Articles avec #galejades tag

Publié le 21 Décembre 2020

Ne soyez pas surpris par les coupures du récit car il faut que je mette des recettes en cette période de fêtes tristes

 
4/8

Il était avec son espèce de balai brosse dans les bras comme un couillon, le petit marcassin tremblait de peur et couinait.
- mais malheur de moi, bonne mère qu'est ce que j'ai fait ? la bonne mère me pardonne , je n'ai pas voulu faire le mal!
Après un bon quart d'heure de lamentations pour rien dire en fait, il entreprit de mieux voir ce rescapé.
Ce marcassin était tout jeune, il tenait juste sur ses pattes et était en état de choc, coupé de sa mère , ses frères et soeurs. et il n'avait pas de "marteau pour faire un malheur"
Ses yeux se fermaient involontairement, tout de suite cela alerta le jardinier qui avait fini ses prières.
Ce n'est pas normal qu'un animal sauvage ferme les yeux devant la peur, il était en train de ce laisser aller, doucement vers la mort. Ho, je ne suis pas véto!
Notre empoté pris vite quelques vieilles fourrures de renards et mis le marcassin au chaud, mais celui ci n'était pas trop chaud, il avait perdu de sa rigidité, mauvais signe.
Il je pris contre lui et le fourra dans sa chemise, le marcassin ne remarquerai pas l'odeur, ils sentaient aussi mauvais l'un que l'autre.
Il prit un peu de lait concentré  que sa tante fine lui avait refilée au cas où il aurait un coup de mou .
Avec son Opinel il y fit deux trous, mis du lait au bout de son index
et lui mis de force dans sa petite mâchoire.
Le marcassin par instinct commença lentement à sucer ce doigt, puis replongea dans sa semi léthargie.
Toute la nuit notre homme garda ce petit bout contre lui pour lui tranférer sa chaleur corporelle, il était évident maintenant que le rapport chasseur / chassé était bien loin.
Il dormi donc avec ce petit animal entre la vie et la mort, il fit pipi et popo sur le jardinier.
Il se changea donna un peu de lait concentré et ils se rendormirent.
Les bêtes réagissent vite, dire que le marcassin était en forme et un peu pousser le bouchon loin, mais il demandait plus fréquemment du lait et puis se tenait droit sur ses pattes et après se sauvait sous un coussin pour se protéger.
Je ne vous décrit pas le champ de bataille de la chambre.
Et puis il commença à avoir les sabots un peu plus durs, à manger de pain trempé dans du lait, puis les croquettes des chats, à faire caca partout.
Bref un petit démon de 20 cm, mais qui aimait toujours retrouver le calme de la chemise de notre jardinier endormi devant la TV , oui la TV!!
Bien sur choucou, c'est le nom que notre homme avait donné à cet miniature de sanglier, donnait son avis lors des informations, il poussait de grand cri lorsqu'il voyait la figure de micron à la télé, pas si bête que ça ce monstre.
Et puis il grandissait rapidement, son plus grand amusement était de glisser sur le carrelage avec ses sabots, il fouinait de partout , soulevait les pots de fleurs entre autre......
Bien qu'il mange déjà de tout son grand régal était le lait concentré sucré, "brave tante Fine"
Dans le village les gens commençaient à s'inquiéter grave comme on dit.
- peut être qu'il a finit par se filer une balle dans la tête, il était bien fêlé, ça m'étonnerait pas.
- il et mort de faim
- pense toi les vieilles carnes comme lui ça ne cane pas comme ça.
- et si on allait voir ?
- vas y toi il te connait bien
- ça va pas, tant il me tire dessus, je te dis qu'il a perdu le ciboulot avec ses sangliers.
- et si on envoyait la "loi"
- oh , il n'a rien fait de mal après tout, j'ai pas envie de me faire trouer la panse pour rien. En plus c'est l'heure de l'apéro, j'aurai l'air fin avec mon bédélet en pomme d'arrosoir car le gaga au sanglier tire des pois chiches (chevrotines)
Bon on verra lorsque les corbeaux commenceront à tourner on ira voir, pour le moment l'apéro.
Oh gonze  Casa !!
Entre temps il c'était passé bien des choses

 

Choucou forcissait et occasionnait quelques dégâts à l’intérieur. Le jardinier le mis avec les poules, catastrophe, choucou semait la pagaille car il voulait jouer avec toutes ces volailles.
Il fallut donc construire un enclos avec abri pour ce petit sanglier de maintenant 15 kilos. C’était le vrai cochon il mangeait de tout, renversait tout et commençait à se rouler dans son auge coumo oun pouar*.

Sans grande passion était le tuyau d’eau et une infâme balle mâchouillée.

