"Merde un chevreuil"- Les "mensonges" provençaux -

Publié le 24 Septembre 2013


L'histoire que je vais vous conter est assez répandue en Provence.


Les chasseurs de l'époque, chassaient vraiment, c'était une source de protéines animales non négligeable, gratuites  surtout pour ceux qui n'était pas agriculteur et qui n'avaient pas d'animaux de basse cour.
Bref, le gibier était abondant mais les fusils pas très performants, c'étaient encore des fusils à chiens qui se rechargeaient par la bouche avec poudre, grenaille et bourre.
Tous ces éléments étaient introduits au fur et à mesure des coups de feu. Chaque coup de feu était bien calculé, la poudre coûtait tout de même, ainsi que les plombs.

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Aujourd'hui pour  Guiseppe la chasse était très bonne, des grives par dizaines passaient au dessus de sa tête. Bien que piètre tireur sa gibecière  était presque  pleine, mais les munitions commençaient à baisser, surtout les plombs, mais Guiseppe pensait aux nombreux pâtés que Joséphine sa femme allait pouvoir réaliser.(ben oui, niet congélo à l'époque)
Tout d'un coup la grenaille de plomb vint à manquer, zut et re zut, je ne peux pas vous transcrire les injures en italien qui suivirent.
Mais Guiseppe n'était pas à court d'idée, avec son gros couteau il arriva à arracher les clous de ses semelles, les souliers étaient tous cloutés à l'époque, c'est vrai le projectile était assez  peu adapté, mais cela fonctionnait un peu et quelques autres grives vinrent s'ajouter aux autres.
Giuseppe en était quitte pour rentrer pieds nus, il ne fallait pas abîmer les chaussettes et il serait quitte pour faire ressemeller ses chaussures.
Les clous vinrent aussi à manquer. Il se rappela qu'il lui restait de vielles pois chiches sèches au fond du "carnier", bon se dit-il, on verra bien.
Il venait juste de recharger avec des pois chiches lorsque un chevreuil passa à portée de tir.
L'occasion était trop belle, mais extraire les pois chiches d'un fusil à bourrer était impossible, il aurait pu mettre les boutons en fer de sa vareuse, mais trop tard.
Il épaula, ajusta et tira en visant soigneusement la tête. L'animal perçu quelques picotements et parti à toute allure.
Giuseppe désolé d'avoir râté ce gibier de choix,  quitta son poste et rentra avec sa "cargaison de grives" pieds nus à la maison, les souliers autour du coup.
Le lendemain matin au café il raconta sa mésaventure en provençal mélangé de français et d'italien.
Ce fut une franche rigolade pendant de longues minutes, personnes ne croyait Giuseppe, le "chasseur aux pois chiches".
Chaque fois qu'il venait boire son café il y avait droit :
- oh tu gardes toujours des pois chiches dans les poches on sait jamais !
Bref il supporta cela toute une année.
Cet automne là il jouait aux cartes le dimanche se faisant chambrer comme d'habitude. Tout d'un coup un chasseur entra et s'écria "je viens de voir le chevreuil de Giuseppe"
- et alors ?
-Bé il y avait deux plantes de pois chiches à la place des bois sur la tête.

 


 

Certains rient encore d'autres sont "morts" de rire ce jour là à force de s'estrasser* . Personne ne cru le chasseur, et Giuseppe qui croyait sa délivrance arrivée par cette nouvelle, en reprit une "couche" ce jour là. Depuis cette blaque fait le tour du Var.

 


 

*S'estrasser : se tenir les côtes de rire, une estrasse est aussi un mauvais bout de chiffon

Rédigé par jupiter

Publié dans #Galèjades

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Liliane 25/09/2013 16:02


Une histoire comme je les aime !!! Merci mon Jupi. Pauvre Giuseppe...
RÔOOoooo bisousssSSSS et bonne après-midi au Sud !

René 25/09/2013 11:09


Bonjour jupi.


Plein d'idée le Giuseppe !! Elle aurait pu être marseillaise celle-la !  Hihihi.


Pas beaucoup de chapeaux mais très bonne qualité.


bonne journée à tous.

:0014: ♥ dom ♥ 25/09/2013 10:20


Joli conte !


Bon mercredi
Bisoux

dom

Dianou 25/09/2013 05:07


bonjour mon grand, rhooo pauvre chasseur , c'est un tartarin cet home là hihihi merci pour l'histoire , gros bisous dianou