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Publié le 23 Décembre 2020

Image du net

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Que devient le sanglier ?

6/8


En Provence il en faut plus que cela pour se battre, les insultes sont très courantes et quasiment dans le langage de tous les jours, et ça, ce n'est pas des blagues.
Juste un petit aperçu pour ne pas trop choquer.
"Oh putain de con, merde j'ai oublié la clef"
Bon passons cette aparté qui pourrait faire un article plus tard.

 Mon arrière grand père : il padronne, il parait que c'est tout moi, sans les moustache ni lou capéou (chapeau)


- je sais ce que fait ma femme et je te réserve une surprise Toine, enfin une demie surprise , à force de te balader soi disant dans la colline et de mettre des laçades (collet de braconnage) fait gaffe de ne pas te prendre dans une grosse laçade à sanglier, tu serais beau avec la langue bleu et les yeux cavés par les agaces (pies) , et il y  aurait pas beaucoup de gonzesses pour ton enterrement , charogne !

 
Des mots , toujours des mots. Tout compte fait le mari de Fine  ne se mouillait pas du tout, ces laçades tous le monde peux en mettre, et par cette manœuvre le Toine serait bien embêté pour se promener sans faire attention dans la colline.
D'un coup sa fureur contenue tomba sur notre pauvre jardinier.

 

- et toi vieux pourraque (pire que sale et sentir mauvais) ça te regarde ce que fait ma femme, occupe toi de ta truie, vieille brêle.
Notre pauvre jardinier était presque content d'avoir planté ce merdier, mais il était un peu empêgué (saoul), un peu, faible est le mot. Il voulut dire une méchanceté de plus mais il s'écroula sur le parquet.

Le cafetier en avait vu d'autres.
- oh , vous pouvez pas le sortir il pue , et l'asseoir à l'air, ça lui fera du bien , et à moi aussi vu qu'il consomme plus aussi, merde alors!
Et, hop, dehors il se retrouva, mais pas en état de rentrer chez lui, il s'escaffagna  (intraduisible) comme un merde, dans les caisses de vin vides.
Pendant ce temps à l'intérieur la température montait, mais le cafetier savait désamorcer les crises.
- putain , tous les deux , vous avez finis oui ! ou alors vous continuez dehors,  ya des gens qui veulent être tranquilles ou jouer aux cartes peut être, merde alors ! allez je sers une tournée générale !
Merde alors ! était assez courant dans sa bouche.


Rien de tel pour ramener le calme, mais il était certain que les deux finiraient par se tanner ou se tuer, ils prirent la porte chacun de leur coté et bien sur plus question de se croiser dans les rues, c'est comme ça encore ; et cela sera une autre histoire.


Les autres à l'intérieur continuèrent leurs bavardages , bien sûr, sur le dos de Fine et autres. Vous m'avez compris* (expression très usuelle ici)
Le mari de fine qui avait pris la honte à cause du jardinier alla de ce pas jouer un tour de con pendant que l'autre cuvait.
Il prit sa pétrolette son fusil et monta au cabanon du jardinier !
Ouais on ne sait jamais avec ces sales bêtes, et puis je me faire un sanglier bien dodu, car je suis sûr qu'il le nourrit mieux que lui même.
Mais il faut que le l'attrape et que je le tirasse bien loin pour le tuer et qu'il ne trouve pas de trace de sang.


La journée baissait et l'ombre commençait à tout masquer.
C'était un temps idéal, il n'emporterai que les bons morceaux pour ne pas trop se charger, le reste aurait vite disparu, avec tous les charognards qui rodent la nuit.
En arrivant la haut il tomba sur un vrai foutoir, l'intérieur ressemblait à une renardière et sentait lou felun  (odeur de fauve prononcée), mais c'était l'enclos du sanglier qui l'intéressait.
Depuis qu'il pesait environ 35 kg , le jardinier avait fait un enclos grillagé pour choucou, en effet celui ci faisait trop dégâts lorsqu'il était libre dans la maison.


