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Publié le 2 Septembre 2017

Pourquoi chèvre sauvage?



C'est une longue histoire , ou courte selon du coté où l'on se place.
 

Pour les pâtes et les poivrons pas de problèmes j'emploie des espèces domestiquées
Par contre pour le fromage de chèvre ,je me fourni chez une vieille autochtone du village qui fait encore ses fromages de chèvres à l'ancienne, bactéries comprises. Je vais taire sont nom car si la BRFC* de bruxelles déboule dans mon village elles pourrait finir au bagne. 

Bon donc,  pour aller chercher un peu de bon fromage de chèvre.
Celui ci à un ârome sans pareil, et c'est indescriptible c'est pour cela que le prends à cet endroit

Je gare mon Ax tas de ferraille au pied de la draille* et je monte vers son modeste logis. Premier obstacle , les chèvres sont maintenues parquées grâce à une clôture électrique qu'il faut enjamber et essayant de ne pas se ratatiner les organes reproducteurs. Ensuite il faut appeler gentiment le chien afin qu'il ne vous dévore pas. Stanislas qu'il s'appelle ce charnigou *, essayez de prononcez Stanislas plusieurs fois , Ah! c'est pas plus facile , Rex comme tous le monde, ou Tyrex
Bref quelques Stanislas plus loin et un sucre (oui un diabétique a toujours du sucre dans les poches) , j'arrive près d'une chèvre à la barbiche noire et au dos brun , une chèvre commune . Commune peut être, mais sauvage oui, sans prévenir elle me fout un coup de boule dans les cougougnettes, Rââââââ, putain d'adèle*. Un vrai génocide de spermatozoïdes.

Bon elles ne servent plus guère mais j'y tiens encore

Vous voulez tous les jurons en provençal ? bon, juste un, "capoùn de bouan Diou" et "putanasse de cabre", stop non c'est pas bien si des enfants lisent ça, il vaut mieux qu'ils regardent "les experts" c'est moins choquant.

Voila le pourquoi du titre

La prochaine fois j'irai chercher du fromage d'oie

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Oui deux jeunes gentils oies, ce sont des messieurs, mais à cet âge ils sont très très familiers et curieux

 

 

Donc en plus de coucougnettes neuves il vous faudra pour réaliser cette recettes :

- 1 tomate rouge avec la peau bien fine
- 1 poivron vert
- 300 gr de pâtes fraîches maison *
- 1 fromage de chêvre mi-sec
- De l'huile d'olive de Cotignac ou d'ailleurs
- sel et poivre
- une gousse d'aïl hâchée menue
- un tout petit peu de thym, mais guère


Préparation :
Laver, rincez , essuyez et épépiner le poivrons puis le couper en dés,

Faites bien sauter vos poivrons sans les laisser crâmer

 Puis épépinez la tomate et coupez la en petit morceaux
faire  revenir dans une sauteuse avec un poil d'huile d'olive

Puis mettre un petit peu d'eau si nécessaire
Pendant ce temps faire cuire les pâtes dans un gros volume d'eau salée

Si vous êtes chrono, tip top, ça baigne, tout est près en même temps

Egoutter les pâtes.


Ajouter le chèvre en petits morceaux sur les poivrons, saupoudrez d'un peu de thym et donner deux tours de sauteuse , versez sur les pâtes chaudes.

Miam, miam, miam, surtout si les poivrons sont de vrais poivrons

 

  La menthe fraîche au sommet de l'assiette vous pouvez la virer allègrement c'était juste pour la photo

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Ensuite passez chez votre quincailler pour commander un slip en tôle, et monter occire cette Cabre qui finira en sauté, non je rigole.
 

 
* BFRC , brigade de répression des fromages de chèvre bèèèèèèèèèèèèèèèèè
* draille , sentier piéton qui serpente à travers la colline qui pique et graffigne* de chaque coté(voir Pagnol)
* charnigou, mauvais chien , mélange de race abastardi, chien en mauvais état, genre estrasse
* putain d'Adèle, je ne sais pas ce qu'on fait les Adèles mais ......
*ou comment se faire chier pour réaliser ses pâtes fraîches entièrement manuellement,
mais bientôt avec la machine.

