrations affectives toujours gentilles devenaient un peu dures. Ils rentrait tout seul le soir dans l’enclos et ne faisait plus guère de trous, certaines personnes disent les sangliers mâles deviennent  méchant. Que nenni, il gardait toujours son caractère  affectueux, quelquefois il partait en courant dans la colline toutes proche mais revenait toujours vers son maître.

 
Petit choucou  devenait de plus en plus  fort et grand, le jardinier faisait ses courses loin du village il ne voulait parler à personne.
Un jour en revenant il trouva choucou absent, ce malin avait disparu , mais il revint le lendemain matin
Ils se firent plein de fêtes, comme un chien à son maimaître.
Choucou ne s'éloignait jamais de la maison, lorsqu'un chien errant passait il le chargeait, oui choucou était un mâle "gardien" de son territoire
Un jour une vieille qui passait par là (tu parles) vit cet étrange couple.
- Boun Diou, il a pactisé avec les sangliers , c'est un mauvais sorcier. Sorcier aurait suffit

Au village cela devint
- il a fait venir tous les sangliers chez lui et il les dresse contre nous.
- Oh Gaby tu rigoles, va lire Hitchcock, peux être que verra des tourdres (grives)
- Bon dieu ces vieilles , une heure au soleil et elles perdent la tronche.
- bon si on allait voir

Attention entre aller et y aller vraiment il y une énorme nuance en Provence

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5/8

 
Bien sûr cela n'était que des paroles.
Entre dire et faire, en Provence il y a des Kilomètres.

Notre brave jardinier, n'avait que faire de ces racontars, Oui il savait sans aller au village, il savait et imaginait  bien ce que le village disait.
Tout se sait même au plus profond de nos collines les plus sauvages et reculées.

Je vais un peu sortir de sujet pour vous expliquer un cas curieux.
Les feux de forêts dans le Var vous connaissez. Les milliers d'hectares calcinés ,   un hectare c'est environ un stade 100 m x 100 m.

20 000 hectares,  c'est déjà pas mal du tout, genre le feu qui a ravagé la forêt des borrels entre La  Londe les Maures et Pierrefeu du Var.
Cette semaine que dura le feu à cause d'un funeste erreur de notre  "Capitaine 20 000" beaucoup de pompiers restèrent  sur place très longtemps pour faire les lisières et la surveillance.
Donc vous êtes un pompier au milieu de cette étendue toute noire sans âmes qui vivent et il vous prend l'envie de faire popo. (wouah c'est normal non).
Donc vous cherchez un coin tranquille est discret derrière un buisson qui n'existe plus. Donc vous faites un peu de marche à pied pour vous cacher dans un repli de terrain, et la faites votre bonne action.
Dans la minute qui suit, alors qu'il n'y a que du noir , de la cendres, des restes de fumées de souches en feux à des kilomètres à la ronde "arrive la mouche bleu ou verte" , non pas la commune , celle là.

D'où !!!!!!!  elles ont un satellite , ou quoi.
Tout cela pour vous dire que dans la colline vous n'êtes jamais tout seul. Bon la compagnie des mouches à merde dit "tavan merdassier" n'est pas très adéquat.
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Tiens voilà deux pipelettes qui ramassent des simples dans un coin perdu  et qui déballent toutes les salades et ragots du village.

Elles feraient mieux de parler bas, car notre jardinier n'est là pas loin ramassant des glands pour son choucou.
Ce qu'il entend ne le rassure pas:
- tu crois qu'il est mort ce vieux couillon ?
- penses toi il a dû se trouver un radasse*
- c'est vrai, il fait ses courses en galère, il achète des douceurs ( choucou raffolait de bonbons), des habits aussi.
- Mazette il va falloir que j'espinche* un peu pour la voir  cette radasse
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Bon dieu , les femmes!  il le savait! Pourtant, sa marraine Toinette lui avait recommandé maintes fois  de bien choisir et de toujours se méfier, même une fois marié.

