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Publié le 19 Décembre 2020

 

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Le jardinier à l’Espère 

 

Bien qu’ayant mangé un peu de sanglier, le jardinier avait toujours une dent contre eux. Cela lui avait coûté pas mal d’argent pour se faire remplacer sa dent par une en or.

Bien que n’ayant pas de chaîne en or qui brille sur son torse poilu, il avait une dent du même métal.

Les représailles de la famille du sanglier mort avaient été sévères. Dans son jardin défoncé par des dizaines de groins, il ne restait que les piquets des tomates, juste des bouts de bâton pour indiquer qu’à cet endroit il avait eu une plantation. Seule une plante de cannabis était encore debout, il construisit aussitôt une palissade pour protéger son petit trésor.

Il devait sévir maintenant et se rembourser sur la bête de sa dent en or. Bien sûr il dû encore demander des conseils.

Un ami lui proposa de l’aider dans ses recherches avec son nouveau « adsl », quésaquo, à la recherche « braconnage » un monsieur Google lui dit : essayez plutôt bronzage,

Oh fan de chichourle, bronzé il l’était déjà, mais le bronzage Marcel, devant son miroir il ressemblait à un panda avec deux bras noirs et une figure rouge avec la marque de la feuille de cannabis le jour où il s’était endormi au soleil, ou plutôt à un ours blanc qui vient de plonger les deux pattes dans une mare d’Erika.

En premier, il lui fallait en nouveau lanceur de projectiles qui n’avait pas de recul et

plus efficace

,

 Comme il avait puisé  dans sa pignate* pour ses frais dentaire, il se fit prêter cet ustensile par un « ami » des bête à poil dur.

Il reprit donc ses longues nuits  d’espère* et se mit à l’eau et au café, il dormait le jour et veillait la nuit, négligeant ses repas, sa cuisine et son travail.

Il faisait « maigre » et se nourrissait de ce que la nature pouvait lui procurer, asperges, morilles, escargots,  grenouilles, salade sauvage et d’autres mets que je préfère taire.

Fini les cocottes fumantes et odorantes, les broches garnies, les légumes du jardin savoureux, les aïolis à se faire péter le ventre, le couyen* qui vous donne une haleine de chacal, les rabasses* enivrantes, les repas entre amis d’où les femmes étaient exclues sous prétexte qu’elles cassaient l’ambiance « on est en Provence ne l’oubliez pas » les machos existent encore!

Les sangliers devaient sentir que l’endroit devenait dangereux et dévastaient d’autres jardins et cultures, Dévastaient, et un grand bien mot, ils se nourrissaient tout simplement au plus facile.

De temps en temps le garde champêtre passait et lui demandait :
- où il en est ton jardin maistre ?

- oh tu as bien labouré, et tu vas planter quoi dans ces cratères ?

- et la marque, elle part pas sur ta figure, tu marques mal comme çà ?

Il avait comme réponse, quelque chose d’approchant le langage du capitaine haddock version Provence « je regrette mais je n’ai pas les caractères provençaux sur mon clavier ».

Il rêvait parfois encore de son jardin jadis, où les semences achetées à prix d’or à Tchernobyl lui donnait des légumes totalement bio ? Le temps où il mettait deux heures pour sortir une carotte de 50 kilos, aucun parasite n’osait attaquer ces légumes, sauf les sangliers.

Il entreprit de se faire un agachon* en pierre sèches et cela lui valu une piqûre d’un gros scorpion rosé. La visite chez le « sorcier » du village s’imposait car le doigt enflait et il avait un peu de fièvre. Le remède maison fit merveille, il ne pensait plus à sa piqûre vu qu’il avait une cagagne* d’enfer.

 

(à suivre)

 

*pignatte : trésor en pièces d’or caché sous la plaque de la cheminée dans une pignatte (marmite en terre)

*espère : affût la nuit

*couyen : reste de fromage enfermés dans une jarre qui subit une transformation malodorante asticoté.

*rabasses : truffes noires

*agachon : petit abri à ciel ouvert pour guetter le gibier

*cagade : diarrhée

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Publié le 18 Décembre 2020

En ce moment la cuisine c'est BOF, je vais diffuser une série en huit épisodes , qui bien que vrai est agrémenter de beaucoup beaucoup de bêtises.  A vous de démêler le vrai du faux. Si cette "Histoire" vous embête dites le , j'arrêterais.

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LE SANGLIER DU JARDIN. 