Des autres sangliers il en était plus question, le jardinier avait fait la paix avec ces nuisibles et d’ailleurs  « ils » ne passaient plus.

A croire que cela devait les éloigner ! Lorsque l’enclos était ouvert dans la journée choucou suivait fidèlement son « père » ou plutôt sa mère adoptive. Se fourrait dans les jambes et déterrait au fur et à mesure ce que le jardinier plantait, il croyait que celui-ci grattait la terre à la recherche d’aliment. Notre jardinier magnanime enfermait alors choucou pour être un peu tranquille.

Au fil des mois choucou grossissait et était devenu un petit mâle de 35 kilos, les rayures avaient disparues et une crinière noire se dessinait sur le dos.

 

La plupart de la journée il restait dehors et dormait à l’ombre et commençait à faire des trous de partout le soir venu

Le jardinier lui passait tous les caprices ; C’était maintenant un beau mâle de 60 kilos et ses coups de groins et ses démonstrations affectives toujours gentilles devenaient un peu dures. Il rentrait tout seul le soir dans l’enclos et ne faisait plus guère de trous, certaines personnes disent les sangliers mâles deviennent  méchant. Que nenni, il gardait toujours son caractère  affectueux, quelquefois il partait en courant dans la colline toutes proche mais revenait toujours vers son (maître).

 
Petit choucou  devenait de plus en plus  fort et grand, le jardinier faisait ses courses loin du village il ne voulait parler à personne.
Un jour en revenant il trouva choucou absent, ce malin avait disparu , mais il revint le lendemain matin
Ils se firent plein de fêtes, comme un chien à son maimaître.
Choucou ne s'éloignait jamais de la maison, lorsqu'un chien errant passait il le chargeait, oui choucou était un mâle "gardien" de son territoire
Un jour une vieille qui passait par là (tu parles) vit cet étrange couple.
- Boun Diou, il a pactisé avec les sangliers , c'est un mauvais sorcier. Sorcier aurait suffit

Au village cela devint
- il a fait venir tous les sangliers chez lui et il les dresse contre nous.
- Oh Gaby tu rigoles, va lire Hitchcock, peux être que verra des tourdres (grives) remplacer les "oiseaux"
- Bon dieu ces vieilles , une heure au soleil et elles perdent la tronche.
- bon si on allait voir

Attention entre aller et y aller vraiment il y une énorme nuance en Provence

Il reste 4 épisodes, patience

Voir les commentaires

Publié le 20 Décembre 2020

 
3/8
 

DSC06824.JPG

 

 

Après sa déplorable expérience du scorpion et du sorcier (voir le jardinier à l’espère), il entreprit de faire les choses beaucoup mieux et plus professionnellement.

Las de guetter tous les soirs allongé sur une mauvaise couverture où les acariens subissaient la crise du logement, il eut recours à la technique du radar infra rouge avec un fil qui aboutirait dans sa chambre.

 

L’investissement fut modeste mais l’installation compliqué. Comme d’habitude il fit venir un « ami  électricien discret », mais que veux dire discret dans un si petit village. Cela lui coûta une bonne brouillade de truffes, et du vin cacheté ; et oui son « ami » avait le palais délicat, le vin de bonbonne ne lui convenait pas.

 

La rabasse passe encore, la saison avait été bonne, et il avait bien vendu cette année là, mais le vin cacheté ! Mazette, il était allé l’acheter assez loin de son village afin que personne ne le reconnaisse. Il voyait déjà les carroulets* s’estrasser* sur son compte : «  du vin cacheté maintenant qu'il achète!!!!  il y a une femme la dessous  dé ségu*».

 

L’installation en place, plusieurs réglages furent nécessaires, une fois trop bas, même les souris déclenchaient l’alarme, une fois trop haut et c’était le dugou* qui passait devant, bref les réglages lui coûtèrent cher en vin et les rabasses diminuaient.

 

Mais il couchait maintenant dans son lit, et à part quelques fausses alertes, il reprenait un peu du poil de la bête. Les appâts étaient diversifiés afin de faire « venir » les sangliers à portée de tir : pain sec, maïs, œufs durs, pommes de terres cuitent, croquettes pour animaux domestiques, mais tout cela faisait venir tout les habitants de la forêt proches : belettes, campagnols, dugous, chats, chiens, renards, blaireaux, enfin toute la forêt ripaillait sur son compte. Tout ce que les animaux nocturnes laissaient la nuit, les pies et les corbeaux le finissaient le jour. Les vols de corbeaux à heure fixe ne paissaient pas inaperçu au yeux curieux de la population du village : « oh il doit y avoir une charogne chez le fada la haut ».