Elle avait raison. Ce couillon avait tellement bien réfléchi  en voyant ce qu'il arrivait aux hommes du même âge que lui,  du coup qu'il était resté célibataire.
 
Il ne voulait pas que les gens rodent autour de sa campagne pour guetter une Hypothétique femme, et découvre son sanglier. Il prit son courage et se rendit au Bar pour  inventer un quelconque mensonge, plus gros il est , mieux il passe, il paraît.

 
Dès qu'il mit le premier pas dans le Bar le silence se fit : tous les clients le fixèrent comme un revenant. Faut dire qu'il ne s'était pas regardé dans un miroir depuis longtemps, il était maigre, sale , crotter , barbu et chevelu, ne parlons pas des vêtements.
Il y avait les habitués du Bar , bien sûr , dont "la loi" autre no du garde champêtre entretenant sa cirrhose au Genépis.

Le jardinier avait déjà préparé son mensonge tout au long du chemin.
- oh, cafetier de mes deux donnes moi un bon coup de fine* !
- ça vas pas t'é malade ? on te croyait mort!
- non il faut que je décrasse l'intérieur.
- sans dire; mais l'extérieur aussi.
- quoi qué ce que jé !!
- non rien, fit le retors commerçant.
- bon elle vient cette gnôle, il faut que je démonte la tronche, cette garce est partie enfin !
Il était arrivé à glisser sa phrase mortelle, comme il voulait.
- qué garce , glissa la loi?
- tu sais bien ce que je veux dire!
- non ! il y avait une femme chez toi, pas possible!
Le plancher craquait et l'air croustillait de plaisir en attendant la suite. Ah si les murs des Bars pouvaient parler.
- ah bon tu savait pas ? premier verre cul sec.
- tu veux rire ou quoi ? une femme chez toi laisse moi rire, t'a vu comme té fait et à quoi tu ressemble, "sèmble un pouar" (tu ressembles à un porc, mais porc en Provence veux dire sanglier)

Deuxième verre, celui la c'était pour reprendre vraiment des force.
Tout le monde s'estrassait* de rire.
Toine lui porta le coup de grâce.
- pour moi tu couchais avec une truie (je ne vous met pas le mot en Provençal car c'est difficile à prononcé et à écrire) dans l'état que tu es je vois que ça.
- au fait c'est une porcasse* le sanglier que tu gardes (insulte suprême) ou c'est un mascle (mâle) ?
Toute sa minable mise en scène s'écroulait . Il avait la tête échauffée par les deux verres de fine dont il n'avait pas l'habitude.

- je te dis quelque chose lorsque tu vas espincher* les lavandières se laver à la "Fouan d'Amour" (fontaine d'amour), sale bordille, et quand tu vas voir Finette lorsque son mari est en galère
Comme dans les scènes Pagnolesques , le mari de Finette était dans le bar;

 

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Que devient le sanglier ? 6/8
En Provence il en faut plus que cela pour se battre, les insultes sont très courantes et quasiment dans le langage de tous les jours, et ça, ce n'est pas des blagues.
Juste un petit aperçu pour ne pas trop choquer.
"Oh putain de con, merde j'ai oublié la clef"
Bon passons cette aparté qui pourrait faire un article plus tard.

 Mon arrière grand père : il padronne, il parait que c'est tout moi, sans les moustache ni lou capéou (chapeau)


- je sais ce que fait ma femme et je te réserve une surprise Toine, enfin une demie surprise , à force de te balader soi disant dans la colline et de mettre des laçades (collet de braconnage) fait gaffe de ne pas te prendre dans une grosse laçade à sanglier, tu serais beau avec la langue bleu et les yeux cavés par les agaces (pies) , et y  aurait pas beaucoup de gonzesses pour ton enterrement , charogne !