Choucou couchait donc dehors avec une petite avancée de tôle ondulée pour s'abriter des rares pluies, d'ailleurs c'est couillon les sangliers ne craignent pas la pluie
La porte avait un simple loquet sans cadenas quelconque, pourquoi faire d'ailleurs !
Bonne pâte comme tout choucou vis arriver cet homme comme un visiteur, en poussant avec son groin contre la porte il lui fit comprendre qu'il voulait sortir en promenade, comme le jardinier l'avait habitué.
Notre petit cochon connaissait les heures mieux que nous, et l'absence de son maître lui paraissait bizarre.


Tout les soir, le jardinier ouvrait l'enclos , et choucou partait à fond de train vers la colline toute proche, et quelques minutes après revenait se blottir contre son maître, Pourquoi ? mystère.
La première fois que choucou avait fait cela le jardinier avait un peu pleuré, car il croyait que choucou venait de prendre le large définitivement. Mais non, choucou revenait toujours.
Donc lorsque le malfaisant ouvrit la porte choucou bondi vers la forêt.
- ben merde alors ! il a senti venir le coup, pas folle la guêpe, mais je t'aurai, en plus tu me facilite la chose , je n'aurai pas à te traîner.
Il parti donc à sa recherche, mais cela se corsa, choucou était parti bien plus loin que d'habitude et il tomba sur  le territoire d'un gros mâle d'une centaine de kg, malgré ces petites pattes il parvint à échapper à ce monstre, mais celui-ci le coursait toujours.
Le mari à Fine se dit je vais faire une beau doublé avant la nuit , il mit deux belles balles dans son vieux calibre douze et épaula, il pensait déjà aux bonnes daubes, aux gigots bien tendre de choucou, aux multiples boites de pâté.
Il était prêt !!

La suite 7/8 bientôt

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Publié le 22 Décembre 2020

Vous vous dites c'est vert, c'est pas la Provence, et bé si. ce sanglier n'est pas choucou mais un sanglier sauvage dans le jardin , il me regrade fixement (ils sont très très myopes) et comme il pleuvait à torrent, il ne sentait pas, il fait sa tête d'ahuri, distance 20 mètres

Vous vous dites c'est vert, c'est pas la Provence, et bé si. ce sanglier n'est pas choucou mais un sanglier sauvage dans le jardin , il me regrade fixement (ils sont très très myopes) et comme il pleuvait à torrent, il ne sentait pas, il fait sa tête d'ahuri, distance 20 mètres

 

5/8
Demain je suis obligé de mettre la rediffusion de la recette du cake aux olives (très facile), ou du gibassier....ou les deux

 

Bien sûr cela n'était que des paroles.
Entre dire et faire, en Provence il y a des Kilomètres.

Notre brave jardinier, n'avait que faire de ces racontars, Oui il savait sans aller au village, il savait et imaginait  bien ce que le village disait.
Tout se sait même au plus profond de nos collines les plus sauvages et reculées.
Je vais un peu sortir de sujet pour vous expliquer un cas curieux.
Les feux de forêts dans le Var vous connaissez. Les milliers d'hectares calcinés ,   un hectare c'est environ un stade 100 m x 100 m.

20 000 hectares,  c'est déjà pas mal du tout, genre le feu qui a ravagé la forêt des borrels entre La  Londe les Maures et Pierrefeu du Var.


Cette semaine que dura le feu à cause d'un funeste erreur de notre  "Capitaine 20 000" beaucoup de pompiers restèrent  sur place très longtemps pour faire les lisières et la surveillance.
Donc vous êtes un pompier au milieu de cette étendue toute noire sans âmes qui vivent et il vous prend l'envie de faire popo. (wouah c'est normal non).


Donc vous cherchez un coin tranquille est discret derrière un buisson qui n'existe plus. Donc vous faites un peu de marche à pied pour vous cacher dans un repli de terrain, et la faites votre bonne action.