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Rédigé par La Cachina

Publié dans #Galèjades, #Entrée chaude

Publié le 27 Août 2017

La maladie de l'aiguille (galéjade vraie)

 
 

poularde.jpg

Petite galéjade vraie dédiée à mon défunt père

 

Galéjade et vraie ne vont pas ensemble, mais il faut faire des exceptions quelquefois

 

Cette histoire est presque  une galéjade mais  elle est vraie,  mon père me l'a racontée lorsque j'étais petit.

Cela se passe dans les années  1929.  Comme certaines personnes de mon village sont encore bien vivantes je ne citerais surtout pas leurs surnoms, car dans les villages provençaux, tout le monde à un surnom.

Allez je vous dire un petit secret, mon papa de condition très modeste gardait les chèvres une partie de ses jours de vacances scolaires, tout bêtement il a hérité du nom de "bichette", et moi par la suite, sans avoir eu à garder des chèvres, je suis devenu "biche", c'est comme ça. Il n'est pas rare lorsque je téléphone à quelqu'un du village,je n'ai besoin que mon surnom pour me faire reconnaitre.

Et si je donne mon vrai nom, cà donne :

 - Qui ? Biche !!! putain.  - Ah c'est toi tu ne pouvait le dire, gngngn !!!!!!!

 Mais revenons à la maladie de l'aiguille

 Bref à cette époque là mon père était déjà un fort bon cuisinier, et lorsqu'il revenait de saison, ses "amis" lui tombaient sur le poil pour lui faire faire la cuisine de leurs ribotes*. Le gibier était abondant, et certains se rappellent encore l'époque où nos anciens avaient des crises de goutte à cause d'excès de gibier dans leurs repas quotidiens. Le docteur du village disait alors :

 - oh maistre, il faut un peu manger de la viande chrétienne maintenant. (fauou mangea Christian, ouro)

 Bon, je sens que vous allez déformer mes propos, ON est pas cannibale, la viande chrétienne veut dire simplement, viande de boucherie, et pas d'abats surtout. Pour les abats il y avait le tripier, qui vendait des tripasses et autres abats qui sont devenus actuellement aussi chers que de la bonne viande de boucherie (exemple la queue de boeuf), maintenant il y a McDo qui vend de la merde sans les tripes  et  ce n'est pas mieux. Vè je préfère une bonne andouillette au moins on sait quelle partie de l'animal on mange, il faut cela ai le goût de la m... mais pas trop

 

Tout cela pour en venir à dire que les grives, sangliers, lièvres, perdreaux et autres, et bé ils en avaient un peu marre. Bé voui, c'était de la viande gratuite, oh ! On n'est pas riche en Provence. Alors pour faire un bon repas ils dédaignaient le gibier et préféraient de la "viande normale", genre poularde bien grasse truffée, avec de la vraie truffe , pas de petits morceaux , de la bonne , de la grosse , de la pure, de la rabasse* de Cotignac, coupée en tranches

 

 - alors biche fait nous une bonne poularde ce dimanche

 - pas de problème (il avait le coeur sur la main, lui qui venait de terminer une saison harassante, la cuisine était bien plus pénible à l'époque), il me faut juste la poularde, à qui le tour cette fois !

 Bé heu, comment te dire, allez  zou on va tirer au sort.

 Je sens que vous posez des questions. Non ce n'est pas l'histoire du petit mousse  sur un bateau affamé bande de cannibales.

 Je vous explique,  les poulardes étaient engraissées en vue du repas de Noël, en effet cela faisait partie du traditionnel repas de Noël, et non pas la dinde made in USA,  fichtre c'était meilleur. Donc chaque paysan avait dans son poulailler 3 à 4  poulardes, une pour lui, et les autres à vendre.

 

 Ces fils de paysans étaient en train de tirer au sort pour savoir qui allait fournir la poularde à mon père, les truffes ce n'était pas un problème, mais la poularde si !