 
Des mots , toujours des mots. Tout compte fait le mari de Fine  ne se mouillait pas du tout, ces laçades tous le monde peux en mettre, et par cette manœuvre le Toine serait bien embêté pour se promener sans faire attention dans la colline.
D'un coup sa fureur contenue tomba sur notre pauvre jardinier.

 

- et toi vieux pourraque (pire que sale et sentir mauvais) ça te regarde ce que fait ma femme, occupe toi de ta truie, vieille brêle.
Notre pauvre jardinier était presque content d'avoir planté ce merdier, mais il était un peu empêgué (saoul), un peu, faible est le mot. Il voulut dire une méchanceté de plus mais il s'écroula sur le parquet.

Le cafetier en avait vu d'autres.
- oh , vous pouvez pas le sortir il pue , et l'asseoir à l'air, ça lui fera du bien , et à moi aussi vu qu'il consomme plus aussi, merde alors!
Et, hop, dehors il se retrouva, mais pas en état de rentrer chez lui, il s'escaffagna  (intraduisible) comme un merde, dans les caisses de vin vides.
Pendant ce temps à l'intérieur la température montait, mais le cafetier savait désamorcer les crises.
- putain , tous les deux , vous avez finis oui ! ou alors vous continuez dehors,  ya des gens qui veulent être tranquilles ou jouer aux cartes peut être, merde alors ! allez je sers une tournée générale !
Merde alors ! était assez courant dans sa bouche.
Rien de tel pour ramener le calme, mais il était certain que les deux finiraient par se tanner ou se tuer, ils prirent la porte chacun de leur coté et bien sur plus question de se croiser dans les rues, c'est comme ça encore ; et cela sera une autre histoire.
Les autres à l'intérieur continuèrent leurs bavardages , bien sûr, sur le dos de Fine et autres. Vous m'avez compris* (expression très usuelle ici)
Le mari de fine qui avait pris la honte à cause du jardinier alla de ce pas jouer un tour de con pendant que l'autre cuvait.
Il prit sa pétrolette son fusil et monta au cabanon du jardinier !
Ouais on ne sait jamais avec ces sales bêtes, et puis je me faire un sanglier bien dodu, car je suis sûr qu'il le nourrit mieux que lui même.
Mais il faut que le l'attrape et que je le tirasse bien loin pour le tuer et qu'il ne trouve pas de traces de sang.
La journée baissait et l'ombre commençait à tout masquer.
C'était un temps idéal, il n'emporterai que les bons morceaux pour ne pas trop se charger, le reste aurait vite disparu, avec tous les charognards qui rodent la nuit.
En arrivant la haut il tomba sur un vrai foutoir, l'intérieur ressemblait à une renardière et sentait lou felun  (odeur de fauve prononcée), mais c'était l'enclos du sanglier qui l'intéressait.
Depuis qu'il pesait environ 35 kg , le jardinier avait fait un enclos grillagé pour choucou, en effet celui ci faisait trop dégâts lorsqu'il était libre dans la maison.
Choucou couchait donc dehors avec une petite avancée de tôle ondulée pour s'abriter des rares pluies, d'ailleurs c'est couillon les sangliers ne craignent pas la pluie
La porte avait un simple loquet sans cadenas quelconque, pourquoi faire d'ailleurs !
Bonne pâte comme tout choucou vis arriver cet homme comme un visiteur, en poussant avec son groin contre la porte il lui fit comprendre qu'il voulait sortir en promenade, comme le jardinier l'avait habitué.
Notre petit cochon connaissait les heures mieux que nous, et l'absence de son maître lui paraissait bizarre.
Tout les soir, le jardinier ouvrait l'enclos , et choucou partait à fond de train vers la colline toute proche, et quelques minutes après revenait se blottir contre son maître, Pourquoi ? mystère.
La première fois que choucou avait fait cela le jardinier avait un peu pleuré, car il croyait que choucou venait de prendre le large définitivement. Mais non, choucou revenait toujours.
Donc lorsque le malfaisant ouvrit la porte choucou bondi vers la forêt.
- ben merde alors ! il a senti venir le coup, pas folle la guêpe, mais je t'aurai, en plus tu me facilite la chose , je n'aurai pas à te traîner.
Il parti donc à sa recherche, mais cela se corsa, choucou était parti bien plus loin que d'habitude et il tomba sur  le territoire d'un gros mâle d'une centaine de kg, malgré ces petites pattes il parvint à échapper à ce monstre, mais celui-ci le coursait toujours.
Le mari à Fine se dit je vais faire une beau doublé avant la nuit , il mit deux belles balles dans son vieux calibre douze et épaula, il pensait déjà aux bonnes daubes, aux gigots bien tendre de choucou, aux multiples boites de pâté.
Il était prêt !!