Dans la minute qui suit, alors qu'il n'y a que du noir , de la cendres, des restes de fumées de souches en feux à des kilomètres à la ronde "arrive la mouche bleu ou verte" , non pas la commune , celle là.
D'où !!!!!!!  elles ont un satellite , ou quoi.
Tout cela pour vous dire que dans la colline vous n'êtes jamais tout seul. Bon la compagnie des mouches à merde n'est pas très adéquat. Celle des Drones c'est pire, ces enfoirés prennent des photos, les envoient à la CIA qui enregistre ça comme arme bactériologique.  Bon, c'est la guerre pour aller C....... maintenant mieux vaut avoir un calibre 12 pour aller C..... dans la couale que du papier Q.  quoique ça se discute. Et si on faisiat Un "bauvau" fusil ou papier blanc !
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Continuons après cet intermRde
 
Tiens voilà deux pipelettes qui ramassent des simples dans un coin perdu  et qui déballent toutes les salades et ragots du village.
Elles feraient mieux de parler bas, car notre jardinier n'est là pas loin ramassant des glands pour son choucou.
Ce qu'il attend ne le rassure pas:
- tu crois qu'il est mort ce vieux couillon ?
- penses toi il a dû se trouver un radasse*
- c'est vrai, il fait ses courses en galère, il achète des douceurs (choucou raffolait de bonbons), des habits aussi.
- Mazette il va falloir que j'espinche* un peu pour la voir  cette radasse
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Bon dieu , les femmes!  il le savait! Pourtant, sa marraine Toinette lui avait recommandé maintes fois  de bien choisir et de toujours se méfier, même une fois marié.
Elle avait raison. Ce couillon avait tellement bien réfléchi  en voyant ce qu'il arrivait aux hommes du même âge que lui,  du coup qu'il était resté célibataire.
 
Il ne voulait pas que les gens rodent autour de sa campagne pour guetter une Hypothétique femme, et découvre son sanglier. Il prit son courage et se rendit au Bar pour  inventer un quelconque mensonge, plus gros il est , mieux il passe, il paraît. C'était déjà vrai en politique mais pas comme maintenant.
 
Dès qu'il mit le premier pas dans le Bar le silence se fit : tous les clients le fixèrent comme un revenant. Faut dire qu'il ne s'était pas regardé dans un miroir depuis longtemps, il était maigre, sale , crotter , barbu et chevelu, ne parlons pas des vêtements.
 
Il y avait les habitués du Bar , bien sûr , dont "la loi" autre nom du garde champètre entretenant sa cirrhose au Genépis.

Le jardinier avait déjà préparé son mensonge tout au long du chemin.


- oh, cafetier de mes deux donnes moi un bon coup de fine* !
- ça vas pas t'é malade ? on te croyait mort!
- non il faut que je décrasse l'intérieur.
- sans dire; mais l'extérieur aussi.
- quoi quécequejé !!
- non rien, fit le retors commerçant.
- bon elle vient cette gnôle, il faut que je démonte la tronche, cette garce est partie enfin !
Il était arrivé à glisser sa phrase mortelle, comme il voulait.
- qué garce , glissa la loi?
- tu sais bien ce que je veux dire!
- non ! il y avait une femme chez toi, pas possible!
Le plancher craquait et l'air croustillait de plaisir en attendant la suite. Ah si les murs des Bars pouvaient parler.
- ah bon tu savait pas ? premier verre cul sec.

- tu veux rire ou quoi ? une femme chez toi laisse moi rire, t'a vu comme té fait et à quoi tu ressemble, "sèmble un pouar" (tu ressembles à un porc, mais porc en provence veux dire sanglier, pire quand on va chasser le sanglier on dit : on va aux cochons , ba oui c'est la Provence).
 

Deuxième verre, celui la c'était pour reprendre vraiment des forces.
Tout le monde s'estrassait* de rire.
Toine lui porta le coup de grâce.


- pour moi tu couchais avec une truie (je ne vous met pas le mot en Provençal car c'est difficile à prononcé et à écrire) dans l'état que tu es je vois que ça.
- au fait c'est une porcasse* le sanglier que tu gardes (insulte suprême) ou c'est un mascle (mâle) ?

Toute sa minable mise en scène s'écroulait . Il avait la tête échauffée par les deux verres de fine dont il n'avait pas l'habitude.
 
- je te dis quelque chose lorsque tu vas espincher* les lavandières se laver à la "Fouan d'Amour" (fontaine d'amour), sale bordille, et quand tu vas voir Finette lorsque son mari est en galère Hein !
Comme dans les scènes Pagnolesques , le mari de Finette était dans le bar;

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