 

Première condition, il faut avoir un « bon jardin »  très bien situé pour ce genre de recette.

Contrairement à ce que l’on peut croire, ce jardin doit être entouré de collines avoisinantes.

De ce jardin dépend la suite de la recette.

Deuxième condition, il faut du sanglier. 

Il nous faut donc ces deux conditions.

Le but du jardin est d’attirer les parasites, donc limitez vous à faire le minimum nécessaire pour avoir quelques légumes rachitiques et malingres, des fèves pleines de pucerons, des radis fourchus et durs, bref du "Bio" sans arrosage.

Négligez les parasites mineurs, nous allons faire venir par ces maigres cultures un parasite majeur, Le Sanglier.

Le Sanglier ne vient pas comme le reste des parasites, genre morpion gigantus des plages, quelques uns me diront que ce n’est pas un parasite, et c’est vrai, mais du moment qu’il est dans le jardin pour moi c’est un parasite. 

Ce n’est pas non plus un jardinier, le jardinier plante dans la journée et le sanglier « déplante » la nuit. 

Bref nous avons le jardin, il manque le sanglier pour réaliser la recette. 

La position de jardin est essentielle, je l’ai mis juste sur le passage des sangliers, pensant qu’ils allaient me « déplanter » les mauvaises herbes ? Très mauvais calcul de ma part, car il déplante tout ayant une préférence pour ce qui est mangeable.

J’avais oublié le jardinier excédé dans la recette, oui, celui qui par flemme plante du bio.

 Après moult essais pour éloigner ces parasites, ce jardinier, sur les conseils de personnes très au courant de la chose, préfère passer d’un régime végétarien à un régime carnivore. 

Il va donc acheter un nouvel instrument qui permet de semer des graines assez lourdes à distance. Le marchand lui conseille de semer ces graines la nuit, ainsi que quelques conseils avisés. 

Le jardinier a des débuts difficiles, oui le jardinier est diurne et le sanglier nocturne, il essaye de se tenir éveillé par de savantes tisanes, qui le précipitent quelques fois aux toilettes sans autre forme de procès.

Bien, il se met à l’alcool, pour se sentir bien et se désinfecter au cas ou il se ferait mal en jardinant. 

Après bien de nuits de veille et plusieurs litres de désinfectant  alcoolisé utilisés dans un but non thérapeutique, il voit apparaître un parasite  assez gros, le groin près à dessemer son jardin.

Suivant les recommandations du grainetier, il empoigne sa machine à planter les projectiles, vise le parasite au jugé « oui il fait nuit, et le jardinier a pas mal de brume dans le cerveau ».

Dans sa petite tête lui revient, « visez bien ces parasites ont la peau dure ». 

Après beaucoup de bruit et de fumée, le parasite est mort allongé sur les tomates rachitiques. 

Vient la partie la plus délicate de la recette : vous vous rappelez il est 2 heures du matin, le jardinier/boucher/cuisinier est plein de désinfectant, il se retrouve avec un parasite de 80 kg. et quelques grammes de désinfectant dans le sang

Il se dit malheureusement : le plus gros est fait. Que nenni il se trompe lourdement. Quel est l’abruti qui lui a dit : tu verras c’est facile.

Ce n’est pas facile du tout (intermède ;coup de téléphone auprès les spécialistes qui  arrivent prennent quelques morceaux pour dédommagement-finissent tout le désinfectant-disent c’est de la viande laisse la rassir-)

La viande 4 jours après est rassie, elle réapparaît le 5ème sous forme de daube au vin rouge (la recette vous sera donner en temps utile, ainsi que d’autres relatives à toutes les parties du sanglier).

Mais que de monde ce jour là : les spécialistes, eh oui, la gendarmerie, pour entretenir de bonne relation, les gardes , pour un soit disant contrôle sanitaire, les pompiers, si quelqu’un aurait un malaise en se désinfectant, le garde municipal, venu voir les dégâts dans le jardin. 

Quelques décalitres de boissons fortes plus tard, l’animation se termine par un gonflage de ballons –les gendarmes pour finir les stocks de l’an dernier et établissent  un concours d’alcoolémie, et décrètent que tous le monde doit impérativement faire la sieste avant de repartir vers un autre "chantier-" les gendarmes ne soufflent pas pourquoi ? 

Notre jardinier décide le soir venu de redevenir végétarien, mais garde une dent contre les sangliers ; celle que le recul du fusil lui a cassé. 

  ..... à suivre .......

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