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On cherche Choucou 7/8
7/8

 

Mon, arrière grand père paternel : il Padrone
 

 

Le doigt sur la gâchette, les deux cartouches toutes neuves dans les canons, il sentait déjà l'odeur du cochon rôti.
Clic, clic ?????
- putain de merde, c’est quoi ce merdier ! Elles ont toutes neuves. Ohhh non !
Ce couillon c’était dans sa précipitation trompé de fusil, c’était celui qu’il devait mener en réparation à Marseille.

Les deux sangliers avaient un coude à angle droit en entendant seulement ces deux clics, ils ne sont pas si bêtes et ataviquement savent à quoi correspond se bruit, métal contre métal = fermeture de culasse = fuyons.
Finie la course poursuite, les deux sangliers courraient droit devant en faisant du bois (les sangliers en fuite ne regardent plus rien, ni genêts, ronces taillis, murets, fil de fer)Vous ne me croyez pas  pour les non initiés un sanglier peu courir à 35 ou 45 km/h et cela  pas mal de temps, vous pouvez largement compter en kilomètres.

L’autre ensuqué essayait avec son couteau d’ouvrir ce putain de fusil afin de sortir les cartouches. La crosse entre les cuisses il forçait avec ses deux mains.
Ce qui devait arriva, le coup parti, je vous laisse imaginer la suite avec le recul du fusil.
Au passage il se fit brûler les cuisses, arracher le pantalon, et bien roussir les roubignolles. Le fusil alla finir sa course dans un gros buissons d’arnavets (je ne connaît pas la traduction mais il faut savoir que les épines de ces impénétrables arbustes sont recourbées et acérées, genre ne me quitte pas), les ronces sont du doux gazon à coté de cette plante.

L’autre sautait sur place et essayait de voir l’état de son appareil reproducteur.
Ce con de fusil, il reviendrait le chercher après.
C’est donc en marchant les jambes écartées cul nu, qu’il rentra en faisant d’innombrables détours. Il approchait de chez lui, lorsque de bien entendu il tomba sur quelqu’un, et en plus une connaissance.

- éh bé, tu viens de te faire ……… que tu marches comme ça, ils étaient plusieurs ? oh putain ils t’ont piqué le pantalon en plus ! tu veux que j’aille chercher ta femme ?

- casse toi connard ! je me démerde.

- bon, bon ; je te laisse mais je sais pas si tes figues tiendront jusqu’au village elles sont vraiment pénèques (figues très mures plissées et très sucrées, prêtent à tomber au sol).

- casse toi se sont mes figues, ça regarde que moi.
- dommage que je n’ai pas un appareil photo, cela aurait fait un beau souvenir pour rigoler au bar.

Il échappa de peu à la pierre qui lui était destiné, et se cassa vite fait , histoire de raconter au village à sa façon, l’histoire à s’estrasser (mourir de rire) pour de bon, avant que le grand mutilé n’arrive.
Bien entendu il y avait pas mal de gens qui le guettait au village, son histoire se raconte encore aux alentours, sa femme partit avec un beau mascle (bel homme mâle) car les outils de sont mari ne fonctionnaient plus.
Notre jardinier connu cette histoire que quelques temps après. Sa cuite terminée il remonta vers son cabanon.
Il comptait trouver du réconfort auprès de son Choucou, car les animaux restent fidèles quoiqu’il arrive.