 

 - oh , buou,  es a tu aqueou cauou ( oh ..... c'est à toi cette fois)

 - aquo mi fa caga es le segun cauou qu'aco mi toumbe sute l'esquine (ça me fiat c... c'est la deuxième fois que cela me tombe sur l'échine  "le dos")

 - Mon père il va me tuer cette fois, la dernière fois j'ai dis que c'était un renard, et il m'a cru à moitié.

 - alors fait lui le coup de l'aiguille !

 - et vous croyez qu'il va marcher dans cette combine, il est pas con

 - mais si

 - quoi ? Il est con mon père ?

 - mais non, mais l'aiguille ça marchera tu verras

 A ce stade il faut que je change les surnoms car autrement demain si un rescapé ouvre internet et lit ces quelques ligne il va se reconnaître, et la je vais morfler.

 

 Lou Fèlun (félin) allait s'occuper couillonner et caver (creuser en cherchant) quelques rabasses la nuit.  Pour la bastide pas de problème Gàri (le rat) trouvait toujours un bon bastidon pour les ribotes entre autres, la pible (le peuplier car il était grand et mince) s'occupait du pain, et Niele (les puces) piquait le reste dans l'épicerie de sa mère.

Bé, mon père Bichette, fournissait ses outils et son savoir faire.

Pour le vin pas de problème, il suffisait d'aller à la cave coopérative ou notre regretté Camille qui faisait un si bon grenache, donnait généreusement son bon vin (voué les temps ont changés, ils le vendent maintenant).

 

 Et le pauvre buou (.....) avait la lourde charge de fournir la poularde à l'aiguille.

Voila j'y viens certaines de mes lectrices vont me tuer cette fois.

 Le samedi matin de bonne heure il s'introduisait dans le poulailler en faisant le finatchou*  et à l'aide d'une aiguille à tricoté en fer "piquait" une poularde juste derrière la nuque, juste un petit trou suffisant pour la tuer sans trace. Puis il allait placer la poularde au milieu de l'enclos et allait se recoucher.

 

 Sa mère le matin en allant donner le grain et ouvrir aux poules (les femmes avaient à charge Gouvernait) la volaille et les lapins en plus se toutes les autres tâches, c'était une vie dure à l'époque, je ne rigole pas) trouvait la poularde presque froide, elle appelait son homme pour lui "faire "montrer" comme on dit dans le midi.

 Et mon buou arrivait juste là par hasard

 - à bé merde alors elle était en pleine forme cette bête, moi je n'irai pas la vendre si j'étais toi Pa. On sait jamais, si cela se sait !! (Tout se sait dans un village, tout, même si vous avez eu la gratouille il y a deux jours).

- putain on ne peut pas jeter cette bête tout de même

- demain on fait ribote, je la porte aux copains et je dis rien, moi j'en mangerai pas je dirai que je suis pas bien, et puis ils sont solides et craignent rien eux

- allez zou, prends la et ne dit rien surtout, à personne, hein.

 

 Ensuite il y avait tout le reste de l'histoire, des ripailles, etc ...vous voyez , il n'y avait pas la stars aque,, ils s'amusaient tout de même, on est bête mais pas méchant.

 

 Voila c'est tout, mais le coup de l'aiguille il ne fallait pas le faire souvent, ils n'étaient pas si cons que ce que vous pensez nos paysans.

 

langouste_001

 

 La recette de la poularde truffée de mon père je ne vous la donnerais pas. Voici un de ses livres au dessus.  Mon père est mort trop jeune et ne me l'a pas transcrite sur un papier quelconque, de même que ses fameuses  langoustes à l'armoricaine, dommage, contentez vous du Net pour trouver bien souvent des recettes plus que fantaisistes ou des sites professionnels payant.

 

On ne dira jamais assez le poids de la solitude, la force qu'il faut pour se tenir seul dans l'existence.

Anne Dufourmantelle (1964-2017)

 

 * ribotes : ripaille, bamboche, boire et manger avec excès (anan faïre ribotes) nous allons faire ripaille

 * rabasse : truffes noire , tuber melanosporum

 * finatchou : malin, le fin, rusé, sans bruit

 * rhino : recette facile, s'envelopper dans un drap humide et sortir quelques minutes dehors, succès garanti. Fond de commerce des médecins

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Rédigé par La Cachina

Publié dans #Galèjades