 

Quelquefois il oubliait de regarnir les appâts, la tension se relâchait. Il se mit à calculer les hypothétiques passages futurs des sangliers,  selon la lune, le vent, la  pluie, même d’après les saints du calendrier.

Pour la première fois de sa vie depuis son certificat d'études il essaya de calculer, mais bon, l' arithmétique c'était loin maintenant.

 

Un jour, tout d’un coup il se mit à penser aux noix, bigre les noix, les sangliers adorent ça. Il entamât donc sa réserve de noix, cela allait éliminer quelques invités nocturnes et tant mieux. Et là miracle, les sangliers ne résistèrent pas à ce festin de choix. Par contre le jardinier en mettait tellement peu que les sangliers ne faisaient que passer et, celui-ci ne voyait que l’arrière train de ces bestioles disparaître dans la trouée de la végétation dense du sous bois.

Il modifia lui-même le positionnement du radar, au pif, et mit une plus grande quantité de noix selon un parcours bien défini qui amènerait les sangliers à l’endroit voulu.

Il avait eu quelques visites de la part du garde communal dit : « la Loi » qui voulait s’assurer qu’il n’y avait pas de charogne dans les environs bien que les vols de corbeaux avaient cessé depuis la pose des noix.

- Oh maistre, tu plantes de noyers maintenant !  faudrait voir à enterrer tes noix si tu veux qu’elles poussent, en plus tu les plantes bien près, tu veux faire une haie couillon, ah, tu devais être beau à voir vu les zig zag  de tes noix,

- et le cordeau tu l’a perdu ? Ça par exemple tu casses tes noix au soleil maintenant, il y a plein de coquilles vides, oh t’es pas un peu déboulonné du ciboulot, est ce radar il marche bien, tu vois passer les avions,  tè vé on rentre un peu au frais pour se remettre (oui se remettre c’est se taper un canon de vin ou plus, au frais sous la treille ou le mûrier, enfin pas au soleil, on marche à l’ombre ici).

- Il paraît que tu achètes du vin cacheté ! oh y a une femme la dessous!

Bref celui lui coûta deux bouteilles

Putain il ne pouvait pas resté sur le cours à l'ombre sous les platanes , le garde, et surveiller les bars ? non mais !

 

Enfin un soir ténébreux le fameux radar détecta quelque chose, lentement il se leva les yeux encore plein de sommeil, il ouvrit délicatement le fénestron* et éclaira avec sa lampe de poche. Oui c’était bien eux, faisant des bruits peu discrets en décortiquant les noix, ils ne les voyait encore pas,  mais savait qu’ils approchaient en suivant le parcours sinueux des noix.

Il prit sa nouvelle carabine sans recul, les dents lui disaient, merci, merci, et épaula pour faire un carton. Une grosse bête se dessina dans la faible lumière de la lampe de poche, il était sur de ne pas la rater à cette distance, le doigt commença à appuyer sur la détente, et tout à coup il vit par miracle plein de tout petits marcassins qui suivaient leur mère, malheureusement la gâchette  était sensible le coup partit mais son coup d’œil vers les marcassins avait fait dévier l’arme légèrement, la laie ne fut pas touchée mais partit comme un boulet à travers ronces et broussailles, les marcassins s’éparpillèrent dans tous les sens et disparurent, sauf un qui s’était pris dans l’enclos du plant de cannabis et qui couinait en ne retrouvant pas la sortie.

 

Comme klaxon il n’y a pas mieux, c’est petit un marcassin mais il devait avoir les piles neuves. Notre pauvre jardinier sortit tout penaud car il venait d’éviter la catastrophe, il alla vite dans l’enclos pour libérer le marcassin. C’est frères et sa mère était loin déjà, il n'avait aucune chance de les rattraper, et deviendrait une proie facile pour les charognards de la forêt.

 

Photo du net

Photo du net

Il était minuscule, et avait encore les petits sabots roses, quelques jours peut être, le jardinier le pris délicatement, mais vous savez dès que l’on soulève un cochon de terre il couine, et bien pour les marcassins c’est pareil, à part qu’il se raidit et que ses poils même à cet âge, sont semblables à un balai en fibres de coco.

Que faire ? Il le mit dans sa veste de pyjama et rentra dans la cuisine, mon dieu qu’il est petit, qu’est ce que je vais faire……………….

 

 

..........A suivre  ayez patience

 

*caroulé : réunion de petites vieilles ou de petit vieux assis sur banc au soleil ou à l’ombre selon la saison mais toujours à heure fixe

*estrasser : éclater de rire, se tenir les côtes de rire

*dugou : grand-duc chouette

*fenestron ou fénestroun : petite fenêtre, diminutif de fenestre (fenêtre)

 

*dé ségu : de sûr

Voir les commentaires