La première chose qu’il aperçu fut la porte de l’enclos ouverte.
Il appela Choucou, pensant qu’il n’était pas loin, mais rien, pas de bruit, il pris la gamelle et tapa dessus, Choucou connaissait bien ce bruit, rien encore. Malgré la nuit il chercha partout, appela, en vain.
Au petit matin il finit par s’endormir au pied d’une matte (petit bosquet d’arbustes). Le soleil déjà haut le réveilla, il entreprit de gravir les petits sommets des plus proches collines pour que son appel porte plus loin.
Il imaginait le pire, toujours le pire, il fit le tour de tous les coins où les braconniers posaient leur vilaines « laçades », redoutant à chaque fois de trouver son choucou étranglé.
La faim, la soif le tiraillaient, mais il continuait. L’être humain a des limites, il se résolu à entrer dans la première bastide qu’il aperçut.
Il n’était même plus sur le territoire de sa commune, à vrai dire il ne savait plus rien, le soleil avait tapé fort ce jour là, la déshydratation avait fait le reste.
Sur le coup la vieille en noir le pris pour un clochard qui fait la route, mais non il n’avait rien sur lui, ni bâton ni gourdes, rien !
C’était juste une chose maigre. Elle appela son mari et le  posèrent à l’ombre. Il faisait pitié à voir, son état était critique, le mari jugea qu’un médecin était nécessaire.

On ne faisait pas venir un médecin pour rien, avant, ça coûtait des sous.

  à suivre :  si Sarko rembourse la visite du médecin

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On est bien chez soi 8/8

8/8

On ne faisait pas venir un médecin pour rien, avant, ça coûtait des sous.

Le bon médecin était du village de Carcès, notre jardinier était sur le territoire de nos ennemis les Carçois !

Ne me demandez pas pourquoi nous sommes ennemis, cela remonte à … personne ne le sait. Croyez moi c’est réciproque, cela donne quelquefois de bonnes bagarres sur le stade de Foot, mais maintenant moins, les jeunes « SonyPS2 » préfèrent se battre par SMS interposés, même qu’Orange en voit rouge.

Je connais des jeunes de chez nous qui se sont mariés avec des Carçoises, et bien ils sont grillés, nenni point de retour au village, ils ont trahi, donc ils deviennent Carçois pour toujours, même s’ils divorcent, à vie on lui dira « toi le Carçois ».

Carcès la rivale et ennemie

Donc ce bon médecin après avoir vu notre pauvre jardinier déshydraté tint à peu près ce langage en s’adressant au paysan :

- il faut un peu qu’il se repose, donnez lui à boire de l’eau et du lait de poule (jaunes d’œufs battus avec du sucre et du vin rouge), des choses consistantes, de la bonne viande rouge et bientôt il sera comme neuf.

Martin le paysan, était comme tous les paysans près de ses sous et assez pingre.

- mais la viande rouge ça coûte cher, vouzavé pas une bonne grosse piqûre qui le remette sur pied tout de suite ?

- mon brave Martin cela n’existe pas, et l’entraide humaine qu’en faites vous ?

- bon dans deux jours il a intérêt de marcher, je vous donne une bonne lébrasse (un lièvre) pour votre déplacement parce que en ce moment on est un peu juste !

Le médecin était habitué à ce monde, il était du pays et savait les pratiques en usages, il était souvent payé en nature. Il conseillait de ne pas trop manger de gibier à ses patients (le gibier était de la viande gratuite pour les paysans de l’époque) mais de consommer un peu de viande chrétienne (viande de boucherie) de temps en temps, pour limiter les crises de goutte .
Heureusement un jour il avait recueilli un garçon qui lui servait de domestique, un ensuqué de la lune,  nommé Jupiter, un peu gibbù (bossu) de naissance, ce n’était pas une lumière mais il savait préparer le gibier divinement. Alors comme d'habitude il allait faire pêché de gourmandise.

Une fois le médecin parti, le Martin essaya de retaper le jardinier le plus rapidement possible, vous m’avez compris !!!

- de la viande rouge , non mais, on mange que des cèzes (pois chiches) toute l'année, et mossieur , il lui faut de la viande rouge !

Mais Martin le grognon fit ce qu'avait dit le médecin.

Comme tous les samedi matin Martin descendit au village de Carcès chercher son pain pour la semaine. La première personne qu’il vit lui dit :
- oh maistre, il va mieux ton éclopé de Cotignac ? - quoi ?
- bé oui le fada que tu as trouvé dans la colle (colline) ! Il est de Cotignac ! - quoi ? - quoi ! quoi ? tu sais dire que ça

- ohhhh salooope ! sale con de putain de merde ! (Vous voyez on sait faire des phrases sans verbe en Provence)
Sans le pain, au pas de charge il remonta à sa ferme. - oh sale counass, où té, vermine.

Sa femme habituée aux mots doux de son mari croyait qu’il parlait au chien.

- qui tu cherches, minou ?

- l’e……….. que je viens de nourrir sous mon toit (remarquez je et mon) avecquedelabonnevianderouge.

- mais il est parti pendant que tu étais au village, où tu as mis le pain ?

Je vous laisse deviner la suite de la conversation : juste un doux gazouillis d’amoureux.

Notre jardinier à peu près remis était retourné dare dare vers son village, il c’était enfin rendu compte qu’il était sur des terres Carçoises. Son idée était de retourner chez lui et de s’équiper un peu mieux pour continuer à chercher son Choucou.

Il prendrait la vieille balle qui faisait couic couic, car les sanglier on un bon odorat et une ouïe excellente. Une cape et un chapeau, de l’eau, du vin dans l'autre outre, quelques figues sèches et 4 amandes, et …..

Chemin faisant la liste s’allongeait, mais il ne s’en apercevait pas. Pour lui le plus pressant était de retrouver Choucou.

Il traçait au plus court, plusieurs fois il raspailla (déraper) sur les clavuns (petit cailloux), encore une colline et il verrait son cabanon.

Cotignac la douce, blottie contre sa falaise

La draille (petit sentier) descendait maintenant, tout d’un coup il se fit renverser par un boulet de canon, c’est vrai qu’il n’était pas gras, choucou comme un chien fou l’avait renversé.

Et oui notre petit choucou après sa longue course, effrayé par le coup de feu, qui l’avait éloigné un temps du cabanon, était revenu vers le seul endroit qu’il connaissait.

Bien sûr il avait un peu "farfouillé "partout dans la maison en quête de nourriture facile, mais un sanglier se contente de peu, quelques truffes, des raisins à l'eau de vie,  les conserves de champignons, il avait même trouver la pignatte de fromage couillen qu'il avait curé

Et puis il avait attendu que son maître revienne, tranquillement allongé sur le lit. Il faut dire qu'il avait eu  peur de la colline et de ses habitants grognons, c’était la seule solution qu’il avait trouvée dans son petit cerveau "choucou maison"

Le petit cabanon à choucou, bien abandonné maintenant

 

Maintenant Choucou était content, son maître était là, il le poussait avec son groin, et notre Jardinier pas trop gaillard sur ses jambes avait du mal à contenir cette grosse boule de poil qui ne connaissait pas sa force.

Pour une fois encore ces deux amis partagèrent la même couche, comme lorsque choucou  était encore marcassin tout tremblant contre la veste du jardinier. Ils dormirent  heureux du sommeil des innocents.

Un heureux petit marcassin avec sa maman
   

Si vous voulez je peux raconter son voyage en terre "Flassanaise", les mangeurs de pounchu (pois chiche)

Ou comment les Laies se font épiler le maillot

 

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Rédigé par La Cachina

Publié dans #Galèjades